Livret d’impressions
et
Témoignages des marcheurs
Marche Cannes-Nice
24-31 Octobre 2021
Sommaire
1- Programme réalisé
2- Journal sensible de la marche par Olivier
3- Témoignages de marcheurs
4- Symphonie du Nouveau Monde
5- Le Scribe du Cercle de Conversation
6- Ce que nous avons appris par Alain
1-Programme réalisé
Samedi 23 octobre
– 18h Arrivée du bus de Toulouse.
Installation des scouts au camping Les Cigales à Mandelieu-la-Napoule et adultes à la Villa Saint-Camille à Théoule-sur-Mer
Rassemblement des marcheurs
Présentations mutuelles
Dimanche 24 octobre
Marche vers Cannes (4,5 km le long de la plage) jusqu’à la MJC Picaud,
Accueil par VEAC (Vivre Ensemble à Cannes)
Pique-nique à la MJC
Marche pour la paix, Promenade de la Pantiero
Forum : 3 Ateliers simultanés
Retour et Dîner à Saint-Camille
Rassemblement des marcheurs : Présentation de la semaine, des cercles de dialogue et consignes pour la marche
Lundi 25 octobre
Marche de La Roquette-sur-Sagne à Mouans-Sartoux (pique nique parking collège)
Marche Mouans-Sartoux La Charlotte
En Bus de La Charlotte à Roquefort-les-Pins
Installation au Foyer de Charité Maria Mater
Bus avec scouts vers camping La Paoute-Valbonne et retour
Visite des lieux à Maria Mater
Messe de la communauté pour celles et ceux qui le souhaitent
Après dîner à Maria Mater Rencontre avec les membres du Foyer de Charité
Retour des scouts au camping La Paoute
Mardi 26 octobre
Bus du camping La Paoute à Maria Mater
Cercle de départ et Marche à partir de Maria Mater
Pique-nique à l’entrée de La Colle sur Loup
Visite du village avec Sophia et retour en bus
Rencontre avec le Cheikh Bentounès à Maria Mater
Dîner à Maria Mater avec le Cheikh Bentounès
Bus retour des scouts au camping La Paoute
Mercredi 27 octobre
En bus, départ des scouts du camping vers Maria Mater pour Cannes embarcadère,
Traversée en bateau vers Iles de Lérins (St-Honorat)
Accueil par le père Vladimir et visite puis Messe à St Honorat, monastère,
Rencontre avec les pères
Traversée retour en bateau et bus à Maria Mater puis transport scouts au camping pour une soirée-veillée
Rencontre avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA, Isabelle CHAMAGNE, future présidente et Marc Ugolini, vice-président : thème : « comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté? »
Dîner à Maria Mater
Jeudi 28 octobre
Scouts en bus vers Maria Mater et visite chapelle de Vence
Marche Vence La-Gaude
Pique-nique à La-Gaude (au « Parcours sportif »)
Groupe A : Marche La-Gaude —Gattières
Groupe B : Scouts au camping et récupération du Groupe A vers Maria Mater
Dîner à Maria Mater
Vendredi 29 octobre
Départ en bus (avec bagages) vers le camping des scouts
Du camping à St Laurent du Var
Prière du vendredi par les scouts et les autres musulmans du groupe; les autres membres du groupe sont conviés à y assister; il s'en suit un échange sur le contenu et le vécu de cette célébration, suivi du repas froid.
Installation Auberge de jeunesse Les Camélias Nice
A pied de l’AJ à la Basilique
Participation à la cérémonie de commémoration de l’attentat à la basilique.
Concert et Messe à la Basilique
Dîner aux Camélias
Samedi 30 octobre
Rencontre organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’Egidio) sur le thème de la violence avec :
- Le chanoine Philippe ASSO, délégué diocésain pour les relations interreligieuses
- L’imam SADOUNI de la salle de prière de Nice centre
- M. Avner SOUDY président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice
- P. Franklin PARMENTIER curé de la Basilique Notre -Dame
Pique-nique à l’AJ
Rencontre organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration
avec des responsables de :
- La Pastorale des migrants,
- Roya-citoyens,
- Welcome,
- SOS Méditerranée
Dîner au restaurant
Puis Cercle final
Dimanche 31 octobre
Départ en train pour les uns et en bus des Camélias pour Toulouse
2- Journal sensible de la marche, par Olivier
Chers amis et marcheurs de Compostelle Cordoue,
Par la voix de Michel notre président à Vajra Yogini, j’ai décidé de vivre cette marche de Cannes à Nice…
Un chemin d’imprévus, de beaucoup de Rencontres riches et variées à travers la marche, la parole, les temps de repas où j’ai pu me joindre aux scouts avec joie. Bien sûr le Chant a nourri ce corps et cette ambiance de louange et nous a apporté de la Joie et de la fraternité. Sans oublier la flûte magique de Michel ni le Bus, entité vivante manœuvrée par le célèbre tandem Dominique /Roger qui ont donné beaucoup de leurs personnes pour la réussite de ce périple.
La marche pour la paix à Cannes, c’était fort de café avec toute cette richesse humaine, les policiers restent encore étonnés des acclamations des jeunes et quel enthousiasme de la mamie américaine, n’est -ce pas Safa ? J’étais aussi ému de voir les visages des différents représentants religieux…
Pour la fête des 10 ans de vivre ensemble j’ai écrit quelques phrases. Notre sœur Nanou dit : «D’abord ça se passe à l’intérieur de Nous ». Lama Théor : « ce qui apparaît dans le monde ça se construit dans notre esprit. Avant l’écologie intérieure, il y a la tolérance d’avis différents, cependant les notions communes d’amour, bienveillance, compassion, l’éthique au sens de discipline sont là»
Tout ça ne constituerait-il pas du Respect, peut- être la forme la plus haute d’amour ?
Frère Vladimir que nous retrouverons sur l’île de Lérins parle de convertir tous les matins son regard sur la création en passant de l’exploitation agricole à un don, une communion. Ça nécessite de modifier ses pratiques de viticulture et de culture de l’Olivier en prenant Soin, en laissant le temps au temps. Créer un monastère vert, tous les matins vivre une contemplation avec la création ça dit où vous en êtes.
J’ai noté l’intervention douce et vigoureuse de Nanou qui dit : "Cherchons les grains de sable (la conscience individuelle liée au cœur) pour enrayer le bulldozer car si on ne pense pas collectif, on va Crever !!!" Aussi se remonter les manches et passer à l’action, Nanou parle du cercle, pas de chef, c’est la sociocratie.
Ah que j’ai aimé et que j’aime ces temps de cercle entre Nous, cela me rappelle les indiens d’Amérique qui respectaient Notre mère la terre et étaient en lien avec le grand Esprit … souvent plus proche que l’homme blanc qui a conquis ses terres là au prix d’un génocide …certes les autres races humaines ont aussi décimés leurs frères en leur temps, l’histoire le montre …
Gardons l’espérance malgré tout, que l’amour, la fraternité et la lucidité aient le dernier mot…
Quel plaisir, quelle joie d’entendre et de voir le Cheikh Bentounès (un grand et beau Merci Sophie de m’avoir présenté ton papa) en présence de nos scouts d’Empalot qui vivaient une Rencontre importante. En tout cas le lien, le respect et l’écoute étaient au rendez- vous. C’est dur d’écouter, toute une pratique de l’attention et de l’ouverture du cœur…. Le Cheikh racontait l’origine des Scouts Musulmans de France le 18 janvier 1991 où il y avait un risque réel de 3éme guerre mondiale, un moment de doute, friction, d’incompréhension. Après des années de dialogue, persévérance, le 8 décembre 2017, 193 pays à travers l’Unesco une branche de l’ONU votent oui pour créer une Journée Internationale du Vivre en Paix, la JIVEP, pour vivre ensemble en unité, tout un travail d’investigation symbolique. Les SMF sont un modèle pour les autres pays, on travaille sur un projet éducatif… Je remercie Aïda et Stéphane pour leur action et présence au sein des SMF et pour leurs partages sincères pendant cette marche de Cannes à Nice.
