Nos marches
Marches

Nous vous proposons de partager notre expérience.
Nos marches de 2010 à aujourd'hui
2026 - Marche dans les Vosges du Nord : thème l'Europe
2025 - Marche à Calais : thème découverte du Parc naturel des Caps et Marais, les Migrants
2024 - Marche en Ariège : thème la montagne
2023 - Marche dans le Livradois Forez : thème la Forêt
2022 - Marche dans le Vercors : thème la Résistance
2021- Marche Cannes -Nice précédée de la fête des 10 ans de Vivre Ensemble A Cannes
2020 - Pas de marche pour cause de Covid 19
2019 - Marche en Occitanie de Montauban à En Calcat.
2018 - Marche en Bretagne de Tréguier à Vieux Marché - Les 7 dormants d'Ephèse.
2017 - Marche de Macon - Cluny à la communauté des frères de Taizé, de la réconciliation à la guérison.
2016 - Marche en Palestine, sur le chemin d'Abraham et Jérusalem. Marche Orient Occident de Brigue à Sierre en Valais, sur le thème de l'intégrité
2015 - Marche et rencontres en Bosnie de Nezuk à Srebrenica.
2014 - Marche de Flüeli-Ranft à Berne pour porter un message de paix de saint Nicolas de Flüe, actualisé par le cheikh Bentounès - visite du Liban
2013 - Marche de Saint-Maurice à Sierres avec Reconstruire Ensemble avant la rencontre de Château Mercier - Marche de Riéti à Assise.
2012 - Marche en Valais - rassemblement à Cordoue : Marche de Ronda à Moulay Abdessalam.
2011 - Marche exploratoire vers Moulay Abdessalem.
2010 - De Compostelle et Mérida à Cordoue.
- Marches
Quel Bilan après la marche dans le Vercors (6 au 13 août 2022) ?
Notre association a donc tenu sa marche annuelle autour de Léoncel, dans le Vercors, marche agrémentée de rencontres et de visites (voir le «programme réalisé » établi par Jean-René).
L’édition 2022 faisait l’objet de plusieurs nouveautés importantes et d’abord ce ne fut pas une marche itinérante mais des marches en étoile autour de Léoncel ; la marche itinérante 2021 dans les Alpes maritimes avec les navettes éprouvantes de bus avait laissé des traces dans les esprits. Mais on aurait pu craindre de perdre « l’idée de progression collective » et que notre devise « marcher dialoguer comprendre » s’y retrouve moins.
Il n’en fut rien, la « progression collective » se faisant plus sur le thème de la marche (cf ci-après) que sur les sentiers.
Il faut dire que le hameau de Léoncel est tout-à-fait charmant : à 920 m d’altitude (fraicheur garantie), un calme bucolique, une abbaye romane toujours ouverte, des hébergements de qualité, un bar restaurant, une salle de réunion, une laiterie… et une poignée d’habitants faisant vivre ce lieu dans une harmonie étonnante ; le deuxième « port d’attache « La vacherie » où logeaient une partie du groupe et les scouts, tout aussi champêtre, avec une route toute droite de 4kms entre les deux sans circulation (un jeu d’enfants pour Totocar).
Et puis, tout autour, des superbes ballades dans les prairies et bosquets surplombés par de belles falaises calcaires… sans oublier « le canyon des Gueulards » que le groupe parcourut sans coup férir.
La deuxième grande innovation fut le thème général de la marche : « La résistance ». Evidemment on ne pouvait pas faire moins dans le Vercors. Mais comment passer de l’évocation douloureuse du maquis du Vercors (1942-1944) réprimé dans le sang, aux questions qui secouent notre monde actuel : bien sûr la guerre en Ukraine (et en Palestine), mais aussi les forces négatives qui conduisent nos sociétés dans le mur : l’individualisme, la sur consommation, le non-respect de la nature et du climat…
Eh bien, nous avons su passer, plus facilement que prévu, du traumatisme du maquis de Vercors à la course incontrôlée de nos sociétés actuelles.
Nous le devons d’abord à Jacqueline, la maire de Léoncel, qui nous a décrit comment vivaient actuellement les habitants de Léoncel : de la solidarité, un mode de vie sobre et en harmonie avec la nature ; elle a répondu simplement et concrètement à toutes les questions des jeunes et des moins jeunes ; nous avons pu passer ainsi de la notion de « résistance » à celle d’ « actions pour un monde meilleur », plus fraternel, plus écolo, s’appuyant sur des valeurs profondes ; Un travail par petits groupes a permis de concrétiser des propositions.
Enfin, il y a eu LA JOIE, autant et peut-être plus que les années précédentes : un groupe de chanteurs+ musiciens se retrouve désormais avec ferveur ; notre groupe s’élargit à de nombreuses têtes nouvelles, facteur favorable pour la pérennité de notre association ; les relations avec les scouts toujours aussi rafraichissantes (« Je me souviendrai de ce séjour jusqu’à ma mort ! »).
Les réunions toujours aussi bien animées par maitre Alain.
Oui 2022 fut un grand cru ; un merci particulier aux organisateurs (particulièrement Jean-René, Morice, Roger).
Vous trouverez bientôt sur notre site les impressions des uns et des autres.
Et tournons-nous désormais vers 2023 où de nouvelles belles et fraternelles aventures nous attendent,
Votre président,
Michel Rouffet
- Rencontres et visites durant notre marche avec les intervenants de Léoncel
Madame la Maire Jacqueline Charve, Yves Chauché et Denis Hyenne
L'église orthodoxe Saint Antoine Le Grand
Le mémorial de la résistance Vassieux en Vercors
Le musée départemental de la Résistance du Vercors
- Nos hébergements
Gite d'étape La colo de Chaffal
- Restaurants de Leoncel
- Marches
Notre marche annuelle en 2022 est prévue à Léoncel dans la Drome
Le Vercors, la Résistance
Du 6 au 13 août 2022
Présentation faite par jean-René Brunetière, secrétaire général de l'association, à radio Notre dame
Marie Leila Coussa, journaliste à Radio Notre Dame, a interviewé Jean René Brunetière pour l’émission "L’Âme des lieux" : "la marche de la résistance dans le Vercors » (20 mn).
Cette émission diffusée le 28 juillet est à re-écouter ici
Lire aussi l'article que Saphirnews consacre à cet évènement
Le point fixe : Léoncel et son ancienne abbaye cistercienne, au sud-est du Vercors. Les branches de l’étoile : un champ inépuisable de randonnées en montagne à vaches, dans les paysages magnifiques du Vercors
Un thème s’impose en ces lieux : la Résistance. Souvenirs encore vivaces du maquis dans ces temps où la guerre réapparait en Europe, mais aussi plus largement, appel à chacun de savoir résister aux séductions perverses de notre société pour protéger et développer sa liberté. Dans le Vercors, des habitants résistent pour préserver leur pays, sa beauté, sa personnalité, son authenticité, et nous les rencontrerons.
Résistance
Propos en désordre… bien ordonnés
Compostelle Cordoue développe depuis longtemps le thème de la bienveillance, voire de la « bienveillance inconditionnelle »… mais la bienveillance n’est pas la complaisance, ni la lâcheté ! Il faut parfois combattre.
Le thème choisi pour notre marche 2022 dans le Vercors autour de Léoncel est « La Résistance ».
En ces lieux, le thème s’imposait : le souvenir du maquis est toujours vivant.
« Sur ce vaste plateau, des Français de toutes origines et de toutes opinions ont su se grouper et s'unir avec la seule ambition d'échapper à la servitude (...) Tant de sang versé a fait de ces montagnes une terre sacrée, une terre qui doit être maintenant respectée comme un sanctuaire où le flambeau de notre liberté a été rallumé, comme l'un des berceaux de la Renaissance française. » (Commandant Pierre Tanant).
De 1942 à 1944 s’est constitué sur le plateau du Vercors, véritable « forteresse naturelle » un important foyer de résistance, rassemblant jusqu’à 4000 maquisards en 1944. Le 21 juillet 1944, 9 000 soldats allemands et 500 français donnent l’assaut et ratissent le plateau, tuant 639 combattants et 201 civils. Le maquis est dispersé dans le sang et les larmes.
Nous marcherons sur les traces des maquisards et nous interrogerons leur souvenir au moment où l’Ukraine est engagée dans une résistance semblable et où, dans notre pays fracturé, l’inacceptable semble s’insinuer progressivement dans la normalité. Et dans ce glissement continu, c’est à chacun de décider sur chaque enjeu où commence l’intolérable, le moment où il devra dire non. Ce moment n’est pas donné de l’extérieur… chacun en est responsable pour lui-même devant sa conscience.
Savoir dire non, savoir quand dire non, savoir comment dire non.
Savoir repérer les formes sournoises de servitude qui appellent notre révolte, comprendre que dans le glissement progressif du normal à l’inhumain, c’est à chacun de nous qu’il incombe de choisir le moment de dire non, d’entrer en résistance…
En temps de paix, la résistance s’exprime par le comportement quotidien, la préservation de ce à quoi on tient, la nature, nos richesses culturelles, notre cohésion sociale face aux agressions ordinaires. Nous rencontrerons des personnes qui, sur le plateau du Vercors, résistent au long des jours aux tentations perverses de notre société, veulent rester indemnes de toute addiction. Il ne s’agit pas de refuser le progrès mais d’en rester maître, de rester libre en face de ce que le monde nous propose, en face des tentations marchandes.
Chacun d’entre nous aura l’occasion de revisiter ses sujets de résistance, sa capacité de résistance, ses territoires de liberté, au fond.
Choisir ses terrains de résistance est un acte politique. Le choix n’est pas toujours si clair que celui qui se présentait au temps des maquis. Ces choix sont sujets de controverse : les éoliennes, le nucléaire, le mariage, pour tous, le droit de mourir dans la dignité, une agriculture pour nourrir la planète sans la polluer ou la vaccination génèrent des résistances… Quels critères de légitimité ?
Certainement, au sein même de notre groupe, les positions divergent sur ces sujets. Sommes-nous condamnés à des résistances antagonistes ?
Compostelle Cordoue a engagé un chemin en 2021 vers trois défis majeurs : le changement climatique, l’accueil des exilés, la violence sous couvert de religion. La gravité et l’urgence de ces défis font consensus entre nous. Nous nous proposerons d’approfondir ces thèmes : les deux premiers au moins appellent notre résistance.
Quand le climat est en danger, quand la solidarité est bafouée, quand l’égoïsme est élevé au rang de vertu s’il fait vendre, où trouverons nous les ressources pour résister, individuellement et collectivement ? pour civiliser les nouveautés technologiques, pour humaniser nos rapports sociaux, pour domestiquer la cupidité triomphante ?
Où ? où sinon à l’intérieur de nous-mêmes, au prix d’un travail exigeant, qui réveille nos générosités enfouies, qui délivre notre part d’altruisme ? Peut-il y avoir résistance sans démarche spirituelle ?
A Cannes, c’était le message de Lama Tréhor, et le prieur de Leyrins, Don Wladimir, développait le thème de la « conversion » … son monastère était en « conversion écologique », et chacun était appelé à une « conversion » personnelle toujours à renouveler. Au prix de quels sacrifices ?
La résistance ne va pas sans sacrifice. Que sommes-nous prêts à sacrifier de notre confort pour atténuer le changement climatique, de notre entre soi pour accueillir les exilés, de notre domination pour sauver la nature, de notre superflu pour retrouver la fraternité ? Quelle sorte de bonheur nous attendra au bout du chemin ?
Le sacrifice, prix de la libération ? ce même mois de juillet 1944 qui voit périr le maquis du Vercors, la Normandie retrouve la liberté.
