Association Compostelle - Cordoue


Pourquoi Compostelle et Cordoue ?

L’homme est pèlerin sur la terre, sa vocation est de se mettre debout et de marcher
c'est « l’esprit de Compostelle ».
L’homme est un être de relation, destiné à « vivre ensemble » avec ses semblables de cultures différentes :
c’est « 
l’esprit de Cordoue »

Marcher, Dialoguer, Comprendre


 


Nos cercles de dialogue

Cercle de dialogue du 1er juin 2017 à Sierre

Cercle tenu dans le cadre des Rencontres Orient-Occident au Château Mercier à Sierre

En tant que parent, éducateur, citoyen, élu, marcheur pour la paix,…,

 comment puis-je transmettre une mémoire juste ?  

Le fil d’une conversation sensible déroulé par son scribe

 « Je reste troublé par l’inquiétant spectacle que donnent le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire de l’influence des commémorations et des abus de mémoire et d’oubli. L’idée d’une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués »

                            Paul Ricoeur La mémoire, l’histoire l’oubli (2000)

Prologue

Il a été proposé aux participants à ce deuxième cercle de conversation des rencontres Orient-Occident de 2017 de questionner leur propre effort de porter une « mémoire juste ». Pour dire un mot du contexte de cette conversation, il convient de rappeler qu’elle s’est tenue sur une plage d’une heure qui précédait immédiatement un débat très attendu entre Elias Sanbar et Abraham Burg intitulé : "1917, 1948, 1967 : quelles commémorations pour quelles perspectives d'avenir en Israël-Palestine ?" C’est dire d’emblée que les participants[1]étaient non seulement rappelés à leur devoir de transmission, mais qu’ils étaient de surcroit invités à le faire, stimulés en cela par le témoignage personnel de l’animateur du cercle, en retrouvant le fil de leur « petite » histoire personnelle dans la grande toile de l’Histoire. Paul Ricoeur, à qui l’on doit cette idée de mémoire juste, s’était du reste opposé à l’idée de Maurice Halbwachs pour qui il n’y a de mémoire que collective en précisant : « Quant à moi, après un long embarras, je suis arrivé à la conviction que la mémoire, définie par la présence à l'esprit d'une chose du passé et par la recherche d'une telle présence, peut par principe être attribuée à toutes les personnes grammaticales : moi, elle/lui, nous, eux, etc. »[2]

Pour autant l’idée de mémoire juste a été soumise aux conversants sans explicitation conceptuelle, et la liberté d’interprétation qui leur a été laissée s’est révélée finalement fructueuse ; elle a mis à vif des questionnements, des inquiétudes et des efforts de transmission en plein travail. Une mémoire juste est-elle possible ? Et lorsqu’on dit juste, s’agit-il de justesse (Marc Bloch avait parlé de la meilleure exactitude) ou de justice au sens où l’on parle des « justes », c’est-à-dire des personnes qu’aucune loyauté à leur groupe d’appartenance n’a pu détourner de leur devoir d’humanité. Une mémoire juste dans le cadre du débat annoncé autour des mémoires israélienne et palestinienne, serait celle qui rapprocherait les récits, sans sacrifier la recherche de la vérité historique, dans l’espoir d’un apaisement des mémoires en conflit, et de rendre possible une politique de paix. Voilà qui situe d’emblée l’enjeu d’une mémoire « juste »

Nous avons parlé de travail et de toute évidence, il s’agit d’un travail semé d’embuches. La mémoire, qu’elle soit personnelle ou collective, connait en effet trois types de malheur, souvent conjugués. Pour nous référer une dernière fois à Ricoeur, il y a ce qu’il nomme la mémoire empêchée (par le mensonge, la culpabilité et souvent aussi par des résistances inconscientes), la mémoire manipulée (par de petits arrangements pratiques avec la vérité) et la mémoire obligée (destinée à créer une pression de loyauté au sein d’une famille ou d’une nation).

En nous émancipant de ces trois types de malheur peut-on élaborer une mémoire, « apaisée », ou même « heureuse », que nous saurions délivrer à nos enfants et petits-enfants ? Cette question est apparue comme le fil rouge d’une conversation que nous tenterons de restituer à travers quelques balises. :

Failles, faiblesses, irréductibilités des mémoires-mensonges et demi-vérités-préjugés hérités-manichéisme ... etc

 

Comment nos pères ont-ils traversé la guerre ?

La grande Histoire, pour une bonne majorité des participants ayant grandi dans l’immédiat après-guerre, est entrée dans nos vies par l’intermédiaire de bribes de récits et de quelques traces énigmatiques. Un certificat de loyaux services pendant la Mob délivré par l’armée Suisse à un père peu disert sur ce thème : « Il a bien protégé le pays ! » Une bribe de récit capté par une participante lorsqu’elle était petite fille où elle apprend que « grand père a tué » dans un assaut baïonnette au canon[3]: image terrible qu’elle a gardé secrète jusqu’à ce jour. Pour chacun ces taches obscures, inscrites dans des souvenirs d’enfance très précis, ont inauguré un questionnement où l’amour et la loyauté que l’on porte aux siens se sont vus inquiétés.

