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Alain Simonin est sociologue, ancien enseignant à la HETS à Genève.

Mars 2026, au Centre Louis Ormière à Montauban, nous sommes une quarantaine de participants à cette quinzième Printanière de l’association Compostelle-Cordoue. Thème de la rencontre : L’altérité en lien avec la fraternité. Conférences, échanges en petits groupes, marches aux alentours. Mais «le clou» de la rencontre fut ailleurs : une soirée chez nos amis soufis, invités à partager une délicieuse paella, regroupés par petites tablées. En soirée, nous avons assisté au rituel de prières chantées pratiqué par la confrérie soufie Alawiyya du cheikh Bentounès : une heure et quart de mélopées en arabe, chantées autant par les hommes que par les femmes, formant deux rangées se faisant face. Et au milieu de ce cérémonial rempli d’une incroyable ferveur spirituelle, une dizaine d’enfants «couratant» joyeusement d’un bord à l’autre de la salle sans interrompre le moins du monde la haute tenue de ce rituel. Ce mélange d’élévation spirituelle collective vers Allah, dieu de la trilogie monothéiste, et de rires d’enfants libres de leurs mouvements, nous a saisis dans la profondeur de nos spiritualités respectives et nous a remplis de joie intérieure. Comme sociologue, j’eus l’impression d’avoir devant moi, un tableau qui pourrait faire modèle social : une petite communauté sans marque d’autorité explicitée par rapport aux enfants notamment, pouvant ainsi les incorporer avec souplesse dans son rituel, au demeurant fort sérieux.

Cette séquence d’un vécu récent de notre association Compostelle-Cordoue, est à l’image de ce que nous pouvons y vivre ensemble : MARCHER - DIALOGUER – COMPRENDRE, trois verbes d’action et de réflexion. Ce «trépied» de valeurs rassemble symboliquement notre volonté d’ouverture, de mouvement et d’engagement. Depuis sa fondation en 2010, Compostelle-Cordoue organise chaque année :

- d’une part une marche d’une semaine dans un pays ou une région ayant vécu ou vivant encore un conflit (Liban en 2014, Bosnie en 2015, Palestine en 2016, Calais en 2025), ou au contraire, un pays, un lieu, ou un personnage en résilience (Assise en 2013, Nicolas de Flüe en 2014, Taizé en 2017, Bretagne en 2018-marche des Sept dormants-). Chaque marche donne lieu à la publication d’une plaquette ouvrant à la compréhension partagée de la région visitée.

- d’autre part ce que nous appelons nos «Printanières» (rencontre thématique + assemblée générale) se déroulant durant trois jours dans un lieu et avec une communauté particulière.

La richesse de Compostelle-Cordoue, c’est l’abondance et la force des liens créés au travers des marches et des échanges. C’est pourquoi nous parlons parfois de «famille». Marcher dans l’ouverture à l’autre, se mettre dans ses pas, partager nos silences, nous met à l’écoute de nos histoires de vie, de nos soucis, nos blessures, nos incertitudes. Mais aussi de nos convictions, de nos engagements. Ainsi, au fil des marches et des rencontres annuelles, prend forme dans notre conscience, cet esprit universel du «vivre ensemble», dans la reconnaissance de soi et la gratitude envers l’autre. Conscience qui nous fait si cruellement défaut dans notre monde chaotique actuel, dévoré par le pouvoir, l’argent et la radicalité des opinions.

Mais cette richesse nous aide aussi à «comprendre» ce qui abîme le monde et nous enfonce parfois dans le désespoir. Traverser un camp de bédouins en Palestine occupée, dormir chez une famille bosniaque dont l’homme a fui le génocide des siens, contribuer à confectionner 400 repas pour les réfugiés de Calais, ce sont autant de «briques de compréhension» pour remettent les pendules à l’heure du partage des responsabilités, celles qui engendrent ces abandons et ces meurtres. Comme écouter un groupe de femmes israéliennes se rendant périodiquement aux check point de la police israélienne pour veiller sur les éventuelles atteintes aux droits des personnes. Ou rencontrer une femme palestinienne si fière de pouvoir enseigner l’arabe dans une école publique de Jérusalem. Des rencontres qui constituent des séquences vécues au plus près du coeur et de la conscience, des «briques d’amour» et qui nous redonnent l’espoir et la volonté de poursuivre notre engagement.

