Depuis que nous sommes rentrés c'est la question que posent tous les amis et parents.
Comment leur raconter ? Comment leur expliquer ?
Les impressions lorsque le car nous dépose dans le désert pour la première journée de marche. Le "groupe" qui se harnache en plein soleil, chacun prenant ses bouteilles d'eau dans un silence un peu angoissé. Oui, personne ne parlait. C'était la beauté du désert ou la peur de ne pas "tenir" ?
C'est superbe. Écrasant. Des souvenirs reviennent. Des lectures. Des films. 
Le monastère Saint-Georges. Mar Saba.
Le jus de grenade…
C'est peut être ça la réponse à " Alors, la Palestine ? "
Mais c'est aussi (surtout) l'incompréhension, l'antagonisme, la haine des deux communautés.
Pays étonnant où tous nos interlocuteurs ont été d'une intelligence stupéfiante. Depuis le bédouin propriétaire du chameau jusqu'à David armé de doctorats divers.
La fascination devant la froide détermination, très argumentée, de Abdelfattah Abusrour, au camp d'Aida, nous expliquant que ce n'est qu'une question de temps mais que la Palestine ne sera plus une terre sous domination israélienne. Et puis on apprend après que les deux photos qui sont au mur sont celles de son père et de son fils assassinés…
L'impatience du David arrivant à la fin de la question posée avant même celui ou celle qui la formulait. Sa morgue et son mépris quand il dit " Citez-moi des Prix Nobel palestiniens ? ".
L'engagement, le charme et les superbes chaussures de la chanteuse Mira.
On n'en revient pas indemne de ce voyage. On en revient pas tout à fait le même.
Mais que peut-on faire à part " témoigner "  ?
 
 
Jean-Louis Lacordaire