Préparation au thème de la marche vers Taizé,

de la réconciliation à la guérison

C'est une nouvelle fois le cœur de l'homme qui est questionné par ce thème de la réconciliation-guérison. Il sera présent à notre esprit au cours de notre marche, dans nos silences, et dans nos conversations. Il nous touche dans nos histoires personnelles, comme dans le monde qui nous entoure. Il sera dans nos cœurs et dans nos échanges en groupe. L'ouverture aux autres cultures, aux autres croyances et convictions est le but poursuivi par Compostelle-Cordoue. Dans le monde actuel, comment peut-on encore oser parler de paix et de réconciliation ?

Tout au long de cette marche vers la communauté de Taizé, nous aurons présent à l'esprit ce thème de la réconciliation-guérison. En parlant avec l'un·e ou l'autre, en marchant, ou le soir lors des échanges en groupe, à Mazille avec les sœurs et bien sûr à Taizé. Ce thème nous touche en plein coeur, soit dans notre monde intérieur par la persistance de conflits relationnels, soit par rapport au monde qui nous entoure. Outre les marches de Bosnie en 2015 et de Palestine-Jérusalem en 2016, qui nous ont impliqués dans les tourments de conflits meurtriers, l'actualité internationale, nous taraude depuis plusieurs années, par de graves mouvements de replis nationalistes, de peur face au terrorisme de proximité, de rejet des migrants venu par la mer, d'enfermement de groupes entiers, enfants et adultes, derrière des murs ou dans des camps. Les divisions entre des peuples par blocs antagonistes fleurissent de plus belle depuis la dernière guerre mondiale. L'humain semble considérer l'autre, différent par son visage, son histoire, son discours, son comportement, comme un ennemi qu'il vaut au mieux éloigner, au pire enfermer ou laisser mourir. Nous n'osons presque plus parler de paix et réconciliation. Ce qui fait le coeur de Compostelle-Cordoue, l'ouverture aux autres cultures, aux autres croyances et convictions, vacille et notre petit groupe de marcheurs invétérés, comme d'autres sans doute, se trouve bien isolé.

C'est donc une nouvelle fois le cœur de l'homme qui est questionné, à la veille d'un potentiel embrasement (sans parler de la fuite en avant technologique et industrielle qui continue d'ignorer le mal causé à la nature)

Chacun·e d'entre vous qui a voulu s'inscrire à cette marche de la réconciliation-guérison s'y préparera comme il-elle le souhaite. D'innombrable textes évoquent ce thème, dans les écrits sacrés de nos traditions ou dans des textes philosophiques. Notamment dans des textes que nous avions évoqués en nous préparant à la marche sur le chemin d'Abraham ou sur celui de Srebrenica.  L'important est d'avoir déposé quelque chose au fond de son cœur et son esprit pour le faire vivre au contact des autres et du chemin. N'hésitez pas à prendre avec vous telle citation qui vous aura éclairé sur ce thème. Elles pourront être lues en départ de nos marches (évitez toutefois les textes trop longs, que notre attention du matin ne pourra suivre)

Nous aurons en fin de marche, une rencontre avec le lieu et les hommes de Taizé qui vivent depuis l'après-guerre, au cœur de leurs pratiques et de leurs consciences, cette aventure journalière de la réconciliation. Le programme de ces deux journées à Taizé vous est présenté ci-dessous. Gageons qu'il sera l'apothéose de notre marche et qu'il nous permettra de mettre en oeuvre, dans le quotidien de nos milieux de vie qui suivra cette marche, nos intentions renouvelées de réconciliation.

Nous nous réjouissons beaucoup de parcourir avec vous ce chemin.... de réconciliation !

Alain Simonin, président

Bernard de Senarclens, organisateur de la marche