Je suis touché par la parole du Cheikh Khaled Bentounes qui dit « le protocole de Médine, le premier acte le prophète Mohammed, où est né la notion de la Oumma ? La communauté réunit trois tribus juives et des musulmans… La Mère c’est celle qui accueille tous ses enfants. »
La fête de Noël était partagée au Caire par des musulmans et des chrétiens, l’Emir frappait une monnaie. Merci Mr Khaled Bentounès d’avoir pu marcher à vos côtés au centre Marthe Robin avec ses beaux arbres, animaux, une pierre imposante près de la chapelle … Quel bel endroit de paix et de simplicité où j’ai ressenti une paix du Cœur. Nous, les anciens nous avons passé quatre nuits là bas…
Auparavant nous avons logé deux nuits à Théoule sur mer, maison Sainte Camille, un lieu de mixité sociale extra- ordinaire qui accueille des handicapés, une maison de retraite et des gens de passage. Tout ceci à un prix abordable pour la région avec vue sur la mer. Et OUI, Mesdames et Messieurs…
Pas forcément dans l’ordre chronologique, nada te turbe, nada te espante …solo Dios basta … Un des chants sacro- saint de Compostelle Cordoue, n’est-ce pas Alain ? Je suis éternité lorsque je cesse de m’identifier au temps (Angélus Silisius).
La Marche guidée par nôtre ami Bernard m’a ravi le cœur et l’âme, une impression d’elfes, d’anges dans la nature était saisissante. Comment ne pas vous faire partager cette parole découverte dans un livre emprunté à notre ami Daniel qui s’intitule le vol du Loriot : « les chemins sont des rivières immobiles dès que je marche elles se remettent à courir ».
Merci Daniel, pour ton chant, ta joie de vivre et le partage du bon vin, ton amour et vécu du scoutisme incarné et ton action au sein de « Démocratie et Spiritualité ».
Un des thèmes proposés pour notre marche étant la violence : j’en profite pour vous avouer que le vin aidant et la passion un peu exacerbée, mon écoute se trouva affaiblie et je manquai de discernement à l’égard d’un de nos amis, par discrétion je tairais son prénom. Je luis présentais mes excuses.
Une autre phrase du vol du loriot attira mon attention : il suffit de parler calmement pour qu’à nouveau les oiseaux viennent se poser entre les mots, où et à quel moment suis-je violent ? Serait- ce la peur qui rend violent ? Le manque d’écoute ? etc…. Le fait d’être égo centré à ce moment là, s’identifiant à une expérience malheureuse …. Au lieu de vivre une expérience Théo centrée avec plus de recul, de discernement, car nous ne sommes plus tout seul, consciemment…
Quand notre ami Stéphane a parlé de l’expérience de vie de Magda Hollander-Laffont, j’ai eu l’impression qu’elle était parmi nous cette survivante de la Shoa.
Ce témoignage m’a frappé …Qu’attends tu Olivier pour acheter le livre demain au creux de nos mains, chez Bayard ? J’attends qu’il neige ou Noël … ça tombe bien ça arrive à grands pas.
L’excursion sur l’ile aux moines de Lérins fût riche, les SMF ont découvert une célébration chrétienne et ont pu se baigner. Les seniors un peu révolutionnaires au goût de frère Vladimir sont rentrés dans le vif du sujet concernant les questions d’évolution de l’église. Un dialogue vrai et constructif à mon goût avec de l’humour réciproque à la clef ce qui n’est pas sans déplaire à la parole de Claude Nougaro, le célèbre chanteur Toulousain « Saint Pierre donnez -moi la clef »
A ce sujet, j’ai pu vous rencontrer de manière personnelle ou à deux, à travers le chant, que ceux soient les plus jeunes Loubna et Safa, Sofiane et Anis puis les anciens avec un échange particulier avec Alain le chef de Chœur… et bien sûr lors de nos chants collectifs…je suis persuadé qu’à travers le chant, le corps et le cœur s’ouvrent et nous touchons des dimensions angéliques et fraternelles. Je remercie tous mes frères et sœurs d’avoir joué le jeu, pardon la partition. Le chant des baleines qu’est- ce que c’est beau, vous connaissez ? Le chant peut être un moyen de réconciliation : quand Saint François apprend que l’évêque et le maire d’Assise sont fâchés, il est affligé et déjà bien malade il ne peut se déplacer. Saint François rajoute un couplet à leur intention. Il envoie ses frères chanter et la réconciliation a lieu. Il faut dire aussi que le Maire et l’évêque aimaient beaucoup Saint François d’Assise.
En cet Instant du vendredi 30 Octobre nous allons vivre un grand moment de prière célébrée par nos Amis musulmans. C’est une découverte pour moi, cela se passe vers 12h dans la Nature. Nous avons un peu marché avant pour évacuer nos émotions liées à un trajet difficile dans le Bus. Merci Leila pour nous avoir proposé cela et merci pour ta douceur incarnée. Notre ami Hadji mène la prière, j’ai ressenti un beau moment de ferveur, de connexion à la Terre, d’humilité et là le groupe de prière change le climat.
Cela a un goût d’éternité et de relation à plus grand que soi, un mystère…. En plus voir des personnes avec qui nous avons marché, dialogué, essayé de comprendre sans saisie est d’autant plus saisissant. A l’écoute réciproque. Les témoignages de Sofiane, Hadji et Safa m’ont particulièrement touchés. Peut -être l’écoute est elle plus favorable ou différente dans la nature ou un Beau jardin ?
Merci Infiniment pour ce partage de la tradition musulmane Fraternelle.
Nous arrivons au samedi et oui déjà, à Nice ou Nous allons enfin loger sur le même lieu… Avouons que ça simplifie les choses. je suis émerveillé de rentrer pour la première fois dans une auberge de jeunesse moi le vieux de 54 ans … Les Camélias fleurissent mon petit cœur d’enfant !!! j’aime le cœur de Nice et là je vis les moments les plus intenses et surtout les plus denses du voyage.
L’hommage à la cathédrale ND de Nice le 29 octobre 2021 est profond avec trois temps, les témoignages des politiques, l’hommage musical de toute Beauté et la célébration liturgique…
Le discours de Darmanin reste ouvert et il nomme la communauté musulmane. Je suis sensible à la messe, au fait de faire mémoire aux 3 victimes d’un acte insensé. Le timing reste serré car le restaurant nous attend: j’ai passé un beau et bon repas avec les jeunes en face de Sofiane que j’ai trouvé attentif, nous avons pu mieux nous connaître. Je suis heureux de partager ce repas à leurs cotés.
Plus tard Nous arrivons à l’échange sur les actes de terrorisme. Comment les uns et les autres vous avez vécu ces 2 tragédies terribles. 2016 l’attaque civile et républicaine et l’an dernier la communauté de Nice. L’Iman Abdelkader dit qu’on ne s’y attend pas, le terrorisme n’a aucune distinction, il est aveugle dans sa violence, une horreur qu’on ne peut même pas s’imaginer, émotion passée face à cette évidence, qu’est ce qui a motivé cet acte? Le terrorisme Islamiste : on est pris par la torpeur, avant ça on pense aux victimes, à leurs familles. L’Essentiel si ce terrorisme nous divise il aura gagné. Après 2015 au bataclan avec Philippe Asso, la force des croyants c’est d’UNIR les Cœurs, Unir les Âmes. Après l’attentat Philippe Asso m’interpelle en disant mon Bien Aimé en arabe. Je vois et j’entends que l’imam est particulièrement touché par cette parole de Fraternité. Restons fixés sur l’essentiel, message de paix, de fraternité et d’altruisme. En occident on est passé d’une société très communautaire à une société très individualiste. Le chacun pour soi a ses limites!!!
Avant on était défini par le groupe, maintenant je choisi sur Facebook !