Sacrifice et libération, pour les croyants, sans doute est-ce le sens du jeûne, du Ramadan, du Carême, une forme d’entraînement à la résistance ? Mais l’exercice spirituel n’est sans doute pas le monopole des croyants…
Résister ensemble. Résister en solitaire demande de l’héroïsme, résister en groupe, mimétisme aidant, allège le fardeau, crée du lien, peut générer de la joie partagée. Les grands mouvements collectifs, politiques, syndicaux, religieux, sont en crise. Les collectifs de résistance prennent d’autres formes, plus dispersées, plus instinctives peut-être… Comment, sous quelle forme, selon quelles alliances, nous réunir pour tenir bon ?
Après avoir marché et dialogué sur le plateau du Vercors, aurons-nous mieux compris ce que « résistance » signifie pour nous ?
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
(…)
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer Liberté.
Paul Eluard (Poésie et Vérité, 1942, poème parachuté dans les maquis)
Infos pratiques
Nous serons 25 « seniors » et 9 scouts: SDF et SMF.
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Les dates :
Du samedi 6 août dans la journée au samedi 13 août dans la journée.
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L’hébergement :
Deux lieux, à 3,5 km l’un de l’autre :
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Les gîtes au village de Léoncel (gite communal et « maison Saint-Hugues ») 15 séniors. Couvertures fournies, possibilités de draps (5 €)
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Le gite de « la Colo du Chaffal », à La Vacherie : 15 séniors + 20 scouts sur un terrain attenant. Draps et couvertures non fournis (apporter sac de couchage ou équivalent)
Les hébergements disposent de chambres à 1, 2 ou 3 lits, de sanitaires, de salles de séjour, de kitchenettes…
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La nourriture :
Petit déjeuner : à préparer et à prendre sur place dans les gites.
Déjeuner : pique-nique tiré du sac au cours des balades. L’organisation fournit les victuailles (pas d’appro sur place hors laiterie - excellente - et « produits monastiques »)
Dîner : 5 soirs à l’auberge du Grand Echaillon (à 4 km de Léoncel, en Totocar) pour les seniors, au camp pour les scouts. 1 soir tous au camp. 1 soir tous à l’auberge.
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Les transports :
Les gares les plus proches sont Valence TGV (36 km) et Valence-ville (39 km)
Totocar amènera les Toulousains le samedi 6 (470 km) et ramassera au passage à Valence TGV les arrivants par le train. Idem dans l’autre sens au départ.
Une voiture individuelle (celle de Michel) sera disponible pour les petites courses.
Chaque jour, Totocar se chargera des trajets de proximité.
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Les marches :
On prévoit 5 jours de marche, départ de Léoncel ou à côté, et retour à Léoncel.
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Coûts et réservations :
Le coût du séjour sera de
500 € tout compris pour les seniors (70 €/j)
250 € pour les seniors ½ tarif (35 €/j)
125 € pour les scouts (18 €/j)
N’oubliez pas la cotisation 2022 (40 euros, tarif réduit : 20 euros) pour celles ou ceux qui ne l’auraient pas encore réglée.
Inscription avec versement d’au moins 30 % d’arrhes avant le 29 mai par virement ou chèque bancaire
Titulaire : MONSIEUR ROGER BERLAN COMP-CORD
IBAN : FR22 3000 2040 5900 0000 7756 L83
BIC : CRLYFRPP
Adresse du titulaire : Roger Berlan 30 chemin Panegan 31170 Tournefeuille
Pour toute question :
Organisation : Jean-René Brunetière 06 86 58 00 05 ,
Finances et inscriptions: Roger Berlan 06 74 53 70 76
A bientôt dans le Vercors
Caminando !
- Marches
Livret d’impressions
et
Témoignages des marcheurs
Marche Cannes-Nice
24-31 Octobre 2021
Sommaire
1- Programme réalisé
2- Journal sensible de la marche par Olivier
3- Témoignages de marcheurs
4- Symphonie du Nouveau Monde
5- Le Scribe du Cercle de Conversation
6- Ce que nous avons appris par Alain
1-Programme réalisé
Samedi 23 octobre
– 18h Arrivée du bus de Toulouse.
Installation des scouts au camping Les Cigales à Mandelieu-la-Napoule et adultes à la Villa Saint-Camille à Théoule-sur-Mer
Rassemblement des marcheurs
Présentations mutuelles
Dimanche 24 octobre
Marche vers Cannes (4,5 km le long de la plage) jusqu’à la MJC Picaud,
Accueil par VEAC (Vivre Ensemble à Cannes)
Pique-nique à la MJC
Marche pour la paix, Promenade de la Pantiero
Forum : 3 Ateliers simultanés
Retour et Dîner à Saint-Camille
Rassemblement des marcheurs : Présentation de la semaine, des cercles de dialogue et consignes pour la marche
Lundi 25 octobre
Marche de La Roquette-sur-Sagne à Mouans-Sartoux (pique nique parking collège)
Marche Mouans-Sartoux La Charlotte
En Bus de La Charlotte à Roquefort-les-Pins
Installation au Foyer de Charité Maria Mater
Bus avec scouts vers camping La Paoute-Valbonne et retour
Visite des lieux à Maria Mater
Messe de la communauté pour celles et ceux qui le souhaitent
Après dîner à Maria Mater Rencontre avec les membres du Foyer de Charité
Retour des scouts au camping La Paoute
Mardi 26 octobre
Bus du camping La Paoute à Maria Mater
Cercle de départ et Marche à partir de Maria Mater
Pique-nique à l’entrée de La Colle sur Loup
Visite du village avec Sophia et retour en bus
Rencontre avec le Cheikh Bentounès à Maria Mater
Dîner à Maria Mater avec le Cheikh Bentounès
Bus retour des scouts au camping La Paoute
Mercredi 27 octobre
En bus, départ des scouts du camping vers Maria Mater pour Cannes embarcadère,
Traversée en bateau vers Iles de Lérins (St-Honorat)
Accueil par le père Vladimir et visite puis Messe à St Honorat, monastère,
Rencontre avec les pères
Traversée retour en bateau et bus à Maria Mater puis transport scouts au camping pour une soirée-veillée
Rencontre avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA, Isabelle CHAMAGNE, future présidente et Marc Ugolini, vice-président : thème : « comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté? »
Dîner à Maria Mater
Jeudi 28 octobre
Scouts en bus vers Maria Mater et visite chapelle de Vence
Marche Vence La-Gaude
Pique-nique à La-Gaude (au « Parcours sportif »)
Groupe A : Marche La-Gaude —Gattières
Groupe B : Scouts au camping et récupération du Groupe A vers Maria Mater
Dîner à Maria Mater
Vendredi 29 octobre
Départ en bus (avec bagages) vers le camping des scouts
Du camping à St Laurent du Var
Prière du vendredi par les scouts et les autres musulmans du groupe; les autres membres du groupe sont conviés à y assister; il s'en suit un échange sur le contenu et le vécu de cette célébration, suivi du repas froid.
Installation Auberge de jeunesse Les Camélias Nice
A pied de l’AJ à la Basilique
Participation à la cérémonie de commémoration de l’attentat à la basilique.
Concert et Messe à la Basilique
Dîner aux Camélias
Samedi 30 octobre
Rencontre organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’Egidio) sur le thème de la violence avec :
- Le chanoine Philippe ASSO, délégué diocésain pour les relations interreligieuses
- L’imam SADOUNI de la salle de prière de Nice centre
- M. Avner SOUDY président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice
- P. Franklin PARMENTIER curé de la Basilique Notre -Dame
Pique-nique à l’AJ
Rencontre organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration
avec des responsables de :
- La Pastorale des migrants,
- Roya-citoyens,
- Welcome,
- SOS Méditerranée
Dîner au restaurant
Puis Cercle final
Dimanche 31 octobre
Départ en train pour les uns et en bus des Camélias pour Toulouse
2- Journal sensible de la marche, par Olivier
Chers amis et marcheurs de Compostelle Cordoue,
Par la voix de Michel notre président à Vajra Yogini, j’ai décidé de vivre cette marche de Cannes à Nice…
Un chemin d’imprévus, de beaucoup de Rencontres riches et variées à travers la marche, la parole, les temps de repas où j’ai pu me joindre aux scouts avec joie. Bien sûr le Chant a nourri ce corps et cette ambiance de louange et nous a apporté de la Joie et de la fraternité. Sans oublier la flûte magique de Michel ni le Bus, entité vivante manœuvrée par le célèbre tandem Dominique /Roger qui ont donné beaucoup de leurs personnes pour la réussite de ce périple.
La marche pour la paix à Cannes, c’était fort de café avec toute cette richesse humaine, les policiers restent encore étonnés des acclamations des jeunes et quel enthousiasme de la mamie américaine, n’est -ce pas Safa ? J’étais aussi ému de voir les visages des différents représentants religieux…
Pour la fête des 10 ans de vivre ensemble j’ai écrit quelques phrases. Notre sœur Nanou dit : «D’abord ça se passe à l’intérieur de Nous ». Lama Théor : « ce qui apparaît dans le monde ça se construit dans notre esprit. Avant l’écologie intérieure, il y a la tolérance d’avis différents, cependant les notions communes d’amour, bienveillance, compassion, l’éthique au sens de discipline sont là»
Tout ça ne constituerait-il pas du Respect, peut- être la forme la plus haute d’amour ?
Frère Vladimir que nous retrouverons sur l’île de Lérins parle de convertir tous les matins son regard sur la création en passant de l’exploitation agricole à un don, une communion. Ça nécessite de modifier ses pratiques de viticulture et de culture de l’Olivier en prenant Soin, en laissant le temps au temps. Créer un monastère vert, tous les matins vivre une contemplation avec la création ça dit où vous en êtes.
J’ai noté l’intervention douce et vigoureuse de Nanou qui dit : "Cherchons les grains de sable (la conscience individuelle liée au cœur) pour enrayer le bulldozer car si on ne pense pas collectif, on va Crever !!!" Aussi se remonter les manches et passer à l’action, Nanou parle du cercle, pas de chef, c’est la sociocratie.
Ah que j’ai aimé et que j’aime ces temps de cercle entre Nous, cela me rappelle les indiens d’Amérique qui respectaient Notre mère la terre et étaient en lien avec le grand Esprit … souvent plus proche que l’homme blanc qui a conquis ses terres là au prix d’un génocide …certes les autres races humaines ont aussi décimés leurs frères en leur temps, l’histoire le montre …
Gardons l’espérance malgré tout, que l’amour, la fraternité et la lucidité aient le dernier mot…
Quel plaisir, quelle joie d’entendre et de voir le Cheikh Bentounès (un grand et beau Merci Sophie de m’avoir présenté ton papa) en présence de nos scouts d’Empalot qui vivaient une Rencontre importante. En tout cas le lien, le respect et l’écoute étaient au rendez- vous. C’est dur d’écouter, toute une pratique de l’attention et de l’ouverture du cœur…. Le Cheikh racontait l’origine des Scouts Musulmans de France le 18 janvier 1991 où il y avait un risque réel de 3éme guerre mondiale, un moment de doute, friction, d’incompréhension. Après des années de dialogue, persévérance, le 8 décembre 2017, 193 pays à travers l’Unesco une branche de l’ONU votent oui pour créer une Journée Internationale du Vivre en Paix, la JIVEP, pour vivre ensemble en unité, tout un travail d’investigation symbolique. Les SMF sont un modèle pour les autres pays, on travaille sur un projet éducatif… Je remercie Aïda et Stéphane pour leur action et présence au sein des SMF et pour leurs partages sincères pendant cette marche de Cannes à Nice.