Les failles secrètes de nos ainés

Il arrive, comme le confie un participant, que les failles de nos aînés restent secrètes pendant toute une vie et même qu’elles ne soient révélées qu’après leur mort. Un père mobilisé dans la défense de son pays a fui le combat. Les faiblesses d’un père ne sont pas toujours aussi joyeusement formatrices que celles que Marcel Pagnol révèle dans « La gloire de mon père ». Pourtant au terme d’’une longue confrontation avec l’image d’un père secret et peu sûr de lui, qui ose avouer à son fils d’avoir été malheureux, ce participant conclut que finalement il a gardé l’image d’un père « beau parce que faible ».

Un autre conversant se soucie du fait que « faire la vérité » sur des fautes commises, au sein d’une famille notamment, ne suffit pas à apaiser le ressentiment qui peut s’installer entre les générations.  Lorsqu’une part de malheur est apparue dans une famille un travail de « guérison » est à la charge de la génération qui suit. On peut sans aucun doute interroger la manière dont cette réflexion s’applique à des groupes sociaux plus larges et à des nations.

A travers les mensonges pieux et les demi-vérités : la douloureuse quête de la vérité

Il y a les secrets et puis il y a les mensonges « La Suisse est parvenue à sauvegarder sa neutralité ! » « On a sauvé des juifs » Les histoires familiales à travers lesquelles les participants ont reçu la mémoire de guerre de leurs pères sont plombés par des mensonges d’Etat. (La guerre vécue par les mères n’a pas été évoquée, il y faudrait d’autres conversations)

 Ce sont des mensonges suisses qui ont établi le lien avec les mémoires nationales. Les armes livrées à l’Allemagne, la fermeture des frontières aux réfugiés juifs, le J dans le passeport, le recyclage de l’or des nazis, de tout cela on a eu quelques échos, au mieux quelques récits par des ainés clairvoyants. Ceux d’entre nous qui ont eu 20 ans dans les années 60 se souviennent de cette inquiétude, une inquiétude identitaire pourrait-on dire, qui a été à l’origine de révoltes parfois confuses et d’engagements pacifistes.

Pour autant dans l’ensemble de la société, ces fautes à demi reconnues n’ont suscité aucune remise en cause douloureuse pendant cinq décennies. Jusqu’à ce qu’en 1995, les presses israélienne et américaine, suivies d’associations juives, se préoccupent des fonds en déshérence dans les banques suisses et de leur restitution. C’était l’image de la Suisse qui était attaquée à travers ses failles intimes : les anciens mobilisés et leurs enfants se sont vus acculés à une révision douloureuse du récit national. Au plus haut niveau le courage politique a manqué dans un premier temps jusqu’à la mise sur pied de la Commission Bergier[4]

Ce que revendiquent plusieurs participants, c’est un désir de vérité (la vraie histoire de la Suisse) toujours vivace. A leurs yeux, le travail de l’historiographie impacte directement la relation que nous avons à nos ainés et la mémoire que nous en gardons. Une participante nous rappelle du reste « que la mémoire juste, on s’en préoccupe à tout âge » et que pour sa part c’est une préoccupation qui habite son temps de retraite (à travers la lecture du fameux rapport notamment). Un temps où, justement, on se préoccupe de transmission. On s’est souvenu également des délires idéologiques qui sont nés (singulièrement en Allemagne et en Italie) d’une culture  de « mise sous le tapis » qui s’est installée dans les années d’après-guerre dans un contexte de guerre froide.  Dans le contexte français c’est la difficile émergence d’une culture non-héroïque qui nous a été confiée par quelques participants.

 La violence des préjugés en héritage

C’est encore à l’enfance que plusieurs participants remontent s’agissant d’identifier la violence des préjugés, issus  d’une histoire non éclairée, qui ont réveillé leurs premières protestations. Une participante qui a grandi dans une famille « où on ne parle jamais politique » rapporte la réponse de sa mère lorsqu’elle l’a questionnée sur l’extermination des juifs : « c’est parce qu’ils ont tué le Christ ! ». A-t-on oublié la banalité d’une réponse de ce type dans un temps où la mémoire de la Shoah n’avait pas encore sa place dans l’espace public ?

Une autre participante se souvient d’une manière, peut-être plus répandue et insidieuse, d’intégrer les violences de l’histoire : l’image du « boche ». Elle se souvient d’avoir aimé la langue allemande depuis toute petite, une langue que parlait son grand–père, et d’avoir dans un même temps lu l’histoire d’une valeureuse petite alsacienne « qui a résisté aux boches ». Dans son école au moment du cours d’allemand on disait « on a le boche ». Une injure en guise d’héritage historique, en quelque sorte.  