Pourquoi a-t-il fait cet acte là ? Comment quelqu’un peut il décapiter avec un couteau ?
Voir le danger à l’extérieur de soi, l’autre n’est pas mon ennemi. La réponse : la justice, pouvoir vivre ensemble avec des règles communes. Éduquer, faire sortir du chemin j’ai toujours raison, il n’y a que moi qui compte. L’Alliance n’est pas fusionner, différences et divergences. J’ajouterai la fusion c’est la confusion, unis et différenciés, un Olivier ne donne pas des prunes et la vigne du cacao !
L’Amitié et le Respect au quotidien, revivre au quotidien le bien commun. Et oui Mr Abdelkader Nous sommes de passage sur cette terre, des locataires. Donner la mort sur internet c’est très violent, j’ajouterai que les mêmes circuits neuronaux ne sont stimulés que si on passe à l’acte : on devient ce que l’on pratique. Le pardon c’est vouloir créer des liens, continuer à trouver des lieux pour se donner, avoir le désir du bien commun, il y a le besoin de se réécouter. On marche ensemble, j’ai intégré quelque chose de l’autre.
Philippe Janssen historien dit : vivre ensemble chez les politiques c’est rechercher un consensus, accepter les désaccords. J’ajoute que les désaccords sont une richesse tant qu’il y a le respect, je n’ai pas à me sentir en danger.
Philippe Asso : pourrions Nous ne pas penser avoir des solutions ? Peut- on s’interroger par rapport à ce qui se passe ? Le constat est que là où il y a de l’humanité il y a de la violence, en moi il y a de la violence. A Nice on n’a pas voulu voir la question du terrorisme islamiste, il y a une non culture de réaction à la violence. Les jeunes confrontés à la violence sont à poil.
Le terrorisme djihadiste, islamiste n’est pas bête, Hitler c’est grandiose. Il développe une rhétorique judéos croisés. Pourquoi Nous sommes faibles parce que nous ne sommes plus confrontés à la violence. L’autre constat fondamental c’est créer, vivre des relations, la religion de l’amour, comprenons, analysons, soyons pragmatique. Je note que la différence nous enrichit.
Avner Soudry est né dans une famille juive. Que dois-je faire dans ce monde ? j’ai vu d’autres voies avec les musulmans et les chrétiens. Le coran et la bible sont des voies civilisatrices des religions. La religion chrétienne c’est la révolution de l’Esprit. La religion a fait beaucoup de dégâts et de guerres.
Genèse 17 verset 1 je Suis Dieu El Shaddaï , marche en ma présence et Sois intègre .La fonction et le droit dans ce monde c’est continuer la création de Dieu. Je me méfie du dialogue cultuel, je préfère le dialogue culturel. Au quartier Ariane il y a un niveau de vie inférieur avec une majorité de musulmans, il y a eu un enrôlement en Syrie.
Philippe Asso ; en France on a abandonné l’éducation c’est le néolibéralisme, renoncé à tous les rites sociaux éducatifs. On rentre dans la société à travers le rite. J’ajoute que c’est fondamental pour passer de l’adolescence à l’âge adulte. Le contre- exemple c’est le scoutisme, un lien dans la dynamique du faire.
Notre Ami Daniel pose la question du potentiel de violence que suscite les religions ?
Comment on peut réfléchir sur ce potentiel de violence ?
Suis-je le Gardien de mon frère ? Dieu parle à quelqu’ un…
La fraternité c’est la plus grande faiblesse de l’humanité, l’action menée pour changer les choses peut être l’action du colibri. Saluons ici la mémoire de Pierre Rabhi un amoureux de la terre en fraternité Salaam Pierre, Shalom, Shanti, pax etc… Merci à toi Pierre pour ta contribution et ta transmission à un monde plus fraternel.
Le témoignage d’Abdelkader est saisissant, la rencontre à Saint Honorat nous a fait gagner 10 ans de je ne sais plus. Rencontrer ses frères quoi de plus riche Olivier ? Celui qui aime demeure en Dieu et Dieu demeure en lui (saint Jean) Voir Dieu ou plus grand que soi pour ceux à qui le mot Dieu donne de l’urticaire dans l’homme et vice versa l’Homme uni au transcendant. La lumière on ne la voit pas c’est elle qui Nous donne à voir. Le clair-obscur et les ténèbres supra lumineuses, la recherche sur la physique quantique et les mystiques non allumés, néanmoins bien éclairés l’expriment…
Le 30 Octobre Nous vivons une rencontre au sujet des migrants, je suis crevé et le thème difficile humainement m’incite peut- être à plus de torpeur. Voici quelques mots que j’ai pu écrire :
L’importance de Redonner à la personne humaine sa dignité humaine, c’est une Rencontre d’homme à homme, de cœur à cœur.
Comment dans ce que tu vis puis je t’apporter quelque chose ?
Les causes de la migration sont à 70 % liées à la politique interne de dictature, les questions religieuses et l’islamisation intégriste. L’homme reste un loup pour l’homme et les guerres arrangent malheureusement certains économiquement. Les migrants humainement parlants sont porteurs d’espérance. Entre 2016 et 2018, les équipes SOS méditerranée ont secouru 29523 personnes !!! ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez fait …et 6 nouveaux nés ont vus le jour : le Christ ne naît il pas humblement dans une crèche ou plutôt une grotte, il n’y a plus de place à l’Hôtellerie, est ce un hasard tout cela ???
Je reviens à nos frères migrants, les demandeurs d’asile dans la pratique ne peuvent pas travailler, leur dignité, on ne peut pas la leur enlever et c’est fondamental de la reconnaître. Se tourner vers un A Venir, un possible martial : chaque demandeur d’asile a un accompagnateur.
L’exemple du marathon: les familles se relaient, coordination, travail en réseau, il y a une action de plaidoyer (Genève) les députés, le gouvernement a son rôle à jouer. Quarante antennes en France, adhérer à l’association permet d’appuyer le plaidoyer…
Tout ça est écrit pèle mêle : été 2015 à Vintimille : pour que cette dignité soit reconnue des kits en sac de propreté sont proposés et ça crée du lien humain… La migration c’est quelque chose qui est tout le temps en mouvement.
Notre monde souffre d’un isolement aussi trouver des moyens de rencontrer des Personnes: ex de la marche fraternelle proposée dans le département Paca, il peut y avoir un thème comme la famille ou le deuil.
Une stèle pour signifier que celui qui sauve une vie sauve le monde entier, Jérusalem, la Shoah. Cette phrase bouleversante est dans le film la liste de Schindler de Spielberg qui était le film phare de sa vie, c’est lui qui le dit.
Notre Ami Michel nous dit qu’on sous-estime le potentiel de don de l’humanité. Le réseau jésuite, l’équipe à Paris est formidable, en mouvement. Elle attire notre attention sur la santé, la bienveillance Le pôle développer: action de sensibilisation en milieu scolaire, atelier avec des jeux. A Madagascar, un village d’agriculteur voir « laudato si » du pape François qui est jésuite de formation et franciscain dans le cœur …Nous sollicitons des personnes qui permettent aux migrants de rester chez eux un temps.
En résumé il était temps n’est-ce pas ? ou peut-être pas ? Peu importe en fait, J’ai vécu cette semaine de Cannes à Nice comme une initiation, la marche a décuplé mon énergie, notre chant a ouvert nos corps et nos cœurs à l’Unisson. La Joie était là, palpable, présente….
J’ai découvert la richesse humaine, le Lien des Femmes avec les jeunes, leur Attention parfois maternante mais que voulez-vous c’est Bien la Femme qui met au monde, qui incarne la Vie humaine. La vierge Marie n’a-t-elle pas mise au monde Yeshoua le sauveur de nos âmes…
Réjouis toi pleine de Grâce, Déo Gracias
J’ai découvert la force du cercle, les liens indestructibles, construits au fil de différentes marches …
Cela m’a apporté de la Joie, du baume au cœur et l’Atterrissage à Toulouse ne fût pas si facile. J’ai vu l’humilité de tous les intervenants que nous avons rencontré. Cela m’a réjoui le cœur, l’humilité c’est la vérité, reconnaître que nous sommes poussière et que malgré Tout un grain de Lumière incréée nous habite.