Je suis touché par la parole du Cheikh Khaled Bentounes qui dit « le protocole de Médine, le premier acte le prophète Mohammed, où est né la notion de la Oumma ? La communauté réunit trois tribus juives et des musulmans… La Mère c’est celle qui accueille tous ses enfants. »
La fête de Noël était partagée au Caire par des musulmans et des chrétiens, l’Emir frappait une monnaie. Merci Mr Khaled Bentounès d’avoir pu marcher à vos côtés au centre Marthe Robin avec ses beaux arbres, animaux, une pierre imposante près de la chapelle … Quel bel endroit de paix et de simplicité où j’ai ressenti une paix du Cœur. Nous, les anciens nous avons passé quatre nuits là bas…
Auparavant nous avons logé deux nuits à Théoule sur mer, maison Sainte Camille, un lieu de mixité sociale extra- ordinaire qui accueille des handicapés, une maison de retraite et des gens de passage. Tout ceci à un prix abordable pour la région avec vue sur la mer. Et OUI, Mesdames et Messieurs…
Pas forcément dans l’ordre chronologique, nada te turbe, nada te espante …solo Dios basta … Un des chants sacro- saint de Compostelle Cordoue, n’est-ce pas Alain ? Je suis éternité lorsque je cesse de m’identifier au temps (Angélus Silisius).
La Marche guidée par nôtre ami Bernard m’a ravi le cœur et l’âme, une impression d’elfes, d’anges dans la nature était saisissante. Comment ne pas vous faire partager cette parole découverte dans un livre emprunté à notre ami Daniel qui s’intitule le vol du Loriot : « les chemins sont des rivières immobiles dès que je marche elles se remettent à courir ».
Merci Daniel, pour ton chant, ta joie de vivre et le partage du bon vin, ton amour et vécu du scoutisme incarné et ton action au sein de « Démocratie et Spiritualité ».
Un des thèmes proposés pour notre marche étant la violence : j’en profite pour vous avouer que le vin aidant et la passion un peu exacerbée, mon écoute se trouva affaiblie et je manquai de discernement à l’égard d’un de nos amis, par discrétion je tairais son prénom. Je luis présentais mes excuses.
Une autre phrase du vol du loriot attira mon attention : il suffit de parler calmement pour qu’à nouveau les oiseaux viennent se poser entre les mots, où et à quel moment suis-je violent ? Serait- ce la peur qui rend violent ? Le manque d’écoute ? etc…. Le fait d’être égo centré à ce moment là, s’identifiant à une expérience malheureuse …. Au lieu de vivre une expérience Théo centrée avec plus de recul, de discernement, car nous ne sommes plus tout seul, consciemment…
Quand notre ami Stéphane a parlé de l’expérience de vie de Magda Hollander-Laffont, j’ai eu l’impression qu’elle était parmi nous cette survivante de la Shoa.
Ce témoignage m’a frappé …Qu’attends tu Olivier pour acheter le livre demain au creux de nos mains, chez Bayard ? J’attends qu’il neige ou Noël … ça tombe bien ça arrive à grands pas.
L’excursion sur l’ile aux moines de Lérins fût riche, les SMF ont découvert une célébration chrétienne et ont pu se baigner. Les seniors un peu révolutionnaires au goût de frère Vladimir sont rentrés dans le vif du sujet concernant les questions d’évolution de l’église. Un dialogue vrai et constructif à mon goût avec de l’humour réciproque à la clef ce qui n’est pas sans déplaire à la parole de Claude Nougaro, le célèbre chanteur Toulousain « Saint Pierre donnez -moi la clef »
A ce sujet, j’ai pu vous rencontrer de manière personnelle ou à deux, à travers le chant, que ceux soient les plus jeunes Loubna et Safa, Sofiane et Anis puis les anciens avec un échange particulier avec Alain le chef de Chœur… et bien sûr lors de nos chants collectifs…je suis persuadé qu’à travers le chant, le corps et le cœur s’ouvrent et nous touchons des dimensions angéliques et fraternelles. Je remercie tous mes frères et sœurs d’avoir joué le jeu, pardon la partition. Le chant des baleines qu’est- ce que c’est beau, vous connaissez ? Le chant peut être un moyen de réconciliation : quand Saint François apprend que l’évêque et le maire d’Assise sont fâchés, il est affligé et déjà bien malade il ne peut se déplacer. Saint François rajoute un couplet à leur intention. Il envoie ses frères chanter et la réconciliation a lieu. Il faut dire aussi que le Maire et l’évêque aimaient beaucoup Saint François d’Assise.
En cet Instant du vendredi 30 Octobre nous allons vivre un grand moment de prière célébrée par nos Amis musulmans. C’est une découverte pour moi, cela se passe vers 12h dans la Nature. Nous avons un peu marché avant pour évacuer nos émotions liées à un trajet difficile dans le Bus. Merci Leila pour nous avoir proposé cela et merci pour ta douceur incarnée. Notre ami Hadji mène la prière, j’ai ressenti un beau moment de ferveur, de connexion à la Terre, d’humilité et là le groupe de prière change le climat.
Cela a un goût d’éternité et de relation à plus grand que soi, un mystère…. En plus voir des personnes avec qui nous avons marché, dialogué, essayé de comprendre sans saisie est d’autant plus saisissant. A l’écoute réciproque. Les témoignages de Sofiane, Hadji et Safa m’ont particulièrement touchés. Peut -être l’écoute est elle plus favorable ou différente dans la nature ou un Beau jardin ?
Merci Infiniment pour ce partage de la tradition musulmane Fraternelle.
Nous arrivons au samedi et oui déjà, à Nice ou Nous allons enfin loger sur le même lieu… Avouons que ça simplifie les choses. je suis émerveillé de rentrer pour la première fois dans une auberge de jeunesse moi le vieux de 54 ans … Les Camélias fleurissent mon petit cœur d’enfant !!! j’aime le cœur de Nice et là je vis les moments les plus intenses et surtout les plus denses du voyage.
L’hommage à la cathédrale ND de Nice le 29 octobre 2021 est profond avec trois temps, les témoignages des politiques, l’hommage musical de toute Beauté et la célébration liturgique…
Le discours de Darmanin reste ouvert et il nomme la communauté musulmane. Je suis sensible à la messe, au fait de faire mémoire aux 3 victimes d’un acte insensé. Le timing reste serré car le restaurant nous attend: j’ai passé un beau et bon repas avec les jeunes en face de Sofiane que j’ai trouvé attentif, nous avons pu mieux nous connaître. Je suis heureux de partager ce repas à leurs cotés.
Plus tard Nous arrivons à l’échange sur les actes de terrorisme. Comment les uns et les autres vous avez vécu ces 2 tragédies terribles. 2016 l’attaque civile et républicaine et l’an dernier la communauté de Nice. L’Iman Abdelkader dit qu’on ne s’y attend pas, le terrorisme n’a aucune distinction, il est aveugle dans sa violence, une horreur qu’on ne peut même pas s’imaginer, émotion passée face à cette évidence, qu’est ce qui a motivé cet acte? Le terrorisme Islamiste : on est pris par la torpeur, avant ça on pense aux victimes, à leurs familles. L’Essentiel si ce terrorisme nous divise il aura gagné. Après 2015 au bataclan avec Philippe Asso, la force des croyants c’est d’UNIR les Cœurs, Unir les Âmes. Après l’attentat Philippe Asso m’interpelle en disant mon Bien Aimé en arabe. Je vois et j’entends que l’imam est particulièrement touché par cette parole de Fraternité. Restons fixés sur l’essentiel, message de paix, de fraternité et d’altruisme. En occident on est passé d’une société très communautaire à une société très individualiste. Le chacun pour soi a ses limites!!!
Avant on était défini par le groupe, maintenant je choisi sur Facebook !
Pourquoi a-t-il fait cet acte là ? Comment quelqu’un peut il décapiter avec un couteau ?
Voir le danger à l’extérieur de soi, l’autre n’est pas mon ennemi. La réponse : la justice, pouvoir vivre ensemble avec des règles communes. Éduquer, faire sortir du chemin j’ai toujours raison, il n’y a que moi qui compte. L’Alliance n’est pas fusionner, différences et divergences. J’ajouterai la fusion c’est la confusion, unis et différenciés, un Olivier ne donne pas des prunes et la vigne du cacao !
L’Amitié et le Respect au quotidien, revivre au quotidien le bien commun. Et oui Mr Abdelkader Nous sommes de passage sur cette terre, des locataires. Donner la mort sur internet c’est très violent, j’ajouterai que les mêmes circuits neuronaux ne sont stimulés que si on passe à l’acte : on devient ce que l’on pratique. Le pardon c’est vouloir créer des liens, continuer à trouver des lieux pour se donner, avoir le désir du bien commun, il y a le besoin de se réécouter. On marche ensemble, j’ai intégré quelque chose de l’autre.
Philippe Janssen historien dit : vivre ensemble chez les politiques c’est rechercher un consensus, accepter les désaccords. J’ajoute que les désaccords sont une richesse tant qu’il y a le respect, je n’ai pas à me sentir en danger.
Philippe Asso : pourrions Nous ne pas penser avoir des solutions ? Peut- on s’interroger par rapport à ce qui se passe ? Le constat est que là où il y a de l’humanité il y a de la violence, en moi il y a de la violence. A Nice on n’a pas voulu voir la question du terrorisme islamiste, il y a une non culture de réaction à la violence. Les jeunes confrontés à la violence sont à poil.
Le terrorisme djihadiste, islamiste n’est pas bête, Hitler c’est grandiose. Il développe une rhétorique judéos croisés. Pourquoi Nous sommes faibles parce que nous ne sommes plus confrontés à la violence. L’autre constat fondamental c’est créer, vivre des relations, la religion de l’amour, comprenons, analysons, soyons pragmatique. Je note que la différence nous enrichit.
Avner Soudry est né dans une famille juive. Que dois-je faire dans ce monde ? j’ai vu d’autres voies avec les musulmans et les chrétiens. Le coran et la bible sont des voies civilisatrices des religions. La religion chrétienne c’est la révolution de l’Esprit. La religion a fait beaucoup de dégâts et de guerres.
Genèse 17 verset 1 je Suis Dieu El Shaddaï , marche en ma présence et Sois intègre .La fonction et le droit dans ce monde c’est continuer la création de Dieu. Je me méfie du dialogue cultuel, je préfère le dialogue culturel. Au quartier Ariane il y a un niveau de vie inférieur avec une majorité de musulmans, il y a eu un enrôlement en Syrie.
Philippe Asso ; en France on a abandonné l’éducation c’est le néolibéralisme, renoncé à tous les rites sociaux éducatifs. On rentre dans la société à travers le rite. J’ajoute que c’est fondamental pour passer de l’adolescence à l’âge adulte. Le contre- exemple c’est le scoutisme, un lien dans la dynamique du faire.
Notre Ami Daniel pose la question du potentiel de violence que suscite les religions ?
Comment on peut réfléchir sur ce potentiel de violence ?
Suis-je le Gardien de mon frère ? Dieu parle à quelqu’ un…
La fraternité c’est la plus grande faiblesse de l’humanité, l’action menée pour changer les choses peut être l’action du colibri. Saluons ici la mémoire de Pierre Rabhi un amoureux de la terre en fraternité Salaam Pierre, Shalom, Shanti, pax etc… Merci à toi Pierre pour ta contribution et ta transmission à un monde plus fraternel.
Le témoignage d’Abdelkader est saisissant, la rencontre à Saint Honorat nous a fait gagner 10 ans de je ne sais plus. Rencontrer ses frères quoi de plus riche Olivier ? Celui qui aime demeure en Dieu et Dieu demeure en lui (saint Jean) Voir Dieu ou plus grand que soi pour ceux à qui le mot Dieu donne de l’urticaire dans l’homme et vice versa l’Homme uni au transcendant. La lumière on ne la voit pas c’est elle qui Nous donne à voir. Le clair-obscur et les ténèbres supra lumineuses, la recherche sur la physique quantique et les mystiques non allumés, néanmoins bien éclairés l’expriment…
Le 30 Octobre Nous vivons une rencontre au sujet des migrants, je suis crevé et le thème difficile humainement m’incite peut- être à plus de torpeur. Voici quelques mots que j’ai pu écrire :
L’importance de Redonner à la personne humaine sa dignité humaine, c’est une Rencontre d’homme à homme, de cœur à cœur.