Nos marches se terminent par un rituel «à haute valeur ajoutée». Dans une salle aux dimensions adéquates, les marcheurs, assis sur une chaise, forment un cercle : les «écoutants». Au centre l’animateur agréé invite un marcheur ou une marcheuse avec qui il a eu un échange significatif durant la marche. L’échange a lieu sur le ton de la conversation, dans une certaine intimité, sans se préoccuper des «écoutants» à l’extérieur. Si le contenu du dialogue des «conversants» fait écho auprès de l’un ou l’autre des participant du cercle des écoutants, celui-ci, prenant sa chaise, rejoint le cercle au centre. L’animateur l’accueille en lui demandant ce qui a fait écho en lui. Son déplacement est, en effet, motivé par une «résonance» : ce qui se dit au centre le concerne aussi, il a vécu quelques chose de semblable lors de la marche. Le geste est symbolique de l’esprit de Compostelle-Cordoue : se déplacer pour «prendre part», pour comprendre. Ainsi le cercle des «conversants» va s’agrandir au gré des déplacements successifs. Rentrer dans le cercle intérieur n’est pas une obligation. Les marcheurs qui n’ont pas souhaité rejoindre le cercle des conversants, restent à leur place. Leur liberté est ainsi respectée : ils ont pris part d’une autre manière, sans une résonance incitative à un déplacement. Une référence implicite à la démocratie.

On pourrait dire que les propos échangés par les «conversants» forment progressivement un «récit collectif». En effet, un «témoin» (ou scribe), resté à l’extérieur, a écouté attentivement le déroulement de la conversation en tentant de capter des mots clé et le fil conducteur des échanges. Il prendra quelques minutes pour relire ses notes et communiquer aux conversants ce qu’il a «compris» du récit prenant forme devant lui. Le déroulement de ce «cercle de conversation», obéit à des règles explicitées en début des échanges : parler en «je», exprimer une expérience plutôt qu’une opinion, pas de commentaire à propos de ce qui se dit dans les échanges, les propos des participants doivent demeurer confidentiels, nominativement.

Ultérieurement, le «témoin» (scribe) mettra toutefois au point, un texte qui pourra être publié dans la plaquette conclusive de nos marches. La «valeur ajoutée» tient ici au fait que le «récit» que les marcheurs se font à eux-mêmes (un peu à l’image des évangiles) ouvre à la «singularité universelle» de leur expérience de marcheurs ayant traversé des pays ou des régions en guerre ou en résilience.

Rappelons ici que notre association a été créée en 2009 à Genève et confortée par la première marche à Cordoue en 2010. Laïque dans ses statuts, elle veut célébrer, non pas St Jacques Matamore sur son cheval blanc piétinant les escadrons de «barbares» maures à Compostelle, mais honorer, à Cordoue, la rencontre et le vivre ensemble entre juifs, musulmans et chrétiens. Pour nous, «marcheurs de l’impossible», c’est aller de la Reconquista à la Convivencia, sous les auspices des sages de l’Al Andalus, du VIII au XV siècle. C’est pourquoi, plusieurs de nos marches sont organisées avec des soufis d’Alawiyya, des scouts musulmans de France et des amis juifs.

Notre prochaine marche aura lieu du 11 au 18 juillet prochain dans les Vosges du Nord, sur le thème de «l’Europe menacée». Vous trouverez toutes informations utiles sur notre site compostelle-cordoue.org

Alain Simonin

Genève

sociologue, ancien enseignant à la HETS

président d’honneur de Compostelle-Cordoue

Le message d’Alain Simonin, Président d’honneur,

de Suisse,  terre valaisanne, fondatrice de notre association Compostelle-Cordoue.

 

Par ses mots, Alain Simonin nous permet de nous associer profondément à l’hommage rendu aux victimes de l’incendie de Cran-Montana.

 

"Chères toutes et tous,


Ce terrible drame de l'incendie d'un bar à Cran-Montana le 1er jour de l'an nouveau (40 jeunes décédés et 115 brûlés ou blessés), nous a toutes et tous touchés au cœur, en Suisse et au delà. Cet après-midi à 14h, toutes les cloches du pays ont sonné. Puis la cérémonie d'hommage aux victimes a commencé dans une grande salle à Martigny, avec des centaines d'invités.

Je ne voulais pas voir mais "entendre"...

J'ai donc suivi la cérémonie à la radio. Rarement une cérémonie n'avait, pour moi, revêtu une telle tenue : délicatesse des propos et des sentiments, tout était juste, sensible, émouvant, respectueux, digne.
Responsables religieux, responsables politiques (Mathias Reynard, président du Conseil d'Etat valaisan et Guy Parmelin, président de la Confédération), jeunes du collège de La Planta à Sion, interprètes musiciens, organisateurs, invités de plusieurs pays venus déposer une rose blanche, tous nous ont permis de nous associer à cet hommage aux victimes, décédées ou gravement brulées, parents, frères et sœurs, amis.