Mes Ami(e)s ne le répétez pas, je vous avoue que la symphonie du nouveau monde de notre chef de COEUR Alain m’a bouleversée.
Mes Amis de Compostelle Cordoue, il me faudra toute une vie pour apprendre à aimer gratuitement et oser le demander, étudier et vivre, la Bonne nouvelle est pour ceux qui l’incarnent.
J’aimerai avoir ne serait-ce qu’un mot et surtout une photo de chacun de vous afin d’illustrer ce modeste récit moi qui suis un piètre débutant.
Saint François apprends-moi la Joie et apprend Nous pour ceux qui le veulent…
Olivier
3- Témoignages de marcheurs
23 adultes et une troupe de Scouts Musulmans de France ont parcouru la route. Ils témoignent.
Bonjour à tous,
le temps est venu pour moi de vous faire un retour concernant la belle semaine que j'ai passée à cheminer avec vous.
Comme je le disais en confiante sincérité lors de notre réunion du premier soir à Théoule, la marche pour moi n'est pas une passion, ni non plus une activité recherchée.
Mais ayant terminé mon propos ce soir là en disant que l'important pour moi n'était pas la marche mais plutôt avec qui je marchais, je vous affirme aujourd'hui que mon opinion n'a pas changé si ce n'est qu'elle s'est renforcée.
En effet mes douleurs récurrentes au genou ne m'ont apporté aucun plaisir à l'exercice de la marche mais votre compagnie fut un réconfort dans l'effort et une joyeuse, amicale et fraternelle présence partagée.
Je vous en remercie et je témoigne de nouveau du plaisir que j'ai eu à cheminer avec chacun d'entre vous.
Nous avons dialogué (quel bel objectif !!), philosophé, disserté, poétisé, prié et/ou spiritualisé et bien sur beaucoup chanté, peut-être trop. J'espère n'avoir pas trop imposé à vos oreilles ces moments de chants alors que certains, ce que je comprend, sont plus enclins à la méditation et à l'accueil du silence. Si tel était le cas, j'en suis désolé et vous prie de m'excuser de ces excès intempestifs de vocalises.
Le programme de cette semaine était riche, divers et très intéressant. Enrichissant souvent, émouvant parfois, je suis heureux d'avoir vécu ces moments avec vous et j'en garderai un souvenir inaltérable.
Au delà de nos horizons géographiques différents, de nos convictions ou origines différentes, de nos vécus différents, nous avons ensemble dans cette semaine interconvictionnelle et intergénérationnelle vécu de vrais moments de fraternité ..... Bien sûr le programme fut dense et les horaires serrés parfois durs à tenir avec la problématique des multiples rotations de bus. Bien sûr tout ne coula pas de source, tout ne fut pas lisse mais trouvant le "prévisible irréfuté" d'un mortel ennui, je pense que les accrocs sont des aspérités qui donnent tout son sens à la valeur du dialogue et de l'accueil de l'autre. Oui car en marchant sur un chemin réel, qu'on retrouve sur les cartes, nous avons surtout marché sur le chemin de la fraternité, Le GR (Génial Rassemblement) 2021 de Compostelle-Cordoue !!
Concernant la création de supports vidéos, clips, petits films (avec vidéos et photos), je suis prêt à apporter mes quelques compétences au sein d'un groupe de travail que piloterait éventuellement notre formidable responsable de communication, la toujours joyeuse Morice.
En souvenir de nos chants, j'ai décidé le 11 Novembre, jour de commémoration en France de la fin de la première guerre mondiale, d'écrire sur l'air de "La Chasse aux papillons" de Georges Brassens (que nous avons beaucoup chanté) une petite chanson que je partage avec vous ici sur Youtube.
Il me tarde de vous retrouver.
Je vous embrasse Fraternellement
Stéphane
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Merci frère Stéphane pour ton très amical (et fraternel) message,
Je n'ai pas trouvé le temps d'écrire ce que m'a apporté cette marche, mais je me retrouve profonfément dans nombre de tes propos. Je me suis contenté d'un compte-rendu, trop plat à mon gout, pour la lettre de D&S :
D&S dont Compostelle Cordoue est un partenaire, et lettre dont vous devez normalement être désormais être destinataires (je mets notre secrétaire Marie-Charlotte en copie à cet effet) ; compte-rendu que j'ai publié en attendant sur mon blog : voir la publication.
En lisant ton message, je me dis que j'aurais dû insister davantage sur la dimension fraternelle de cette déambulation. J'aurais aimé dire mieux l'importance pour moi de la présence des scouts musulmans : tu m'as fait au passage renouer avec mes engagements scouts. Bravo pour ton engagement dans la branche musulmane du mouvement que j'ai croisé dans ma vie professionnelle antérieure : son dynamisme m'a "réchauffé le cœur" comme aurait dit Brassens. J'ai aussi pris beaucoup de plaisir à chanter avec toi (et avec Olivier) : la prochaine fois je prends ma guitare ! J'ai bien aimé ton détournement de la chasse aux papillons pour le 11 novembre, que le même Brassens n'aurait pas renié. On aurait dû prolonger la marche jusqu'à Sète ....
Merci aussi à Compostelle Cordoue de m'avoir donné l'occasion de rencontrer le Cheikh Bentounès et sa fille Sophie, que je mets aussi en copie pour les remercier (et les intégrer aussi dans notre fichier s'ils n'y sont pas déjà)
Fraternellement
Daniel
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Bonjour
Merci pour cette vidéo et pour toutes les photos.
A mon tour, de vous faire le retour, jamais je n’aurais imaginé emmener cette patrouille au bout de cette marche et surtout qu'ils y adhérent.!!!
Merci à vous tous et toutes pour vos gestes, votre bienveillance, votre compassion pour ces jeunes qui sont si adorables et talentueux et qui débordent d énergie, parfois trop. Certains ont su profiter et grandir de cette expérience, d'autres ont besoin de plus de temps, mais tous et toutes ont apprécié leur séjour, aimé vous rencontrer, discuter avec vous, échanger avec vous...
"Magique, drôle, douloureux, pénible, exaltant, apaisant, sensible, honnête, festif, joyeux, ensemble, magnifique, froid." voilà les mots qui sont ressortis chez les jeunes lors de leur retour. Et tous sont prêt à repartir !
Quant à moi, j ai apprécié d'être parmi vous, avec vous tous et toutes, j'ai adorée les rencontres et j'ai été très émue de pouvoir rencontrer, discuter, et échanger avec le Cheikh Khaled Bentounès ainsi que Sophie, quelle rencontre !!! Majestueuse, j'en ai encore les étoiles aux yeux.
Mais j'ai encore plus hâte de vous revoir tous et toutes, vous acteurs de paix, semeurs de joie et de sourires.
Merci à vous, Dominique et Roger pour nous avoir supporté, mention spéciale.
A très bientôt à vous tous et toutes,
Affectueusement,
Aida.
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Merci Aida pour ce témoignage qui nous touche !
Bravo pour avoir accompagné de main de maître et jusqu'au bout ta "patrouille"! Votre présence avec nous les presque "vieux" était une petite cure de jouvence énergisante et joyeuse ! C'est avec plaisir qu'on partagera une prochaine marche.!
Bien amicalement
Morice, Jean René et Leila
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Merci pour cette journée passée avec vous tous. Marcher, pour moi, me ressource physiquement et intérieurement. Cette marche m'a permis de vous retrouver avec joie et, cerise sur le gâteau, j'ai eu droit à de belles nouvelles rencontres. Dommage de n'avoir pas pu faire toute la semaine avec vous tous. Au plaisir de vous retrouver sur le chemin du partage fraternel et universel.