Comment dans ce que tu vis puis je t’apporter quelque chose ?
Les causes de la migration sont à 70 % liées à la politique interne de dictature, les questions religieuses et l’islamisation intégriste. L’homme reste un loup pour l’homme et les guerres arrangent malheureusement certains économiquement. Les migrants humainement parlants sont porteurs d’espérance. Entre 2016 et 2018, les équipes SOS méditerranée ont secouru 29523 personnes !!! ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez fait …et 6 nouveaux nés ont vus le jour : le Christ ne naît il pas humblement dans une crèche ou plutôt une grotte, il n’y a plus de place à l’Hôtellerie, est ce un hasard tout cela ???
Je reviens à nos frères migrants, les demandeurs d’asile dans la pratique ne peuvent pas travailler, leur dignité, on ne peut pas la leur enlever et c’est fondamental de la reconnaître. Se tourner vers un A Venir, un possible martial : chaque demandeur d’asile a un accompagnateur.
L’exemple du marathon: les familles se relaient, coordination, travail en réseau, il y a une action de plaidoyer (Genève) les députés, le gouvernement a son rôle à jouer. Quarante antennes en France, adhérer à l’association permet d’appuyer le plaidoyer…
Tout ça est écrit pèle mêle : été 2015 à Vintimille : pour que cette dignité soit reconnue des kits en sac de propreté sont proposés et ça crée du lien humain… La migration c’est quelque chose qui est tout le temps en mouvement.
Notre monde souffre d’un isolement aussi trouver des moyens de rencontrer des Personnes: ex de la marche fraternelle proposée dans le département Paca, il peut y avoir un thème comme la famille ou le deuil.
Une stèle pour signifier que celui qui sauve une vie sauve le monde entier, Jérusalem, la Shoah. Cette phrase bouleversante est dans le film la liste de Schindler de Spielberg qui était le film phare de sa vie, c’est lui qui le dit.
Notre Ami Michel nous dit qu’on sous-estime le potentiel de don de l’humanité. Le réseau jésuite, l’équipe à Paris est formidable, en mouvement. Elle attire notre attention sur la santé, la bienveillance Le pôle développer: action de sensibilisation en milieu scolaire, atelier avec des jeux. A Madagascar, un village d’agriculteur voir « laudato si » du pape François qui est jésuite de formation et franciscain dans le cœur …Nous sollicitons des personnes qui permettent aux migrants de rester chez eux un temps.
En résumé il était temps n’est-ce pas ? ou peut-être pas ? Peu importe en fait, J’ai vécu cette semaine de Cannes à Nice comme une initiation, la marche a décuplé mon énergie, notre chant a ouvert nos corps et nos cœurs à l’Unisson. La Joie était là, palpable, présente….
J’ai découvert la richesse humaine, le Lien des Femmes avec les jeunes, leur Attention parfois maternante mais que voulez-vous c’est Bien la Femme qui met au monde, qui incarne la Vie humaine. La vierge Marie n’a-t-elle pas mise au monde Yeshoua le sauveur de nos âmes…
Réjouis toi pleine de Grâce, Déo Gracias
J’ai découvert la force du cercle, les liens indestructibles, construits au fil de différentes marches …
Cela m’a apporté de la Joie, du baume au cœur et l’Atterrissage à Toulouse ne fût pas si facile. J’ai vu l’humilité de tous les intervenants que nous avons rencontré. Cela m’a réjoui le cœur, l’humilité c’est la vérité, reconnaître que nous sommes poussière et que malgré Tout un grain de Lumière incréée nous habite.
Mes Ami(e)s ne le répétez pas, je vous avoue que la symphonie du nouveau monde de notre chef de COEUR Alain m’a bouleversée.
Mes Amis de Compostelle Cordoue, il me faudra toute une vie pour apprendre à aimer gratuitement et oser le demander, étudier et vivre, la Bonne nouvelle est pour ceux qui l’incarnent.
J’aimerai avoir ne serait-ce qu’un mot et surtout une photo de chacun de vous afin d’illustrer ce modeste récit moi qui suis un piètre débutant.
Saint François apprends-moi la Joie et apprend Nous pour ceux qui le veulent…
Olivier
3- Témoignages de marcheurs
23 adultes et une troupe de Scouts Musulmans de France ont parcouru la route. Ils témoignent.
Bonjour à tous,
le temps est venu pour moi de vous faire un retour concernant la belle semaine que j'ai passée à cheminer avec vous.
Comme je le disais en confiante sincérité lors de notre réunion du premier soir à Théoule, la marche pour moi n'est pas une passion, ni non plus une activité recherchée.
Mais ayant terminé mon propos ce soir là en disant que l'important pour moi n'était pas la marche mais plutôt avec qui je marchais, je vous affirme aujourd'hui que mon opinion n'a pas changé si ce n'est qu'elle s'est renforcée.
En effet mes douleurs récurrentes au genou ne m'ont apporté aucun plaisir à l'exercice de la marche mais votre compagnie fut un réconfort dans l'effort et une joyeuse, amicale et fraternelle présence partagée.
Je vous en remercie et je témoigne de nouveau du plaisir que j'ai eu à cheminer avec chacun d'entre vous.
Nous avons dialogué (quel bel objectif !!), philosophé, disserté, poétisé, prié et/ou spiritualisé et bien sur beaucoup chanté, peut-être trop. J'espère n'avoir pas trop imposé à vos oreilles ces moments de chants alors que certains, ce que je comprend, sont plus enclins à la méditation et à l'accueil du silence. Si tel était le cas, j'en suis désolé et vous prie de m'excuser de ces excès intempestifs de vocalises.
Le programme de cette semaine était riche, divers et très intéressant. Enrichissant souvent, émouvant parfois, je suis heureux d'avoir vécu ces moments avec vous et j'en garderai un souvenir inaltérable.
Au delà de nos horizons géographiques différents, de nos convictions ou origines différentes, de nos vécus différents, nous avons ensemble dans cette semaine interconvictionnelle et intergénérationnelle vécu de vrais moments de fraternité ..... Bien sûr le programme fut dense et les horaires serrés parfois durs à tenir avec la problématique des multiples rotations de bus. Bien sûr tout ne coula pas de source, tout ne fut pas lisse mais trouvant le "prévisible irréfuté" d'un mortel ennui, je pense que les accrocs sont des aspérités qui donnent tout son sens à la valeur du dialogue et de l'accueil de l'autre. Oui car en marchant sur un chemin réel, qu'on retrouve sur les cartes, nous avons surtout marché sur le chemin de la fraternité, Le GR (Génial Rassemblement) 2021 de Compostelle-Cordoue !!
Concernant la création de supports vidéos, clips, petits films (avec vidéos et photos), je suis prêt à apporter mes quelques compétences au sein d'un groupe de travail que piloterait éventuellement notre formidable responsable de communication, la toujours joyeuse Morice.
En souvenir de nos chants, j'ai décidé le 11 Novembre, jour de commémoration en France de la fin de la première guerre mondiale, d'écrire sur l'air de "La Chasse aux papillons" de Georges Brassens (que nous avons beaucoup chanté) une petite chanson que je partage avec vous ici sur Youtube.
Il me tarde de vous retrouver.
Je vous embrasse Fraternellement
Stéphane
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Merci frère Stéphane pour ton très amical (et fraternel) message,
Je n'ai pas trouvé le temps d'écrire ce que m'a apporté cette marche, mais je me retrouve profonfément dans nombre de tes propos. Je me suis contenté d'un compte-rendu, trop plat à mon gout, pour la lettre de D&S :
D&S dont Compostelle Cordoue est un partenaire, et lettre dont vous devez normalement être désormais être destinataires (je mets notre secrétaire Marie-Charlotte en copie à cet effet) ; compte-rendu que j'ai publié en attendant sur mon blog : voir la publication.
En lisant ton message, je me dis que j'aurais dû insister davantage sur la dimension fraternelle de cette déambulation. J'aurais aimé dire mieux l'importance pour moi de la présence des scouts musulmans : tu m'as fait au passage renouer avec mes engagements scouts. Bravo pour ton engagement dans la branche musulmane du mouvement que j'ai croisé dans ma vie professionnelle antérieure : son dynamisme m'a "réchauffé le cœur" comme aurait dit Brassens. J'ai aussi pris beaucoup de plaisir à chanter avec toi (et avec Olivier) : la prochaine fois je prends ma guitare ! J'ai bien aimé ton détournement de la chasse aux papillons pour le 11 novembre, que le même Brassens n'aurait pas renié. On aurait dû prolonger la marche jusqu'à Sète ....
Merci aussi à Compostelle Cordoue de m'avoir donné l'occasion de rencontrer le Cheikh Bentounès et sa fille Sophie, que je mets aussi en copie pour les remercier (et les intégrer aussi dans notre fichier s'ils n'y sont pas déjà)
Fraternellement
Daniel
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Bonjour
Merci pour cette vidéo et pour toutes les photos.
A mon tour, de vous faire le retour, jamais je n’aurais imaginé emmener cette patrouille au bout de cette marche et surtout qu'ils y adhérent.!!!
Merci à vous tous et toutes pour vos gestes, votre bienveillance, votre compassion pour ces jeunes qui sont si adorables et talentueux et qui débordent d énergie, parfois trop. Certains ont su profiter et grandir de cette expérience, d'autres ont besoin de plus de temps, mais tous et toutes ont apprécié leur séjour, aimé vous rencontrer, discuter avec vous, échanger avec vous...
"Magique, drôle, douloureux, pénible, exaltant, apaisant, sensible, honnête, festif, joyeux, ensemble, magnifique, froid." voilà les mots qui sont ressortis chez les jeunes lors de leur retour. Et tous sont prêt à repartir !
Quant à moi, j ai apprécié d'être parmi vous, avec vous tous et toutes, j'ai adorée les rencontres et j'ai été très émue de pouvoir rencontrer, discuter, et échanger avec le Cheikh Khaled Bentounès ainsi que Sophie, quelle rencontre !!! Majestueuse, j'en ai encore les étoiles aux yeux.
Mais j'ai encore plus hâte de vous revoir tous et toutes, vous acteurs de paix, semeurs de joie et de sourires.
Merci à vous, Dominique et Roger pour nous avoir supporté, mention spéciale.
A très bientôt à vous tous et toutes,
Affectueusement,
Aida.
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Merci Aida pour ce témoignage qui nous touche !
Bravo pour avoir accompagné de main de maître et jusqu'au bout ta "patrouille"! Votre présence avec nous les presque "vieux" était une petite cure de jouvence énergisante et joyeuse ! C'est avec plaisir qu'on partagera une prochaine marche.!
Bien amicalement
Morice, Jean René et Leila
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Merci pour cette journée passée avec vous tous. Marcher, pour moi, me ressource physiquement et intérieurement. Cette marche m'a permis de vous retrouver avec joie et, cerise sur le gâteau, j'ai eu droit à de belles nouvelles rencontres. Dommage de n'avoir pas pu faire toute la semaine avec vous tous. Au plaisir de vous retrouver sur le chemin du partage fraternel et universel.
Salam, Shalom, Paix à toutes et tous.
Rania
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Avec un peu de retard je viens me joindre aux messages pour vous dire combien j'ai apprécié ces moments passés ensemble qui m'ont apporté une chaleur de cœur dont j'avais particulièrement besoin en cet instant.
Merci à tous pour vos échanges et un énorme bravo aux jeunes pour leur bel engagement et leur esprit de fraternité.
Et chapeau pour la classe des organisateurs !
Amitiés à tous
Jacques
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Cher·es compagnes et compagnons.
Au retour de cette marche mémorable, comme d’autres de Compostelle-Cordoue, je mesure le privilège que j’ai partagé avec vous. Je redoutais la fatigue mais grâce aux encouragements de Michel et de Roger j’ai fait le bon choix. Partager cette marche avec les jeunes scouts était à la fois une chance de découvrir et les cerises sur le gâteau.