Les mémoires familiales déchirées

Pour certains d’entre nous les grands conflits de l’Histoire ont des acteurs et des témoins de camps opposés dans la composition même de leur famille. C’est le cas d’un conversant dont un des grands-pères, suisse et protestant, a eu une carrière dans la droite libérale, doublée d’une carrière militaire. Par anticommunisme il semble avoir souhaité une alliance avec l’Allemagne nazie pour s’opposer à l’URSS.

Son autre grand-père, juif de Cologne a fui l’Allemagne est parti en Palestine, comme on disait à l’époque, et y a fait office de pionnier. Les deux grands-pères se sont rencontrés un jour, concorde familiale oblige.  Qu’ont-ils pu se dire se demande ce participant ? Cela est resté une énigme pour lui, et une tension mémorielle sur laquelle, peut-être, il a construit ses engagements pacifiques. 

Le manichéisme des visions du monde

Plusieurs participants évoquent l’empreinte du manichéisme des visions du monde dans lequel sociétés et familles ont été immergées dans les temps de guerre froide : capitalisme contre communisme liberté contre totalitarisme. Le prix payé pour une vision du monde un tant soit peu critique, émancipée des idéologies a souvent été élevé.

 Un manichéisme comparable a marqué la réception en Europe, du conflit israélo-palestinien, en particulier dans la période qui a suivi la guerre des 6 jours : un conversant se souvient des discussions qu’il a eues avec son père et de la diabolisation des ennemis d’Israël, une opération où il est difficile de mesurer le poids de la culpabilité et du poids des polarisations opérées par la guerre froide. La référence à des travaux d’historiens ont dans ce cas permis un rapprochement des points de vue.

Partager les récits, une tâche impérieuse, mais difficile

On ne s’étonne plus de ce que le conflit israélo-palestinien figure pour beaucoup, les marcheurs pour la paix entre tous, comme un nœud symbolique qui doit être impérativement dénoué, malgré l’ampleur de la tâche. Une voie paraît s’imposer avec évidence à un bon nombre de participants : le partage des récits. « il faut se mettre ensemble pour raconter l’histoire » C’est une autre histoire qu’il faut substituer à l’histoire « obligée » qui nous a été transmise, une histoire « co-racontée ». Français et allemands, israéliens et palestiniens, « il est nécessaire que chaque partenaire accepte que le récit de l’autre est justifié ».

 Une difficulté majeure, relevée par un des participants s’agissant particulièrement d’Israël est que dans des expressions comme « la terre d’Israël » ou « la terre d Palestine », une mémoire juste doit se plonger dans des récits historiques et religieux « immémoriaux » une mémoire profondément ancrée dans l’identité des peuples, c’est pourquoi il affirme modestement : « une mémoire juste dans cette situation, j’en suis incapable, mais j’ai envie de connaître ».

Au cours de la conversation des exemples sont donnés de telles tentatives de faire dialoguer les mémoires : un livre d’histoire écrit en commun par des professeurs israéliens et palestiniens à partir de repères historiques partagés,[5]des expériences pédagogiques menées en Israël et en Allemagne par une conversante.

Des mémoires irréductibles l’une à l’autre

Mais au terme de tels processus, relève cette dernière, il est possible qu’en partant de la même histoire (encore que la convergence vers une vérité historique partagée soit elle-même problématique) les différents narratifs, empreints chacun de deuils, d’espoirs et de douleurs différentes, se révèlent finalement irréductibles. Ce qui est retenu comme l’évènement de l’Indépendance pour les Israéliens constitue la Nakbah (la catastrophe) pour les Palestiniens : un exemple emblématique.. Elle évoque son propre parcours : ayant grandi avec un narratif juif intimement lié à la mémoire des personnes mortes dans la Shoah, elle est contemporaine de l’Etat d’Israël, de sa naissance et de ses guerres. Elle y a rencontré des opposants à la politique d’Israël, singulièrement à la politique d’occupation, et s’est confrontée très personnellement à la question de la loyauté et de la distance critique face à Israël. Elle est passée « de la polarisation à l’ambivalence » résume-t-elle. Se dire pro-israélien ou propalestinien n’a aucun sens, dans la situation présente on ne peut être que « pro les deux », ajoute-t-elle.