Salam, Shalom, Paix à toutes et tous.
Rania
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Avec un peu de retard je viens me joindre aux messages pour vous dire combien j'ai apprécié ces moments passés ensemble qui m'ont apporté une chaleur de cœur dont j'avais particulièrement besoin en cet instant.
Merci à tous pour vos échanges et un énorme bravo aux jeunes pour leur bel engagement et leur esprit de fraternité.
Et chapeau pour la classe des organisateurs !
Amitiés à tous
Jacques
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Cher·es compagnes et compagnons.
Au retour de cette marche mémorable, comme d’autres de Compostelle-Cordoue, je mesure le privilège que j’ai partagé avec vous. Je redoutais la fatigue mais grâce aux encouragements de Michel et de Roger j’ai fait le bon choix. Partager cette marche avec les jeunes scouts était à la fois une chance de découvrir et les cerises sur le gâteau.
Jusqu’alors la côte d’Azur m’évoquait de splendides rivages, des plages bondées et une région consacrée au tourisme. Les tables rondes à Cannes puis à Maria Mater et Nice m’ont fait découvrir une réalité bien différente. Quel bonheur de marcher avec vous amies et amis joyeux partageant des valeurs et un engagement pour la paix et le dialogue quelques soient nos appartenances et nos convictions philosophiques. C’est très rare !
Cher Stéphane, non, il n’y a pas eu trop de vocalises mais pas assez de sopranos.
Cette édition 2021 marquée par la densité des rencontres, tables rondes, exposés sur les sujets divers d’actualité en des lieux différents m’a, je dois avouer, un peu saturé la tête et au retour j’avais de la peine à synthétiser tout ça. Ça doit être un effet de l’âge…
Cette aventure multigénérationnelle et interconfessionnelle avec tous les aller-retour aux campings, les parcages difficiles, les demi-tours sur les giratoires provocants des embouteillages et avec au bout du chemin une vitre brisée n’auraient pas été possible sans notre «dream team» Dominique et Roger. Chapeau bas compagneros, vous nous avez conduits à bon port avec calme et une abnégation jusqu’à dormir dans la soute à bagages. Merci !!
J’avais eu des échos de la marche en Occitanie et des rencontres avec le soufisme. Je serai franc, je pensais, «c’est heureux mais c’est un peu facile, élitiste. Avec l’immigration due à la guerre au Moyen-Orient, c’est beaucoup plus compliqué, ils sont éloignés de nos valeurs et brutalisés par ce qu’ils ont vécu ou subi». J’ai vu et j’ai compris. L’engagement originel de Cheikh Bentounès et à sa suite de Stéphane et Aïda et d’autres offre une chance unique, précieuse à ces jeunes filles et garçons scouts, sortis d’ Empalot ou d’ailleurs. Sur le moment, accaparés par leur mobile, ils n’ont peut-être pas tous mesuré leur privilège mais des graines de paix et de respect ont été semées et elles lèveront, ils seront citoyennes et citoyens français. Leurs chants me trottent encore dans la tête, oui ce furent de beaux moments ensemble et en ce sens comme le disait lors du cercle de présentation, l’un des plus jeunes, «je suis venu pour aider les personnes âgées» mission accomplie ! Votre énergie et votre
spontanéité nous ont fait du bien.
J'ai vécu la prière du Vendredi comme un moment de grâce, avec émotion et gratitude, c’est probablement le vent de prophètes, celui que nous nommons l’Esprit qui a soufflé ce matin là.
A 81 ans j’ai fait ma première expérience des maisons de jeunesse, un hébergement fait pour nous. La maison Ste Catherine dans son splendide panorama , sa triple clientèle, touristes, aînés et cabossés de la vie est un partenariat social remarquable.
Maria Mater, découverte pour moi, l’engagement d’hommes et de femmes vouées à l’accueil et la spiritualité dans un climat apaisant nous a très bien reçus.
Enfin, le chemin, portion de la via Aurélia, GR et chemin de Compostelle n’était pas le plus beau des itinéraires, la prolifération de constructions dans ce massif dégrade un peu trop les forêts mais grâce à notre car, nous en avons tiré la meilleure part.
Je me réjouis encore des rencontres, d’avoir découvert de nouveaux amies et des échanges avec chacun. Dans les moments de faiblesse, il y a eu canne providentielle, pommade miraculeuse et auscultation avisée . Merci à toutes et tous, je repartirai volontiers avec vous. Bonne route.
Jean-Pierre
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« C’est l’espérance folle . » !! Guy Béart
Notre autobus est rentré à Toulouse. Il se repose, médite et peut être chante dans son moteur cette chanson de Guy Béart : « c’est l’espérance folle qui nous console de tomber du nid et qui demain prépare pour nos guitares d’autres harmonies !!! viens c’est la fête , viens... ». Ils sont venus.
Notre autobus, dans son garage, a froid au cœur. Il se console des actualités, des horizons qui nous rejoignent tous depuis le retour de notre aventure : « la Cop 26 à Glasgow, les migrants ..perdus partout, les tensions extrêmes » .
Il se console en pensant à son voyage avec nous Cannes_Nice. C’est l’espérance folle !
Mais oui se dit il : « c’est bien pour parler des Migrants, des attentats et du climat que je les ai conduits avec leur chauffeur préféré et son co pilote ». Cette chanson c’était bien eux.
Des vieux et des jeunes ils étaient …..avec moi et tous ensemble courageux et forts d’être ensemble.
L’esprit de Compostelle était là : prendre le minimum pour la route et croire au maximum. Tout est là. J’ai roulé avec eux, l’impossible nous avons fait ensemble pour marcher- dialoguer – comprendre.
Nous avons été heureux de ces rencontres, celle autour d une table ronde à Nice en présence des responsables de communauté religieuses qui frayent un chemin d’humanité ensemble .
Ils étaient présents, jeunes et vieux pour la commémoration des violences dans la Basilique Notre Dame à Nice. Le calendrier s’était mis à l’heure de leur rendez vous et ils étaient là.
C’était leur place, ensemble avec ces jeunes scouts musulmans de Toulouse et leur drapeaux. Ils étaient là, peut être dépassés et innocents de ce drame. C’était tellement important qu’ils soient là pour la compassion et le partage avec cette ville. Plus important que les discours officiels. Tous naïfs peut être devant ces problèmes gigantesques et courageux grâce à cette force qu’ ils avaient en étant ensemble.
Et ils ont chanté, rencontré et compris. Je crois qu’ils ont aimé et consolé.
Merci du voyage et continuez à chanter.
Nanou
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Globalement, j’en garde le souvenir d’une expérience pas toujours facile mais très riche, au coeur de nos objectifs
(Dans l’ordre chronologique) :
- La beauté du paysage depuis la terrasse de Saint Camille
- La marche sur la plage vers Cannes, à contre-courant des marathoniens
- L’ambiance fraternelle et festive du festival VEAC
- Le magnifique sentier le long de la rivière le premier après-midi de marche
- Le regard lumineux de Florence à Maria Mater
- Le message et le sourire du Cheikh Bentounès
- L’ambiance sereine et la discussion franche avec les moines sur l’ile Saint Honorat
- La super acoustique pour nos chants dans la chapelle Matisse
- Rayan qui propose à madame Christiane de lui porter son sac
- La compassion collective quand la porte du bus s’est brisée
- La participation à la prière musulmane du vendredi et l’échange qui a suivi
- L’aura qui entourait notre groupe de scouts dans la cathédrale
- L’hommage à Dominique et Roger avec le chant et le super dessin du bus
- La qualité de parole et d’écoute lors de la réunion sur les attentats
- La participation naturelle de toutes et de tous lors du cercle final sous l’animation de Stéphane (pour un coup d’essai, un coup de maître)
Michel
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Je tenais à vous faire parvenir mes impressions de notre marche "Cannes et Nice" en
octobre 2021, car, je l'avais dit à certains, ce voyage fut pour moi la révélation que
j'avais retrouvé mon énergie d'avant ma maladie.