Jusqu’alors la côte d’Azur m’évoquait de splendides rivages, des plages bondées et une région consacrée au tourisme. Les tables rondes à Cannes puis à Maria Mater et Nice m’ont fait découvrir une réalité bien différente. Quel bonheur de marcher avec vous amies et amis joyeux partageant des valeurs et un engagement pour la paix et le dialogue quelques soient nos appartenances et nos convictions philosophiques. C’est très rare !
Cher Stéphane, non, il n’y a pas eu trop de vocalises mais pas assez de sopranos.
Cette édition 2021 marquée par la densité des rencontres, tables rondes, exposés sur les sujets divers d’actualité en des lieux différents m’a, je dois avouer, un peu saturé la tête et au retour j’avais de la peine à synthétiser tout ça. Ça doit être un effet de l’âge…
Cette aventure multigénérationnelle et interconfessionnelle avec tous les aller-retour aux campings, les parcages difficiles, les demi-tours sur les giratoires provocants des embouteillages et avec au bout du chemin une vitre brisée n’auraient pas été possible sans notre «dream team» Dominique et Roger. Chapeau bas compagneros, vous nous avez conduits à bon port avec calme et une abnégation jusqu’à dormir dans la soute à bagages. Merci !!
J’avais eu des échos de la marche en Occitanie et des rencontres avec le soufisme. Je serai franc, je pensais, «c’est heureux mais c’est un peu facile, élitiste. Avec l’immigration due à la guerre au Moyen-Orient, c’est beaucoup plus compliqué, ils sont éloignés de nos valeurs et brutalisés par ce qu’ils ont vécu ou subi». J’ai vu et j’ai compris. L’engagement originel de Cheikh Bentounès et à sa suite de Stéphane et Aïda et d’autres offre une chance unique, précieuse à ces jeunes filles et garçons scouts, sortis d’ Empalot ou d’ailleurs. Sur le moment, accaparés par leur mobile, ils n’ont peut-être pas tous mesuré leur privilège mais des graines de paix et de respect ont été semées et elles lèveront, ils seront citoyennes et citoyens français. Leurs chants me trottent encore dans la tête, oui ce furent de beaux moments ensemble et en ce sens comme le disait lors du cercle de présentation, l’un des plus jeunes, «je suis venu pour aider les personnes âgées» mission accomplie ! Votre énergie et votre
spontanéité nous ont fait du bien.
J'ai vécu la prière du Vendredi comme un moment de grâce, avec émotion et gratitude, c’est probablement le vent de prophètes, celui que nous nommons l’Esprit qui a soufflé ce matin là.
A 81 ans j’ai fait ma première expérience des maisons de jeunesse, un hébergement fait pour nous. La maison Ste Catherine dans son splendide panorama , sa triple clientèle, touristes, aînés et cabossés de la vie est un partenariat social remarquable.
Maria Mater, découverte pour moi, l’engagement d’hommes et de femmes vouées à l’accueil et la spiritualité dans un climat apaisant nous a très bien reçus.
Enfin, le chemin, portion de la via Aurélia, GR et chemin de Compostelle n’était pas le plus beau des itinéraires, la prolifération de constructions dans ce massif dégrade un peu trop les forêts mais grâce à notre car, nous en avons tiré la meilleure part.
Je me réjouis encore des rencontres, d’avoir découvert de nouveaux amies et des échanges avec chacun. Dans les moments de faiblesse, il y a eu canne providentielle, pommade miraculeuse et auscultation avisée . Merci à toutes et tous, je repartirai volontiers avec vous. Bonne route.
Jean-Pierre
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« C’est l’espérance folle . » !! Guy Béart
Notre autobus est rentré à Toulouse. Il se repose, médite et peut être chante dans son moteur cette chanson de Guy Béart : « c’est l’espérance folle qui nous console de tomber du nid et qui demain prépare pour nos guitares d’autres harmonies !!! viens c’est la fête , viens... ». Ils sont venus.
Notre autobus, dans son garage, a froid au cœur. Il se console des actualités, des horizons qui nous rejoignent tous depuis le retour de notre aventure : « la Cop 26 à Glasgow, les migrants ..perdus partout, les tensions extrêmes » .
Il se console en pensant à son voyage avec nous Cannes_Nice. C’est l’espérance folle !
Mais oui se dit il : « c’est bien pour parler des Migrants, des attentats et du climat que je les ai conduits avec leur chauffeur préféré et son co pilote ». Cette chanson c’était bien eux.
Des vieux et des jeunes ils étaient …..avec moi et tous ensemble courageux et forts d’être ensemble.
L’esprit de Compostelle était là : prendre le minimum pour la route et croire au maximum. Tout est là. J’ai roulé avec eux, l’impossible nous avons fait ensemble pour marcher- dialoguer – comprendre.
Nous avons été heureux de ces rencontres, celle autour d une table ronde à Nice en présence des responsables de communauté religieuses qui frayent un chemin d’humanité ensemble .
Ils étaient présents, jeunes et vieux pour la commémoration des violences dans la Basilique Notre Dame à Nice. Le calendrier s’était mis à l’heure de leur rendez vous et ils étaient là.
C’était leur place, ensemble avec ces jeunes scouts musulmans de Toulouse et leur drapeaux. Ils étaient là, peut être dépassés et innocents de ce drame. C’était tellement important qu’ils soient là pour la compassion et le partage avec cette ville. Plus important que les discours officiels. Tous naïfs peut être devant ces problèmes gigantesques et courageux grâce à cette force qu’ ils avaient en étant ensemble.
Et ils ont chanté, rencontré et compris. Je crois qu’ils ont aimé et consolé.
Merci du voyage et continuez à chanter.
Nanou
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Globalement, j’en garde le souvenir d’une expérience pas toujours facile mais très riche, au coeur de nos objectifs
(Dans l’ordre chronologique) :
- La beauté du paysage depuis la terrasse de Saint Camille
- La marche sur la plage vers Cannes, à contre-courant des marathoniens
- L’ambiance fraternelle et festive du festival VEAC
- Le magnifique sentier le long de la rivière le premier après-midi de marche
- Le regard lumineux de Florence à Maria Mater
- Le message et le sourire du Cheikh Bentounès
- L’ambiance sereine et la discussion franche avec les moines sur l’ile Saint Honorat
- La super acoustique pour nos chants dans la chapelle Matisse
- Rayan qui propose à madame Christiane de lui porter son sac
- La compassion collective quand la porte du bus s’est brisée
- La participation à la prière musulmane du vendredi et l’échange qui a suivi
- L’aura qui entourait notre groupe de scouts dans la cathédrale
- L’hommage à Dominique et Roger avec le chant et le super dessin du bus
- La qualité de parole et d’écoute lors de la réunion sur les attentats
- La participation naturelle de toutes et de tous lors du cercle final sous l’animation de Stéphane (pour un coup d’essai, un coup de maître)
Michel
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Je tenais à vous faire parvenir mes impressions de notre marche "Cannes et Nice" en
octobre 2021, car, je l'avais dit à certains, ce voyage fut pour moi la révélation que
j'avais retrouvé mon énergie d'avant ma maladie.
Ce fut un tournant pour moi d'avoir pris conscience que je pouvais à nouveau participer à une vie sociale de qualité.
Certes, pour moi, la guérison ne sera jamais complète, mais les séquelles qui me restent ne sont plus un obstacle majeur, mais un état que je dois apprendre à maîtriser. Car, j'étais partie avec quelques appréhensions. Vais-je supporter l'épreuve de la marche, la précarité de certains gîtes, la longueur des trajets ? Avec l'aide du groupe des marcheurs, j'avais pu confier mes craintes lors d'une discussion. J'ai senti par les petits mots d'encouragement de votre part que cela avait été pris en compte.
Pendant les marches certains scouts s'approchaient de moi : Madame ça va? Toutes ces petites attentions m'ont permis de me rassurer et de vivre pleinement cette semaine. Une étape dont je retire encore les bénéfices aujourd'hui.
Toutes les rencontres et tables rondes organisées dans le cadre de ce voyage m'ont enrichies, particulièrement celle à Nice organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’ Egidio) sur le thème de la violence. L'un des participant, Avner SOUDY, président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice, par la largesse de ses propos et son ouverture au dialogue a élargi ma vision du judaïsme. Nous sommes en recherche, nous a-t-il dit. J'ai senti avec force qu'un terrain d' entente entre juif et chrétien était possible.
Une autre rencontre m'a profondément touchée, celle à Nice organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration avec des responsables de - La Pastorale des migrants, - Roya-citoyens, - Welcome, - SOS Méditerranée . Il émanait de ces hommes au services des migrants une énergie communicative. Leurs vibrants témoignages nous ont plongé dans la rude réalité de ces migrants confrontés à la souffrance, à l'épuisement et à la bureaucratie. On sentait aussi la détermination de cette équipe soudée à vouloir bousculer les règles, voire la loi, en prenant des risques qu'ils semblaient tout à fait assumer.
J'ai aussi apprécié la rencontre au foyer de la Charité Maria Mater à Rochefort-les-Pins avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA : thème comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté ? Et sa sauvegarde? Et cela m'amène à relater ma stupéfaction d'avoir retrouvé cet arrière pays de Cannes et Nice complètement défiguré par la civilisation galopante et par la promotion du tourisme à outrance, provoquant un bétonnage incontrôlé et donc j'avais envie de relever le courage de ces personnes engagées qui, à contre courant du bétonnage et des politiques, essayent de sauver et faire valoir le patrimoine des voies historiques, entre autres les chemins de St Jacques de Compostelle, qui faisaient autrefois la richesse de ce pays. Ces chemins sont pour beaucoup coupés par une voie routière express et inesthétique et le plus souvent on fait fit des revendications du voisinage. Les hérissons sont mieux lotis que les pèlerins. Pas de tunnel pour les marcheurs, mais de longs détours entre du bétonnage, ce que nous avons souvent vécus pendant cette marche.
Lors de notre participation à la cérémonie de commémoration de l'attentat à la Basilique à Nice, j'ai rencontré dans celle-ci une femme d'un certain âge qui m'a dit y venir à chaque fois car pour elle c'était remercier le Seigneur de l'avoir préservée. En effet le jour de l'attentat, contrairement à son habitude elle avait été en retard et donc était restée bloquée dehors car l'attentat venait de se faire. Si j'avais été à l'heure et à l'intérieur je serais peut-être morte. Cette plongée dans une réalité vécue m'a touchée. Une autre triste et inadmissible réalité, celle de certains membres de l'extrême droite qui ont refusé pendant cette messe de commémoration le geste de paix que les scouts musulmans leur adressaient. Un dur constat qu'on est bien obligé de prendre en compte et mettre en parallèle avec nos espérances de fraternité, de dialogues et de paix. Et donc, j'ai d'autant plus apprécié le moment où les scouts nous ont invité à prendre part à leur grande prière. Ils ont bien mérités ce moment, car l'autorisation de l'organiser était indispensable… Imaginer une prière musulmane dans un parc prestigieux de Nice. Il a fallu du temps et quelques sueurs froides pour obtenir l'autorisation, pour recevoir les instructions pour trouver l'entrée permettant à notre bus d'y pénétrer et puis à la dernière minute, alors qu'on était enfin arrivé, de trouver comment ouvrir le verrou de sécurité de la barrière. J'ai admiré le calme, peut être relatif, avec lequel nos organisateurs ont géré ce problème d'emplacement.
Une longue promenade dans ce beau parc nous a permis de nous détendre. Il faisait beau et nous sommes entrés en prière avec nos scouts musulmans avec une sérénité retrouvée. La discussion libre après la prière fut très riche. Surtout de la part des scouts dont on a senti le besoin de s'exprimer sur ce sujet de la prière. J'ai ressenti que nous nous sommes rejoints, toute confession confondue, dans ce besoin universel de prier, de crier notre peur, notre colère ou notre espérance et d'éprouver que quelqu'un nous écoute. Le moyen de mettre en scène l'au-delà, une transcendance qui nous uni et nous réconforte.