Je me suis rendu compte, parce que la catastrophe nous était proche, combien il est important dans un tel contexte, pour tous, proches ou amis des victimes, citoyens solidaires, habitants de la région ou des pays concernés, autorités politiques et judiciaires, de "faire communion", de se rassembler, d'écouter, de penser, de prier. Pour nommer l'innommable, honorer, soutenir, faire mémoire.

J'y pense par rapport à toutes ces autres tragédies dans le monde : à Gaza, en Ukraine, au Soudan, au Congo, en Syrie et ailleurs. Combien il est important de pouvoir se relever d'une telle perte, de pouvoir retrouver le goût et l'effort pour vivre les lendemains et de rester solidaires dans le long terme qu'exige la guérison des blessures.

Il faut parfois de tels événements, pour comprendre le sens et l'enjeu de nos vies et d'y assumer nos responsabilités.

Amitiés émues

 

Alain"

Générique émission FR2 les chemins de la foi - islam

Par Nazim Belabdelouahab producteur : FR2 Les chemins de la Foi - ISLAM - « Musulmans et Chrétiens : dialogue et convergences »

Cher-e-s  ami-e-s,

Nazim Belabdelouahab  que nous remercions vivement, producteur documentariste qui nous avait déjà  filmés  lors des printanières 2025, nous transmet, pour ceux qui n’ont pu le visionner, le lien suivant vers son dernier documentaire, car à nouveau Compostelle Cordoue figure dans ce documentaire diffusé sur FR2 du dimanche 28 décembre- Chemins de la foi - ISLAM « Musulmans et Chrétiens : Dialogue et convergences. ».

Nous y retrouvons d’autres associations et  différents lieux comme Taizé, les printanières 2025 de la Clarté Dieu et un aperçu de la marche de Compostelle-Cordoue de juillet à Calais avec notre action vers les exilés.
 
MERCI NAZIM pour le lien transmis ET CE BEAU CADEAU . 
À TOUS BONNE FIN D’ANNÉE  !!!

Pour Compostelle-Cordoue,

Morice De LAMARZELLE, responsable communication. 

La Voix du Nord se fait l'écho de notre marche à Calais dans son édition du 20 juillet 2025, Hauts de France, Calais

Solenn Lecat interview Jean-René Brunetière, Président, et Stéphane Garros, secrétaire général de l'association. 

Lire l'article "Après la Bosnie et le Vercors, l'association Compostelle Cordoue marche à Calais",

sur le site de La Voix du Nord.

Jean-René Brunetière Interviewé par Marie-Leila Coussa de Radio Notre Dame

"Écoute dans la nuit", reçoit Jean-René Brunetière autour de la question : "Que ferez-vous pour les autres cet été?"

L'émission "Ecoute dans la nuit" est produite par Radio Notre Dame, et également diffusée par RCF.

MERCI d'avance à Marie-Leila Coussa journaliste à RCF/ND qui reçoit Jean René Brunetière dans son émission "Écoute dans la nuit", autour de la question : "Que ferez vous pour les autres cet été, comment est-ce que vous comptez vivre et faire de la fraternité une réalité ? ". 
Lien pour suivre l’émission en direct en vidéo : https://www.youtube.com/@RadioNotreDame
En direct en radio : sur le 100.7 Fm 
Ou sur le site : https://radionotredame.com 
IMPORTANT N’HÉSITEZ PAS À PARTICIPER EN APPELANT au 01 56 56 44 00 de 21h à 22h30.

Après l'émission

De nombreux appels ont permis de faire préciser par notre Président les modes d'action, les objectifs de Compostelle-Cordoue. Les enjeux liés à la Marche de cet été, en Calaisis et à la rencontre des migrants, les diverses problématiques rencontrées à Calais et dans sa région sont évoqués dans cette émission. La découverte de la région elle-même, de son identité et de son histoire font également partie des objectifs, comme l'a indiquée Jean-René Brunetière. 

Avec la chanson choisie par Jean-René : Lily, de Pierre Perret. 

Réécouter l'émission "Que ferez vous pour les autres cet été?" de Radio Notre Dame, "Écoute dans la nuit"

sur Youtube. 

Il est possible de retrouver les émissions d' "Ecoute dans la nuit" en podcast sur le site de Radio Notre Dame.