Ce fut un tournant pour moi d'avoir pris conscience que je pouvais à nouveau participer à une vie sociale de qualité.
Certes, pour moi, la guérison ne sera jamais complète, mais les séquelles qui me restent ne sont plus un obstacle majeur, mais un état que je dois apprendre à maîtriser. Car, j'étais partie avec quelques appréhensions. Vais-je supporter l'épreuve de la marche, la précarité de certains gîtes, la longueur des trajets ? Avec l'aide du groupe des marcheurs, j'avais pu confier mes craintes lors d'une discussion. J'ai senti par les petits mots d'encouragement de votre part que cela avait été pris en compte.
Pendant les marches certains scouts s'approchaient de moi : Madame ça va? Toutes ces petites attentions m'ont permis de me rassurer et de vivre pleinement cette semaine. Une étape dont je retire encore les bénéfices aujourd'hui.
Toutes les rencontres et tables rondes organisées dans le cadre de ce voyage m'ont enrichies, particulièrement celle à Nice organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’ Egidio) sur le thème de la violence. L'un des participant, Avner SOUDY, président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice, par la largesse de ses propos et son ouverture au dialogue a élargi ma vision du judaïsme. Nous sommes en recherche, nous a-t-il dit. J'ai senti avec force qu'un terrain d' entente entre juif et chrétien était possible.
Une autre rencontre m'a profondément touchée, celle à Nice organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration avec des responsables de - La Pastorale des migrants, - Roya-citoyens, - Welcome, - SOS Méditerranée . Il émanait de ces hommes au services des migrants une énergie communicative. Leurs vibrants témoignages nous ont plongé dans la rude réalité de ces migrants confrontés à la souffrance, à l'épuisement et à la bureaucratie. On sentait aussi la détermination de cette équipe soudée à vouloir bousculer les règles, voire la loi, en prenant des risques qu'ils semblaient tout à fait assumer.
J'ai aussi apprécié la rencontre au foyer de la Charité Maria Mater à Rochefort-les-Pins avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA : thème comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté ? Et sa sauvegarde? Et cela m'amène à relater ma stupéfaction d'avoir retrouvé cet arrière pays de Cannes et Nice complètement défiguré par la civilisation galopante et par la promotion du tourisme à outrance, provoquant un bétonnage incontrôlé et donc j'avais envie de relever le courage de ces personnes engagées qui, à contre courant du bétonnage et des politiques, essayent de sauver et faire valoir le patrimoine des voies historiques, entre autres les chemins de St Jacques de Compostelle, qui faisaient autrefois la richesse de ce pays. Ces chemins sont pour beaucoup coupés par une voie routière express et inesthétique et le plus souvent on fait fit des revendications du voisinage. Les hérissons sont mieux lotis que les pèlerins. Pas de tunnel pour les marcheurs, mais de longs détours entre du bétonnage, ce que nous avons souvent vécus pendant cette marche.
Lors de notre participation à la cérémonie de commémoration de l'attentat à la Basilique à Nice, j'ai rencontré dans celle-ci une femme d'un certain âge qui m'a dit y venir à chaque fois car pour elle c'était remercier le Seigneur de l'avoir préservée. En effet le jour de l'attentat, contrairement à son habitude elle avait été en retard et donc était restée bloquée dehors car l'attentat venait de se faire. Si j'avais été à l'heure et à l'intérieur je serais peut-être morte. Cette plongée dans une réalité vécue m'a touchée. Une autre triste et inadmissible réalité, celle de certains membres de l'extrême droite qui ont refusé pendant cette messe de commémoration le geste de paix que les scouts musulmans leur adressaient. Un dur constat qu'on est bien obligé de prendre en compte et mettre en parallèle avec nos espérances de fraternité, de dialogues et de paix. Et donc, j'ai d'autant plus apprécié le moment où les scouts nous ont invité à prendre part à leur grande prière. Ils ont bien mérités ce moment, car l'autorisation de l'organiser était indispensable… Imaginer une prière musulmane dans un parc prestigieux de Nice. Il a fallu du temps et quelques sueurs froides pour obtenir l'autorisation, pour recevoir les instructions pour trouver l'entrée permettant à notre bus d'y pénétrer et puis à la dernière minute, alors qu'on était enfin arrivé, de trouver comment ouvrir le verrou de sécurité de la barrière. J'ai admiré le calme, peut être relatif, avec lequel nos organisateurs ont géré ce problème d'emplacement.
Une longue promenade dans ce beau parc nous a permis de nous détendre. Il faisait beau et nous sommes entrés en prière avec nos scouts musulmans avec une sérénité retrouvée. La discussion libre après la prière fut très riche. Surtout de la part des scouts dont on a senti le besoin de s'exprimer sur ce sujet de la prière. J'ai ressenti que nous nous sommes rejoints, toute confession confondue, dans ce besoin universel de prier, de crier notre peur, notre colère ou notre espérance et d'éprouver que quelqu'un nous écoute. Le moyen de mettre en scène l'au-delà, une transcendance qui nous uni et nous réconforte.
En conclusion je n'ai pas trouvé de quoi formuler d'autres critiques concernant ce voyage, sinon mon souhait si nous devions voyager à nouveau avec des scouts d'inviter aussi des scouts de France ou de Suisse. Cette mixité donnerait l'occasion pour eux de mieux se connaître et serait favorables aux échanges entres eux. On pourrait aussi regretter les retards et ses inconvénients dans les trajets mais ceux-ci ne peuvent en aucun cas être imputés aux deux chauffeurs du bus, mais bien comme déjà mentionné, au bétonnage à outrance de cet arrière pays qui modifie les itinéraires sans qu'ils soient déjà mentionnés dans les GPS et les cartes routières et qui provoquent des bouchons sur les routes pires qu'à Genève. Qui l'eut cru. Et je ne peux que féliciter Roger et son complice de chauffeur Dominique. Ayant été souvent assise à l'avant du bus, j'ai pu les observer et entendre les multiples échanges au téléphone pour trouver leur chemin. A eux deux à mon avis, ils ont contourné les multiples imprévus avec brio et une habilité hors du commun, et avec de l'humour de surcroît. Merci à vous deux.
Par conséquent, pour moi, cette marche fut une réussite et elle restera dans ma mémoire comme un moment de vie et d'émotions pleinement partagés
Mireille
4- Une symphonie du Nouveau Monde
Marcher pour refaire société
Imaginer une colonne s’étirant au fil de 60 km de marche, composée de 20 adultes entre 40 et 78 ans, de diverses croyances, et 11 jeunes scouts musulmans. Ils rient, chantent à la joie d’être ensemble, rechignant parfois devant l’effort ou des cailloux sur lesquels ils s’encoublent. La colonne veut relier Cannes, la ville de la marche annuelle du Vivre ensemble, à Nice, la ville d’un récent martyre. Durant 6 jours, dormant sous tente ou dans des gîtes de rencontre.
Tous ces marcheurs se sont retrouvés pour marcher-dialoguer-comprendre. C’est la devise de l’association Compostelle-Cordoue qui, en partenariat avec Vivre Ensemble à Cannes, a mis sur pieds ce pèlerinage intergénérationnel et interconvictionnel.
Marcher, dialoguer, c’est le lot de beaucoup de gens. Mais comprendre ? Et d’abord comprendre quoi ? Trois thèmes majeurs ont alimenté nos échanges. La planète qui bascule inexorablement vers le réchauffement climatique. Les colonnes de réfugiés qui, aux quatre coins du monde, se heurtent aux barbelés ou à la mer de tous les dangers. La violence endogène qui pousse des humains à en tuer d’autres, emportés par leurs idées dominatrices. Trois thèmes d’une actualité criante, qui touchent autant les jeunes que les séniors et qu’il nous faut affronter avec discernement et espérance. Trois thèmes dont les villes de Cannes et de Nice sont, à divers titres, des emblèmes.