En conclusion je n'ai pas trouvé de quoi formuler d'autres critiques concernant ce voyage, sinon mon souhait si nous devions voyager à nouveau avec des scouts d'inviter aussi des scouts de France ou de Suisse. Cette mixité donnerait l'occasion pour eux de mieux se connaître et serait favorables aux échanges entres eux. On pourrait aussi regretter les retards et ses inconvénients dans les trajets mais ceux-ci ne peuvent en aucun cas être imputés aux deux chauffeurs du bus, mais bien comme déjà mentionné, au bétonnage à outrance de cet arrière pays qui modifie les itinéraires sans qu'ils soient déjà mentionnés dans les GPS et les cartes routières et qui provoquent des bouchons sur les routes pires qu'à Genève. Qui l'eut cru. Et je ne peux que féliciter Roger et son complice de chauffeur Dominique. Ayant été souvent assise à l'avant du bus, j'ai pu les observer et entendre les multiples échanges au téléphone pour trouver leur chemin. A eux deux à mon avis, ils ont contourné les multiples imprévus avec brio et une habilité hors du commun, et avec de l'humour de surcroît. Merci à vous deux.
Par conséquent, pour moi, cette marche fut une réussite et elle restera dans ma mémoire comme un moment de vie et d'émotions pleinement partagés
Mireille
4- Une symphonie du Nouveau Monde
Marcher pour refaire société
Imaginer une colonne s’étirant au fil de 60 km de marche, composée de 20 adultes entre 40 et 78 ans, de diverses croyances, et 11 jeunes scouts musulmans. Ils rient, chantent à la joie d’être ensemble, rechignant parfois devant l’effort ou des cailloux sur lesquels ils s’encoublent. La colonne veut relier Cannes, la ville de la marche annuelle du Vivre ensemble, à Nice, la ville d’un récent martyre. Durant 6 jours, dormant sous tente ou dans des gîtes de rencontre.
Tous ces marcheurs se sont retrouvés pour marcher-dialoguer-comprendre. C’est la devise de l’association Compostelle-Cordoue qui, en partenariat avec Vivre Ensemble à Cannes, a mis sur pieds ce pèlerinage intergénérationnel et interconvictionnel.
Marcher, dialoguer, c’est le lot de beaucoup de gens. Mais comprendre ? Et d’abord comprendre quoi ? Trois thèmes majeurs ont alimenté nos échanges. La planète qui bascule inexorablement vers le réchauffement climatique. Les colonnes de réfugiés qui, aux quatre coins du monde, se heurtent aux barbelés ou à la mer de tous les dangers. La violence endogène qui pousse des humains à en tuer d’autres, emportés par leurs idées dominatrices. Trois thèmes d’une actualité criante, qui touchent autant les jeunes que les séniors et qu’il nous faut affronter avec discernement et espérance. Trois thèmes dont les villes de Cannes et de Nice sont, à divers titres, des emblèmes.
Alors, la magie de la marche opère et ouvre les esprits et les cœurs. Une certaine « bienveillance » s’est répandue dans le groupe tout entier, sans qu’on sache d’où elle est venue. Chacun est attentif à l’autre et l’entraide entre les séniors et les jeunes scouts fait merveille. Aux étapes, nos rencontres successives avec des acteurs locaux engagés dans l’un ou l’autre des trois thèmes, se sont révélées d’une extraordinaire richesse. Sans doute par l’étonnant pouvoir de questionnement que des « visiteurs » déclenchent chez leurs « hôtes ». Comme, loin dans le temps, trois anges visitant Abraham et sa famille ont ouvert le monde aux questions essentielles. Car les pèlerins, en marchant, s’interrogent eux-mêmes au plus profond. C’est cette altérité partagée dans l’intimité de la marche qui contribue à fonder un vivre ensemble aux dimensions plus larges, dans les quartiers, les villes, les régions, les pays, jusqu’aux dimensions de la planète. Et par leur esprit libéré du poids de corps, ces pèlerins d’un nouveau monde ont pu, lors des diverses tables rondes organisées en fin d’étape, inviter chacun à s’ouvrir au partage d’une réflexion cruciale pour demain.
Ainsi, avons-nous eu l’impression, durant cette semaine où l’espace et le temps nous sont apparus sans limite, que nos pas avaient inscrit dans le sol, les notes de musique d’une nouvelle « symphonie du Nouveau Monde ». Un nouveau monde qui ne voudra pas contempler ses découvertes dans son propre miroir et réduire le travail de l’autre à la satisfaction de ses propres besoins. Mais un nouveau monde qui, main dans la main avec l’inconnu enfin reconnu comme son semblable, construira des villes, des quartiers, des familles, des forêts, des montagnes, où le respect, la bienveillance, la vitalité, le partage, l’amitié, seront les maîtres mots.
Alain Simonin et toute l’équipe des marcheurs de
Genève, Paris, Toulouse, Montpellier, Cannes, Nice - novembre 2021
5- Scribe du Cercle de conversation du 30 octobre 2021
Animateur : Stéphane Garros
Scribe : Sylvie Vincienne
A Compostelle Cordoue un "cercle de dialogue" (ou "cercle de conversation") est toujours organisé à la fin d'une marche. Les marcheur.es sont rassembles en un cercle, chacun·e assis sur sa chaise. L'animateur placé au centre du cercle demande à un·e marcheur·e de venir le rejoindre en prenant sa chaise. L'animateur évoque une séquence d'un échange durant la marche qui l'a particulièrement frappé. L'invité développe alors son vécu particulier. Les marcheurs à l'extérieur du cercle écoutent attentivement et si le propos d'un conversant fait, chez l'un d'entre eux, écho à sa propre expérience de marcheur·e, elle-il prend sa chaise et rejoint le cercle des conversant·es au centre. Ainsi se développe durant une heure, au travers des diverses interventions des participants ayant rejoint l'animateur, le récit singulier d'une expérience commune de marcheur·es. Un témoin resté à l'extérieure durant tout le récit (le scribe), tente de capter subjectivement les lignes de force du récit collectif et note sur un papier, des extraits anonymisés et des mots-clés (ou des thèmes), pour en faire, après 5 min de pause destinée à rassembler ses notes, la lecture à tout le groupe des marcheurs. La richesse de ce récit collectif rend ainsi hommage à la richesse des vécus de chaque marcheur·e.
Une précision paraît nécessaire, ce qui suit n’est pas le compte rendu de toute la marche et des rencontres vécues mais un compte-rendu du cercle de dialogue tenu la veille du retour.
Le cercle a lieu le samedi soir après une semaine vécue ensemble, nous sommes 23 séniors et 11 scouts. Nous sommes reçus par le père Philippe Jansen qui est invité à rester dans le cercle. Ce cercle va durer une heure.
Alain Simonin présente le cercle et ses règles, qu’il invite à consulter.
Stéphane Garros ouvre le cercle qui résonne très rapidement aux cœurs des participants qui se présentent en un flux assez continu, abordant une gamme variée de sujets vécus de façon très positive.
En tant que scribe je suis frappée par la répétition tout au long du cercle de certains mots employés pour traduire les expériences vécues :
Le temps :
- Pour parler de l’évolution des personnes constatée dans le temps
- de la continuité qui nécessite de l’énergie à déployer
- de la répétition de l’inattendu au long du parcours
- du chemin dont on découvre qu’il est le but une fois qu’il est
parcouru
- du moment qui permet de renouer avec l’engagement scout
- Pour décrire des moments forts, chargés en émotion, « en dehors du temps »
- Pour insister sur le temps de surprise, sur la persévérance nécessaire dans le
temps,
- sur le fait que le temps ne s’arrête pas
Le regard :
- Le regard lumineux de la personne qui nous accueille à Maria Mater et qui est en lui-même
un plaisir
- Les « yeux qui parlent » et qui avec l’attitude en disent déjà long sans un mot.
- La réceptivité à partir du regard
- Le constat que nous avons appris à nous regarder, nous reconnaître.
Le physique :
- Le sentiment de rajeunir
- La rencontre « en présence », le fait « d’être là » qui renforce le lien
- Le manque de la présence des scouts de France qui devient un cadeau quand il est ressenti comme manque
- La présence des uns aux autres dans l’épisode de la manœuvre du bus
- L’aide apportée par un scout pour porter un sac au bon moment
- Le massage qui détend les muscles mis à mal
- « On a voulu m’aider et j’ai retrouvé ma forme »
Le Chant :
- Il a été omniprésent pendant le séjour.
- Fédérateur
- Imprévu comme tel
- Entraînant
- Vécu avec un effet chorale, chacun rejoignant comme il pouvait, avec la mélodie quand les paroles n’étaient pas comprises, avec plusieurs voix quand cela était possible…
- Il a contribué à nous faire vivre des moments forts dans la joie de se retrouver autour d’un café et de chanter Brassens, dans la reprise ensemble de chants scouts qui nous mettaient en communion comme « un corps à 64 pattes », dans le respect attentif à l’écoute de la prière chantée.
En reprenant les interventions des uns et des autres nous pouvons dire que nous avons vécu une marche qui nous a fait vivre des émotions fortes parce que nous avons déjà accepté d’être physiquement là, ensemble. Nous nous sommes regardés,
tels que nous sommes. Nous n’étions pas dans le paraître et nous avons rencontré la lumière dans le regard de l’autre, accueilli la surprise dans les yeux qui parlent à nos cœurs. Les chants partagés nous ont porté, ils ont traversé ce que l’on a vécu.
Plusieurs d’entre nous ont exprimé que cette marche avait été une étape dans la découverte de soi : « Je suis fière de moi » ; « je suis devenue légère » ; « je suis devenu une autre personne du fait de la charge reçue ». Découverte a été faite aussi de notre propre réceptivité à partir du regard, de « rien » pour obtenir « le meilleur », nous avons appris à nous reconnaître.
L’écoute, enfin, se parler en résonance agit sur notre qualité d’écoute : « ce que vous avez dit, cela m’a fait réagir ». Oser dire et la voix détend.
Nous avons monté bien des côtes et descendu bien des pentes et nous avons senti un crescendo au fil de la semaine, avec une intensification vécue après le temps de prière et le moment spirituel qui a suivi.
Nous disons « marcher-dialoguer-comprendre » et nous comprenons à quel point « ce n’est pas seul que l’on témoigne ».
Sylvie Vincienne
6- Marcher et dialoguer pour comprendre un monde à venir
Dialoguer avec son voisin en marchant d’une ville à l’autre, dans des sous-bois ou sur des chemins de traverse, ouvre le cœur et l’esprit. Cette mise en condition nous a permis d’aborder sous les meilleurs auspices, des thèmes d’échange et de réflexion aussi cruciaux pour notre monde à venir, que le climat, la violence et la migration. « Il n’y a pas de mouvement intellectuel valable que là où la langue dit ce qu’on a dans le cœur et où le cœur tient parole », nous dit Louis Massignon, dont nous avions célébré l’ouverture d’esprit lors de notre marche du pèlerinage islamo-chrétien des Sept dormants, en Bretagne à l’ automne 2018.
Agir pour le climat
A Cannes, après avoir marché sur la Croisette pour célébrer les 10 ans du Vivre ensemble, avec tous les représentants des communautés de croyances et de convictions qui en sont membres, nous avons, dans divers ateliers, aborder la question du climat. Notamment avec le père Vladimir, Père abbé de l’Abbaye de Lerins, qui nous a surpris par des propos qu’on aurait plutôt mis dans la bouche d’un chef d’entreprise : les prieurs s’efforcent en effet de cultiver leurs 8 hectares de vignoble, de manière la plus respectueuse possible de l’environnement et dans un esprit de fraternité. Leur emblème : « une île, des frères, un grand vin ». Des propos revigorants !