Le travail pervers de la culpabilité

Une autre difficulté relevée par cette conversante est le poids de la culpabilité (autant chez les défenseurs d’Israël que chez ses contempteurs pourrait-on dire). C’est comme si la mémoire de la Shoah était encore plus lourde à porter pour les non-juifs. Dans les discussions autour de la mémoire surgissent fréquemment des : « oui mais,…voyez ce qu’ils font dans les territoires »                                                                     

Le dialogue des mémoires : un acte politique et une culture à promouvoir

Si le dialogue des mémoires paraît une entreprise difficile, l’entreprendre n’en reste pas moins une action politique significative et forte, qu’elle soit à l’initiative des Etats ou de la société civile. Différents exemples sont donnés : Wahat al-Salam-Neve Shalom,[6]les commémorations du génocide au  Rwanda,  différentes formes de commémoration liées à la guerre, aux génocides ou à l’esclavage. A travers ces actes il s’agit tout de faire une place à la conscience historique de l’autre, de se projeter conjointement dans le présent et l’avenir.

On pourrait mentionner ici aussi le rôle que peuvent jouer à cet égard (qu’ont joué) la création littéraire et cinématographique. Dans des confrontations mémorielles toujours inachevées, elles développent un art de faire respecter des mémoires douloureuses, de les visiter sans simplification abusive, et de soigner au passage quelques abcès idéologiques. Au terme de la conversation il sera fait mention d’une série télévisée[7]qui avait dans les années 80 permis de délier mille et une mémoires allemandes et de restituer, s’agissant de l’histoire d’un peuple sur lequel un lourd soupçon de culpabilité collective a pesé, une profondeur historique et une complexité libératrices.

De la culpabilité à la responsabilité

Une autre conversante, issue d’une famille bordelaise aisée dont l’histoire a été liée au commerce triangulaire, se questionne sur « les cloisonnements » qui sont maintenus dans les mémoires familiales à propos d’évènements, pourtant aujourd’hui éloignés dans le temps, peut-être une autre ruse de la culpabilité. Il s’agit simplement développe-t-elle d’avoir pleine conscience des effets dans le présent de ces fautes historiques, aucunement d’en concevoir un sentiment de culpabilité. On sait, pourrait-on commenter, à quelles dérives désastreuses a conduit la mise en concurrence de la mémoire de l’esclavage avec la mémoire de la Shoah.

La responsabilité pour le présent et pour l’avenir

Très opportunément une participante se demande comment elle pourra répondre à ses petits-enfants lorsqu’ils lui demanderont : « Qu’as-tu fait à l’heure où les réfugiés affluaient de tous les côtés, où les gens mouraient en Méditerranée » « Qu’as-tu fait pour la paix, pour l’avenir ? » Un autre suggère que transmettre l’expérience d’une génération suppose un travail de bilan personnel qui requiert honnêteté et lucidité. Lui-même se livre chaque année à un tel travail

qui n’est pas sans révéler des aspects douloureux. Il se demande notamment : qu’avons-nous fait des utopies qui ont porté notre génération, nous ont-elles aveuglés, les avons-nous abandonnées, avons-nous fait de mauvais compromis ?

Raconter, juger, comprendre

Un conversant avoue avoir de la peine à se situer dans la conversation : « Il y a deux personnes en moi », nous dit-il. Celle qui aime se raconter des histoires de coupables et de victimes, de bons, de mauvais, de justes ; celle-là est très utile pour gérer des émotions et vivre avec le mal qui a été fait. L’autre personne cherche d’abord à interroger, à expliquer, à comprendre, c’est notamment l’effort que son métier lui demande. On construit alors d’autres histoires qui auront de la peine à être entendues, au point, nous dit-il, que j’en deviens presque asocial. Et pourtant de telles histoires, faites d’ambiguïtés insolubles, sont apparues dans plusieurs récits déroulés au cours de cette heure de parole confiante.  Comment et pourquoi juger des hommes qui garderont toujours leurs ambivalences et leurs secrets ?

C’est l’inquiétude éthique qui, aux yeux du scribe, constitue la meilleure conclusion puisqu’elle s’applique à tous les niveaux de l’existence qui ont été égrenés au fil de la discussion : le récit de soi, la famille, le groupe, la nation, l’Histoire. Chercher la vérité, être juste avec les siens et avec les autres, rester dans un horizon d’apaisement et de réconciliation, sont les facettes en tension d’une même tâche. Une mémoire juste est à ce prix.



[1]Nous utiliserons alternativement les termes de participant et de conversant (néologisme assumé) qui désigne toutes les personnes intervenant dans la conversation, par respect de la règle d’anonymité

[2]Ricœur Paul. L'écriture de l'histoire et la représentation du passé. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 55ᵉ année, N. 4, 2000. pp. 731-747;

[3]C’était évidemment pendant la guerre de 14-18)

[4]Cette Commission Indépendante d’Experts, présidée par l’historien Jean-François Bergié, a été chargée de faire la lumière sur l‘attitude de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale. 

[5]Histoire de l’Autre. Collectif. Ed. Liana Levi (2003)

[6]Un village géré conjointement par des arabes palestiniens et des israéliens

[7]Heimat. Une chronique allemanded’Edgar Reitz

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