Alors, la magie de la marche opère et ouvre les esprits et les cœurs. Une certaine « bienveillance » s’est répandue dans le groupe tout entier, sans qu’on sache d’où elle est venue. Chacun est attentif à l’autre et l’entraide entre les séniors et les jeunes scouts fait merveille. Aux étapes, nos rencontres successives avec des acteurs locaux engagés dans l’un ou l’autre des trois thèmes, se sont révélées d’une extraordinaire richesse. Sans doute par l’étonnant pouvoir de questionnement que des « visiteurs » déclenchent chez leurs « hôtes ». Comme, loin dans le temps, trois anges visitant Abraham et sa famille ont ouvert le monde aux questions essentielles. Car les pèlerins, en marchant, s’interrogent eux-mêmes au plus profond. C’est cette altérité partagée dans l’intimité de la marche qui contribue à fonder un vivre ensemble aux dimensions plus larges, dans les quartiers, les villes, les régions, les pays, jusqu’aux dimensions de la planète. Et par leur esprit libéré du poids de corps, ces pèlerins d’un nouveau monde ont pu, lors des diverses tables rondes organisées en fin d’étape, inviter chacun à s’ouvrir au partage d’une réflexion cruciale pour demain.
Ainsi, avons-nous eu l’impression, durant cette semaine où l’espace et le temps nous sont apparus sans limite, que nos pas avaient inscrit dans le sol, les notes de musique d’une nouvelle « symphonie du Nouveau Monde ». Un nouveau monde qui ne voudra pas contempler ses découvertes dans son propre miroir et réduire le travail de l’autre à la satisfaction de ses propres besoins. Mais un nouveau monde qui, main dans la main avec l’inconnu enfin reconnu comme son semblable, construira des villes, des quartiers, des familles, des forêts, des montagnes, où le respect, la bienveillance, la vitalité, le partage, l’amitié, seront les maîtres mots.
Alain Simonin et toute l’équipe des marcheurs de
Genève, Paris, Toulouse, Montpellier, Cannes, Nice - novembre 2021
5- Scribe du Cercle de conversation du 30 octobre 2021
Animateur : Stéphane Garros
Scribe : Sylvie Vincienne
A Compostelle Cordoue un "cercle de dialogue" (ou "cercle de conversation") est toujours organisé à la fin d'une marche. Les marcheur.es sont rassembles en un cercle, chacun·e assis sur sa chaise. L'animateur placé au centre du cercle demande à un·e marcheur·e de venir le rejoindre en prenant sa chaise. L'animateur évoque une séquence d'un échange durant la marche qui l'a particulièrement frappé. L'invité développe alors son vécu particulier. Les marcheurs à l'extérieur du cercle écoutent attentivement et si le propos d'un conversant fait, chez l'un d'entre eux, écho à sa propre expérience de marcheur·e, elle-il prend sa chaise et rejoint le cercle des conversant·es au centre. Ainsi se développe durant une heure, au travers des diverses interventions des participants ayant rejoint l'animateur, le récit singulier d'une expérience commune de marcheur·es. Un témoin resté à l'extérieure durant tout le récit (le scribe), tente de capter subjectivement les lignes de force du récit collectif et note sur un papier, des extraits anonymisés et des mots-clés (ou des thèmes), pour en faire, après 5 min de pause destinée à rassembler ses notes, la lecture à tout le groupe des marcheurs. La richesse de ce récit collectif rend ainsi hommage à la richesse des vécus de chaque marcheur·e.
Une précision paraît nécessaire, ce qui suit n’est pas le compte rendu de toute la marche et des rencontres vécues mais un compte-rendu du cercle de dialogue tenu la veille du retour.
Le cercle a lieu le samedi soir après une semaine vécue ensemble, nous sommes 23 séniors et 11 scouts. Nous sommes reçus par le père Philippe Jansen qui est invité à rester dans le cercle. Ce cercle va durer une heure.
Alain Simonin présente le cercle et ses règles, qu’il invite à consulter.
Stéphane Garros ouvre le cercle qui résonne très rapidement aux cœurs des participants qui se présentent en un flux assez continu, abordant une gamme variée de sujets vécus de façon très positive.
En tant que scribe je suis frappée par la répétition tout au long du cercle de certains mots employés pour traduire les expériences vécues :
Le temps :
- Pour parler de l’évolution des personnes constatée dans le temps
- de la continuité qui nécessite de l’énergie à déployer
- de la répétition de l’inattendu au long du parcours
- du chemin dont on découvre qu’il est le but une fois qu’il est
parcouru
- du moment qui permet de renouer avec l’engagement scout
- Pour décrire des moments forts, chargés en émotion, « en dehors du temps »
- Pour insister sur le temps de surprise, sur la persévérance nécessaire dans le
temps,
- sur le fait que le temps ne s’arrête pas
Le regard :
- Le regard lumineux de la personne qui nous accueille à Maria Mater et qui est en lui-même
un plaisir
- Les « yeux qui parlent » et qui avec l’attitude en disent déjà long sans un mot.
- La réceptivité à partir du regard
- Le constat que nous avons appris à nous regarder, nous reconnaître.
Le physique :
- Le sentiment de rajeunir
- La rencontre « en présence », le fait « d’être là » qui renforce le lien
- Le manque de la présence des scouts de France qui devient un cadeau quand il est ressenti comme manque
- La présence des uns aux autres dans l’épisode de la manœuvre du bus
- L’aide apportée par un scout pour porter un sac au bon moment
- Le massage qui détend les muscles mis à mal
- « On a voulu m’aider et j’ai retrouvé ma forme »
Le Chant :
- Il a été omniprésent pendant le séjour.
- Fédérateur
- Imprévu comme tel
- Entraînant
- Vécu avec un effet chorale, chacun rejoignant comme il pouvait, avec la mélodie quand les paroles n’étaient pas comprises, avec plusieurs voix quand cela était possible…
- Il a contribué à nous faire vivre des moments forts dans la joie de se retrouver autour d’un café et de chanter Brassens, dans la reprise ensemble de chants scouts qui nous mettaient en communion comme « un corps à 64 pattes », dans le respect attentif à l’écoute de la prière chantée.
En reprenant les interventions des uns et des autres nous pouvons dire que nous avons vécu une marche qui nous a fait vivre des émotions fortes parce que nous avons déjà accepté d’être physiquement là, ensemble. Nous nous sommes regardés,
tels que nous sommes. Nous n’étions pas dans le paraître et nous avons rencontré la lumière dans le regard de l’autre, accueilli la surprise dans les yeux qui parlent à nos cœurs. Les chants partagés nous ont porté, ils ont traversé ce que l’on a vécu.
Plusieurs d’entre nous ont exprimé que cette marche avait été une étape dans la découverte de soi : « Je suis fière de moi » ; « je suis devenue légère » ; « je suis devenu une autre personne du fait de la charge reçue ». Découverte a été faite aussi de notre propre réceptivité à partir du regard, de « rien » pour obtenir « le meilleur », nous avons appris à nous reconnaître.
L’écoute, enfin, se parler en résonance agit sur notre qualité d’écoute : « ce que vous avez dit, cela m’a fait réagir ». Oser dire et la voix détend.
Nous avons monté bien des côtes et descendu bien des pentes et nous avons senti un crescendo au fil de la semaine, avec une intensification vécue après le temps de prière et le moment spirituel qui a suivi.
Nous disons « marcher-dialoguer-comprendre » et nous comprenons à quel point « ce n’est pas seul que l’on témoigne ».
Sylvie Vincienne
6- Marcher et dialoguer pour comprendre un monde à venir
Dialoguer avec son voisin en marchant d’une ville à l’autre, dans des sous-bois ou sur des chemins de traverse, ouvre le cœur et l’esprit. Cette mise en condition nous a permis d’aborder sous les meilleurs auspices, des thèmes d’échange et de réflexion aussi cruciaux pour notre monde à venir, que le climat, la violence et la migration. « Il n’y a pas de mouvement intellectuel valable que là où la langue dit ce qu’on a dans le cœur et où le cœur tient parole », nous dit Louis Massignon, dont nous avions célébré l’ouverture d’esprit lors de notre marche du pèlerinage islamo-chrétien des Sept dormants, en Bretagne à l’ automne 2018.