Affronter la violence
A Nice, ville martyre depuis les événements de 2016 et 2020, nous nous sommes confrontés tout un matin, à l’extrême violence que des humains sont capables de s’infliger les uns aux autres, pour célébrer, prétendent-ils, l’image d’un Dieu exclusif et vengeur. Plusieurs intervenants nous ont tenus en haleine, pourrait-on dire, en nous faisant pénétrer au cœur de cette tragédie : Comment ont-ils pu vivre « l’après » ? Comment retrouver notre humanité après des gestes d’une telle folie meurtrière ? Et pourtant, oui, cela a eu lieu dans cette ville, comme dans d’autres dans le monde. Nous devons, nous ont dit nos invités, dépasser l’émotionnel pour tenter de comprendre. Mais comprendre quoi ? San doute ce cruel paradoxe que là où il y a de l’humanité, il y a de la violence ! Mais aussi tenir coûte que coûte à nos valeurs de fraternité et d’amour, retrouver notre désir d’alliance, vivre ensemble ce qui est bon pour l’Homme. Notre association, par sa capacité de convier la parole de chacun à l’hospitalité pour tous, a pu ce matin là offrir à cinq leaders communautaires juifs, chrétiens et musulmans de grandes qualité humaines et spirituelles, un espace de dialogue qui nous a profondément enrichis, jeunes et moins jeunes réunis ce matin là.
Philippe Janssen de la communauté de Sant’Egidio, le chanoine Philippe Asso, l’imam Sadouni, Avner Soudy, président des amitiés judéo-chrétiennes, et le curé Franklin Parnentier de la basilique Notre Dame, ont ainsi été « des nôtres » et ont vivifié notre espoir et notre engagement. « Nous devons entrer en résistance et non en résilience » ! La présence de nos 14 marcheurs scouts musulmans dans la basilique de Nice au soir de la cérémonie du souvenir de l’assassinat de trois paroissiens par
terroriste tunisien fut un témoignage poignant de notre volonté de solidarité partagée.
Se mobiliser pour les migrants
L’après-midi nous a mis en présence de militants fortement engagés dans l’accueil des migrants. La vallée de la Roya, près de Nice étant un lieu de passage des migrants fuyant la pauvreté et l’insécurité de leur pays : Soudan, Libye, Guinée, Tunisie,
Afghanistan. Les habitants de cette vallée, pourtant si durement touchés par les pluies torrentielles d’octobre 2020, se sont mobilisés dès 2016 pour accueillir les migrants toujours plus nombreux à rentrer en France par cette vallée qui jouxte l’Italie. L’association Roya Citoyenne organise les secours de première urgence, l’accueil et la prise en charge matériel des migrants, le soutien juridique, le soutien aux associations d’hébergement. Elle dénonce aussi des politiques trop répressives et formule des propositions pour une politique plus humaine. Philippe Collet de la Pastorale des migrants, anime notre rencontre avec des responsables de l’association Roya-Citoyenne, de SOS Méditerranée et de l’association Welcome, créée par des jésuites. Ils nous ont montré que même si la migration est un problème très complexe dont les multiples facettes nous déroutent et nous placent souvent dans l’impuissance, la pratique de l’accueil et le soutien aux migrants de tous pays sont un enrichissement mutuel. Se laisser toucher et interpeller par un humain en situation de précarité et de souffrance. Il a aussi été question de droit international et « dignité partagée ». Plus concrètement d’outils, par exemple pour aider un migrant à se présenter à un poste de travail (kit de présentation). Nous avons été touché par tous ces témoignage qui montrent la fantastique mobilisation des acteurs locaux, notamment dans les paroisses. « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité » !
Vivre ensemble dans la diversité
Les gîtes où nous avons séjourné furent aussi des occasions de rencontres d’une grande richesse.
A la Villa Sainte Camille tout près de Cannes, on croise au petit déjeuner, des vacanciers, des personnes âgées et des personnes dans la précarité : chacun se salue, des contacts se nouent. Une manière de lutter contre la violence de l’exclusion,
remplacée ici par une bienveillance partagée. Une brochure raconte cette épopée née en 1946. Son titre dit tout : « Guide de l’entrepreneur social innovant ». Notre marche était d’emblée sur de bons rails.
Deux jours plus tard, nous résidions pour deux nuits au Foyer de la Charité Maria Mater à Roquefort-les-pins, dans un cadre enchanteur, au cœur d’une forêt de pins à mi-chemin entre Cannes et Nice. Florence, la directrice de ce Foyer nous a touché par
son accueil, son infinie simplicité, nourrie par une foi bien vivante. Fondés en 1936 sous l’impulsion de Marthe Robin et de l’abbé Finet, il existe aujourd’hui 74 de ces Foyers sur 4 continents. Dans chaque Foyer de Charité vit une communauté d’hommes et de femmes, réunis avec un prêtre « Père du Foyer ». Célibataires ou mariés, les membres des Foyers partagent une vie simple et fraternelle. Ils mettent en commun leurs biens et leurs compétences pour faire du Foyer un lieu propice au ressourcement spirituel de leurs contemporains. Un soir, le cheikh Bentounes, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya, nous a brièvement retracé la création sous son impulsion, il y 30 ans en pleine guerre du Golf, des Scouts musulmans de France.
« Dans le contexte de large ignorance et de consommation de masse que nous vivons, ne faut-il pas mettre l’accent sur l’éducation des jeunes, pour que la paix soit au cœur de la cité », a-t-il lancé ? « Le terrorisme est né d’une mauvaise connaissance des premiers temps de l’Islam ».
Notre halte de trois nuits au Foyer Maria Mater nous a touché par l’accueil bienveillant de ses hôtes et la douceur du lieu, propice au recueillement et à la restauration de la personne : pendant notre séjour, un groupe de femmes violées s’étaient rassemblées pour se remettre sur le chemin de la vie. Nous avons respecté avec émotion leur silence.
Enfin, nos deux nuits à l’Auberge de jeunesse de Nice, nous ont mis en contact avec des jeunes de tous les pays et aussi avec des personnes de la marge qui sont toujours des rencontres d’exception.
A l’interne, notre groupe de marcheurs intergénérationnel, lors des pique-niques de la mi-journée ou des repas du soir, nous a permis de vivre au cœur de la diversité prônée par Compostelle-Cordoue. Quel joie et étonnement partagés lors de discussion parfois animée où l’on apprivoise la différence et l’on s’étonne de s’être compris : sourires sur les visages, alors ! Émotion aussi, lorsque nous avons, dans un parc de Nice, participé à la grande prière à laquelle les jeunes musulmans nous avaient invités, tout leur corps incliné vers la nature, parce qu’elle n’a pas de visage et vient, elle aussi, de notre Dieu commun. Convergence dans la diversité …
Au dernier jour de notre marche, les larmes coulaient sur les visages mais l’amitié s’est installée dans nos cœurs … pour longtemps, c’est sûr !
Alain
- Marches
L’association Compostelle-Cordoue a fêté cette année ses 10 ans d’existence ; dix ans à « marcher, dialoguer, comprendre » (telle est notredevise) entre personnes de convictions différentes, sur divers territoires de notre planète : Maroc, Palestine-Israël, Liban, Bosnie, Italie, Espagne, France, Suisse…
Cette année, notre marche s’est déroulée en Occitanie, terre d’accueil de catholiques, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes (sans oublier l’épisode cathare)… Nous avons rendu visite à ces communautés dans notre marche qui nous a conduit de Montauban à Dourgne du 22 au 25 juillet. C’est au monastère d’En Calcat, le dernier jour de marche que nous avons fêté, dans la joie et la reconnaissance, nos 10 ans d’existence.
Pour la première fois notre groupe de marcheurs sera était intergénérationnel: 25 seniors (dont un tiers de musulmans) membres de « Compostelle-Cordoue » et 25 guides et scouts (la moitié musulmans), membres de « Scouts et Guides de France » et de « Scouts musulmans de France ».
Nous intégrons ainsi la réalité d’un monde que nous souhaitons partager avec des jeunes.
- Marches
Marche inter-convictionnelle et inter-générationnelle
Occitanie terre d’accueil du 22 au 25 juillet 2019
Le Programme
Préambule
Cette marche a réuni 25 personnes de l’association (+ chauffeur du bus) , 12 scouts et guides de France (dont 3 chefs) et 8 scouts musulmans de France (dont 2 chefs) de 14-17 ans. Différences d’âges et de cultures : une richesse à partager en marchant.
Un bus de 60 places a assuré la logistique et a fait les transferts nécessaires ; à noter que la température caniculaire (+ de 38° tous les après-midi) nous a conduit à raccourcir les marches ; la souplesse d’utilisation du bus et la compétence et serviabilité du chauffeur, Dominique Gilbon, ont été précieuses. D’autres personnes se sont jointes à nous à la journée ( le 23, le 24 et le 25), sans logistique particulière, cf. ci-après. Trois journalistes ont partagé notre marche, une de l’hebdomadaire « La Vie » les 23,24, 25/7, l’autre de Radio Présence le 25/7, la troisième de TV Via-Occitanie le 25/7.
Lundi 22 juillet
8H Départ du bus de Toulouse jusqu’à Montauban où on y retrouve les scouts et guides de France
9H Accueil à la mosquée par le responsable de la mosquée, accueil à la synagogue par le rabbin Elkiess et le chargé du culte A. Sultan puis marche (3kms) dans la vieille ville de Montauban : église St Jacques, place nationale…
11H30 Transfert en bus sur Villebrumier (10kms)
12H Pique-nique à l’abri du soleil et les pieds dans l’eau sous le magnifique lavoir XIXème
14H15 Marche sur la rive et les coteaux rive droite du Tarn (7 kms) ; en cours de route jeu « brise-glaces » pour faire connaissance, organisé par James, chef SGdF ; arrivée au bourg médiéval de Villemur, visite guidée des greniers du Roy et de la tour de défense (16H30-17H15)
17H15 Transfert en bus sur les lieux de couchage (hôtels le Flambadou et L’alcove), installation, repos.
19H30 Transfert en bus au centre Bernadou. accueil par les SMF de Villemur : dîner et soirée préparés par les scouts : magnifique repas puis jeux par les SGdF, enfin touchante cérémonie
de « promesse » par les SGdF
Mardi 23 juillet
8H00 Petits déjeuners au Flambadou et cercle de départ avec nos hôtes
9H Transfert en bus à Bessières
9H30 Marche de 7,5 kms jusqu’à Mezens :voie verte et bords du Tarn, bourgs de Bessières, Buzet, accueil à l’église fortifiée de Buzet par la sacristine Lucette-, poursuite jusqu’à Mezens
12H15 Transfert en bus de Mezens à Lavaur
12H30 Pique nique sous le somptueux cèdre des jardins de la cathédrale de Lavaur. Accueil par Mr le curé de Lavaur. On retrouve également le directeur du centre bouddhiste Vajra Yogini et plusieurs moines et adeptes, ainsi que des membres de la chorale « Réjouis-toi » et la journaliste de « La vie ». Visite de la cathédrale Saint Alain, guidée par le vice président de l’association diocésaine, et adjoint au maire de Lavaur.