Agir pour le climat
A Cannes, après avoir marché sur la Croisette pour célébrer les 10 ans du Vivre ensemble, avec tous les représentants des communautés de croyances et de convictions qui en sont membres, nous avons, dans divers ateliers, aborder la question du climat. Notamment avec le père Vladimir, Père abbé de l’Abbaye de Lerins, qui nous a surpris par des propos qu’on aurait plutôt mis dans la bouche d’un chef d’entreprise : les prieurs s’efforcent en effet de cultiver leurs 8 hectares de vignoble, de manière la plus respectueuse possible de l’environnement et dans un esprit de fraternité. Leur emblème : « une île, des frères, un grand vin ». Des propos revigorants !
Affronter la violence
A Nice, ville martyre depuis les événements de 2016 et 2020, nous nous sommes confrontés tout un matin, à l’extrême violence que des humains sont capables de s’infliger les uns aux autres, pour célébrer, prétendent-ils, l’image d’un Dieu exclusif et vengeur. Plusieurs intervenants nous ont tenus en haleine, pourrait-on dire, en nous faisant pénétrer au cœur de cette tragédie : Comment ont-ils pu vivre « l’après » ? Comment retrouver notre humanité après des gestes d’une telle folie meurtrière ? Et pourtant, oui, cela a eu lieu dans cette ville, comme dans d’autres dans le monde. Nous devons, nous ont dit nos invités, dépasser l’émotionnel pour tenter de comprendre. Mais comprendre quoi ? San doute ce cruel paradoxe que là où il y a de l’humanité, il y a de la violence ! Mais aussi tenir coûte que coûte à nos valeurs de fraternité et d’amour, retrouver notre désir d’alliance, vivre ensemble ce qui est bon pour l’Homme. Notre association, par sa capacité de convier la parole de chacun à l’hospitalité pour tous, a pu ce matin là offrir à cinq leaders communautaires juifs, chrétiens et musulmans de grandes qualité humaines et spirituelles, un espace de dialogue qui nous a profondément enrichis, jeunes et moins jeunes réunis ce matin là.
Philippe Janssen de la communauté de Sant’Egidio, le chanoine Philippe Asso, l’imam Sadouni, Avner Soudy, président des amitiés judéo-chrétiennes, et le curé Franklin Parnentier de la basilique Notre Dame, ont ainsi été « des nôtres » et ont vivifié notre espoir et notre engagement. « Nous devons entrer en résistance et non en résilience » ! La présence de nos 14 marcheurs scouts musulmans dans la basilique de Nice au soir de la cérémonie du souvenir de l’assassinat de trois paroissiens par
terroriste tunisien fut un témoignage poignant de notre volonté de solidarité partagée.
Se mobiliser pour les migrants
L’après-midi nous a mis en présence de militants fortement engagés dans l’accueil des migrants. La vallée de la Roya, près de Nice étant un lieu de passage des migrants fuyant la pauvreté et l’insécurité de leur pays : Soudan, Libye, Guinée, Tunisie,
Afghanistan. Les habitants de cette vallée, pourtant si durement touchés par les pluies torrentielles d’octobre 2020, se sont mobilisés dès 2016 pour accueillir les migrants toujours plus nombreux à rentrer en France par cette vallée qui jouxte l’Italie. L’association Roya Citoyenne organise les secours de première urgence, l’accueil et la prise en charge matériel des migrants, le soutien juridique, le soutien aux associations d’hébergement. Elle dénonce aussi des politiques trop répressives et formule des propositions pour une politique plus humaine. Philippe Collet de la Pastorale des migrants, anime notre rencontre avec des responsables de l’association Roya-Citoyenne, de SOS Méditerranée et de l’association Welcome, créée par des jésuites. Ils nous ont montré que même si la migration est un problème très complexe dont les multiples facettes nous déroutent et nous placent souvent dans l’impuissance, la pratique de l’accueil et le soutien aux migrants de tous pays sont un enrichissement mutuel. Se laisser toucher et interpeller par un humain en situation de précarité et de souffrance. Il a aussi été question de droit international et « dignité partagée ». Plus concrètement d’outils, par exemple pour aider un migrant à se présenter à un poste de travail (kit de présentation). Nous avons été touché par tous ces témoignage qui montrent la fantastique mobilisation des acteurs locaux, notamment dans les paroisses. « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité » !
Vivre ensemble dans la diversité
Les gîtes où nous avons séjourné furent aussi des occasions de rencontres d’une grande richesse.
A la Villa Sainte Camille tout près de Cannes, on croise au petit déjeuner, des vacanciers, des personnes âgées et des personnes dans la précarité : chacun se salue, des contacts se nouent. Une manière de lutter contre la violence de l’exclusion,
remplacée ici par une bienveillance partagée. Une brochure raconte cette épopée née en 1946. Son titre dit tout : « Guide de l’entrepreneur social innovant ». Notre marche était d’emblée sur de bons rails.
Deux jours plus tard, nous résidions pour deux nuits au Foyer de la Charité Maria Mater à Roquefort-les-pins, dans un cadre enchanteur, au cœur d’une forêt de pins à mi-chemin entre Cannes et Nice. Florence, la directrice de ce Foyer nous a touché par
son accueil, son infinie simplicité, nourrie par une foi bien vivante. Fondés en 1936 sous l’impulsion de Marthe Robin et de l’abbé Finet, il existe aujourd’hui 74 de ces Foyers sur 4 continents. Dans chaque Foyer de Charité vit une communauté d’hommes et de femmes, réunis avec un prêtre « Père du Foyer ». Célibataires ou mariés, les membres des Foyers partagent une vie simple et fraternelle. Ils mettent en commun leurs biens et leurs compétences pour faire du Foyer un lieu propice au ressourcement spirituel de leurs contemporains. Un soir, le cheikh Bentounes, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya, nous a brièvement retracé la création sous son impulsion, il y 30 ans en pleine guerre du Golf, des Scouts musulmans de France.
« Dans le contexte de large ignorance et de consommation de masse que nous vivons, ne faut-il pas mettre l’accent sur l’éducation des jeunes, pour que la paix soit au cœur de la cité », a-t-il lancé ? « Le terrorisme est né d’une mauvaise connaissance des premiers temps de l’Islam ».
Notre halte de trois nuits au Foyer Maria Mater nous a touché par l’accueil bienveillant de ses hôtes et la douceur du lieu, propice au recueillement et à la restauration de la personne : pendant notre séjour, un groupe de femmes violées s’étaient rassemblées pour se remettre sur le chemin de la vie. Nous avons respecté avec émotion leur silence.
Enfin, nos deux nuits à l’Auberge de jeunesse de Nice, nous ont mis en contact avec des jeunes de tous les pays et aussi avec des personnes de la marge qui sont toujours des rencontres d’exception.
A l’interne, notre groupe de marcheurs intergénérationnel, lors des pique-niques de la mi-journée ou des repas du soir, nous a permis de vivre au cœur de la diversité prônée par Compostelle-Cordoue. Quel joie et étonnement partagés lors de discussion parfois animée où l’on apprivoise la différence et l’on s’étonne de s’être compris : sourires sur les visages, alors ! Émotion aussi, lorsque nous avons, dans un parc de Nice, participé à la grande prière à laquelle les jeunes musulmans nous avaient invités, tout leur corps incliné vers la nature, parce qu’elle n’a pas de visage et vient, elle aussi, de notre Dieu commun. Convergence dans la diversité …
Au dernier jour de notre marche, les larmes coulaient sur les visages mais l’amitié s’est installée dans nos cœurs … pour longtemps, c’est sûr !
Alain