Petit concert de « Réjouis-toi », complété par des chants des participants
14H30 Marche –raccourcie pour cause de canicule- depuis la cathédrale jusqu’à la sortie de Lavaur (2kms) où l’on retrouve le bus qui nous amène au centre Vajra Yogini. Cependant, un groupe de courageux effectue à pied le trajet jusqu’au centre (6kms)
16H Installation au centre (camping scouts et 18 membres de CC ) et au couvent de Marsac à 1km du centre bouddhiste ( 10 membres de CC), repos
19H Dîner partagé avec le personnel et les stagiaires du centre bouddhiste
20H30 Présentation du bouddhisme tibétain et histoire du centre par François Lecointre , directeur du centre, et Lama Charles et échanges ; les membres soufis du groupe nous font partager un dhikr
Mercredi 24 juillet
7H30 Méditation dirigée par Lama Charles (à la demande des scouts)
8H00 Petit déjeuner au centre Vajra Yogini
8H45 Cercle de départ
9H00 Transfert en bus à Massac
9H30 Marche de 7kms sur l’ancienne voie romaine, de Massac à Château Magrin
12H Pique nique et repos en musique dans le parc du château
14H Visite guidée de château Magrin, château cathare et musée du pastel
15H15 Transfert en bus de la majeure partie du groupe jusqu’à Puylaurens. Quelques téméraires effectueront à pied une partie du trajet jusqu’au centre de loisirs l’aubépine à Lapeyre (7kms)
16H Installation dans les chambres d’hôtes et au camping municipal pour les scouts-repos
18H30 Au temple protestant , échange avec Nicolas Boutié sur le protestantisme, ses origines, la situation actuelle (ancienne académie protestante à Puylaurens) ; discussion.
19H30 Dîner sous la halle municipale préparé par le traiteur local
Jeudi 25 juillet (St Jacques)
Des moines d’En Calcat et des habitants locaux et toulousains, ainsi que des moines et membres du centre bouddhiste, enfin la journaliste de Radio Présence et celle de TV Via-occitanie, nous ont accompagnés pour cette journée
9H00 Transfert en bus de Puylaurens à Lescout.
9H30 Cercle de départ autour du magnifique pigeonnier-grenier du XVèmesiècle. Belle animation assurée par Nanou, comme pour les autres cercles de départ
10H Marche de 8 kms entre Lescout et le monastère d’En Calcat, on termine sur le GR653 (Voie d’Arles, chemin de Compostelle)
12H45 Pique- nique au monastère
14H15 Office de None spécifique Saint Jacques, partagé avec la communauté monastique d’En Calcat et les pèlerins présents
14H30 Interventions modérées par Alain Simonin : Gabrielle Nanchen, fondatrice de Compostelle-Cordoue, à l’occasion des 10 ans de l’association ; Maurice Nanchen pour les agnostiques, Frère Daniel et une guide de France pour les catholiques, Sophia Bentounès et un scout musulman pour les musulmans, François Lecointre pour les bouddhistes ; Michel Rouffet lit un texte de Roger Attali pour les juifs ; le père abbé d’En Calcat conclut
Alain remercie nos hôtes
15H30 Cercle final d’échange entre les marcheurs animé par Alain Simonin
17H Retour en bus sur Toulouse avec récupération des voitures des marcheurs du dernier jour à Puylaurens ou Lescout.
Prolongation de la marche sur 2 jours à En Calcat avec un frère d’En Calcat pour un sous-groupe de 5 personnes.
Accueil bénévole le 25 au soir au hameau de Mangepommes à Ramonville et à Toulouse pour les marcheurs non toulousains et les scouts parisiens, qui reprennent le train le 26 après-midi.
Rédigé par Michel Rouffet
L’équipe d’organisation et de logistique
Michel, Lucie, Dominique, Jacqueline, Stéphane, Roger sans oublier Alain et nos photographes Mireille et Rania
Rédigé et mis en image par Roger avec la complicité d’Alain)
Anniversaire des 10 ans de Compostelle-Cordoue et Cercle final
Alain Simonin anime ce dernier après-midi
Nous sommes en cette fin de marche en pays occitan au monastère d’En Calcat. Tous les amis bouddhistes et moines bénédictins qui nous ont accompagnés pour cette dernière étape sont présents et vont participer à la petite cérémonie d’anniversaire de nos 10 ans d’existence et entendre quelques témoignages de marcheurs.
A notre fondatrice Gabrielle Nanchen l’honneur d’un exposé sur les origines et l’histoire de notre association. Gabrielle choisit de nous faire revivre certains faits marquants par un album photos imaginaire. Ce fut un moment très vivant et émouvant dont vous trouverez la trace ci-dessous. Notre cher Maurice, son mari, compléta ce tableau vivant par un exposé dont il a le secret, sur le thème de la fraternité. Suivirent les témoignages de notre hôte Frère Daniel. Puis par couple d’un jeune scout et d’un membre de Compostelle-Cordoue, des marcheurs et marcheuses ont dit avec beaucoup d’émotion leur expérience vécue lors de cette marche. François Lecointre, directeur du centre bouddhiste de Vajra Yogini évoqua les valeurs qui nous ont tous réuni aujourd’hui dans ce moment de synthèse. Michel Rouffet lu un texte de Roger Attali pour la communauté juive et le Père abbé d’En Calcat conclu malicieusement et chaleureusement cette cérémonie. Chaque participant à la marche reçu en guise de cadeau pour cette anniversaire, un exemplaire de notre livre « Compostelle-Cordoue. Marche et Rencontre » édité en 2012.
Toutes nos marches se terminent par un grand cercle final qui permet aux participants de partager leurs expériences vécues. Chaque participant qui le souhaite est invité à rejoindre au centre de l’espace, le petit cercle des conversants, pour ajouter le leur par résonance aux propos entendus. Le cercle des conversants grandit ainsi au cours de l’heure que dure cette « conversation collective». A terme, nous avons la trame d’un récit collectif d’une étonnante richesse, qu’un témoin placé en dehors du cercle recueille et nous restitue en principe à chaud. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci, mais quelques thèmes ont été glanés par notre ami Roger et cités ci-dessous. Ces cercles de conversation, constituent souvent un moment d’échange très intense et émouvant auquel nos jeunes scouts ont participé pour l’occasion, avec un naturel étonnant. Le dernier témoignage de l’un des leurs nous a particulièrement touchés, qui évoquait sa surprise d’avoir pu échanger si facilement avec des anciens et d’en avoir été tellement enrichi. L’émotion fut alors palpable et son témoignage fut la conclusion rêvée de tout ce que nous avons, les un-es et les autres, mis de fraternité et de joie dans cette extraordinaire marche en pays occitan.
- L’album des débuts de Compostelle-Cordoue
par Gabrielle Nanchen
Comme Compostelle-Cordoue s’est faite belle pour fêter son dixième anniversaire ! Solide sur ses jambes, bronzée et resplendissante de sourires, ceux plissant les yeux attendris des habitués plus très jeunes de Compostelle-Cordoue et ceux éclatants de jeunesse des scouts chrétiens et musulmans qui ont marché avec eux, elle regarde avec confiance la route qui s’ouvre à elle.
Dans la belle abbaye d’En Calcat, où nous nous sentons si proches les uns des autres en cet après-midi torride de la fin juillet, mon cœur est plein d’alléluias. Ce qui me réjouit autant, c’est que mon rêve est en train de se transformer en réalité. Pour vous faire comprendre cette alchimie, je voudrais vous présenter un album de photos. Des photos que je ne vais pas vous montrer mais vous raconter.
1. Le premier cliché n’est pas très net. Il date du début de la photo couleur. On y voit sur fond de ciel bleu, de glaciers étincelants et de prés très verts, une foule de très jeunes filles et de jeunes femmes. Toutes portent des chemisiers bleus, verts, rouges ou beiges et des foulards soigneusement enroulés autour du cou. Toutes font le même geste : les trois doigts de leur main droite sont levés, leur pouce appuie sur le petit doigt. Seuls les visages sont différents : peau claire ou peau sombre, cheveux raides ou cheveux crépus, yeux en amande ou yeux ronds. En zoomant sur le premier rang, on distingue une adolescente aux cheveux noirs et aux tâches de rousseur, petite et fluette, qui rayonne de toute sa figure. Au milieu des quelques centaines d’éclaireuses réunies grâce à ce camp international qui se déroule dans son pays, elle est en train de découvrir le bonheur de vivre ensemble et de s’enrichir des différences. Ses camarades l’appellent Moineau mais ses parents l’ont prénommée Gabrielle.
2. La deuxième photo a été prise bien des années plus tard par cette même personne, qui a pris passablement de cheveux gris. On y voit un groupe de jeunes cyclistes arrivant, crottés et lourdement chargés, sur la place de l’Obradoiro devant la cathédrale de Saint-Jacques-de Compostelle. Certains laissent tomber leur vélo sur les pavés mouillés. D’autres se sont mis à genoux. D’autres chantent et dansent. Il y a dans leurs yeux de la fierté, de la fatigue et une lumière qui étincelle. Je me souviens encore de la petite voix que j’ai entendue au moment où je les prenais en photo : toi aussi un jour tu connaîtras la même joie. En arrivant à pied à Compostelle.
3. De toutes les images que je pourrais vous montrer pour illustrer ma pérégrination du Puy-en-Velay à Compostelle, je n’en retiendrai qu’une. C’est une page de cahier d’écolier épinglée à la porte d’une chapelle perdue dans un champ de maïs, quelque part dans le Gers. On y lit une simple phrase écrite d’une main anonyme. Elle résume à merveille le lent processus de réconciliation que ce cheminement solitaire a opéré en moi :
Pèlerin, il va sans armes et sans armure
A la rencontre de lui-même
A la rencontre de l’autre
A la rencontre du Tout Autre.
4. Et voici maintenant un personnage que je ne m’attendais pas à trouver en arrivant à Compostelle. C’est dans une chapelle latérale que je l’ai vu lorsque, la foule des pèlerins s’étant dissipée, je visitais méthodiquement la basilique. Elle représente un fier cavalier brandissant une épée avec laquelle il pourfend de pauvres bougres au tient basané. La tête de l’un d’entre eux a déjà roulé sous les pieds du cheval. Sous la statue on peut lire : Santiago Matamoros. De matar, tuer et moros, les Maures. Mon sang n’a fait qu’un tour. Saint Jacques, le disciple de Jésus, dans le rôle d’un massacreur de musulmans !
5. La cinquième photo a été prise chez nous par mon mari : on m’y voit moi avec deux personnes dont les recherches historiques m’ont grandement aidée à écrire un livre, lequel s’est trouvé être à l’origine de notre association. Ce livre, Compostelle, de la Reconquista à la réconciliation, c’est l’indignation qui m’a poussée à l’écrire. Après avoir vu la statue du Matamore, je ne pouvais pas laisser plus longtemps les pèlerins de Compostelle ignorer que l’apôtre Jacques dont ils sont censé honorer la mémoire a en fait été instrumentalisé durant plusieurs siècles en Espagne. Que ce n’est pas seulement dans un esprit de paix et d’amour que les chemins menant à Compostelle ont été parcourus depuis le moyen âge. Mais que c’est aussi pour reconquérir – ou pour conquérir – la Péninsule ibérique alors sous domination arabo-musulmane que les souverains chrétiens du nord de l’Espagne et leurs alliés, venus de France et d’autres pays de ce qui est aujourd’hui l’Europe, les ont empruntés.
Les deux personnes qui m’ont aidée dans cette entreprise s’appellent Louis Mollaret1, président de la Fondation David Parou-Saint-Jacques, et Denise Péricard-Méa, historienne. Après la parution de mon livre, Louis m’a encouragée à m’engager activement pour concrétiser le souhait formulé dans mon livre : que le pèlerinage de Compostelle devienne un vecteur de réconciliation entre chrétiens et musulmans. D’accord, lui ai-je dit, mais pas sans vous.
6. En quelques mois, le groupe de personnes intéressées par mon idée s’élargit. Une rencontre est organisée en décembre 2008 à Genève. Sur cette photo on reconnaît de gauche à droite : Louis Mollaret, André Weill (un ami grenoblois de Louis qui a marché d’Auschwitz à Jérusalem), Abbas Aroua (directeur de la Fondation Cordoue Genève – que j’ai connu grâce à un fonctionnaire fédéral, neveu par alliance de ma sœur, dont je reparlerai plus loin –, Abbas qui a mis à notre disposition les locaux de son organisation), GN (votre servante, désignée dorénavant par ses initiales), Bertrand Loze (un scout catholique toulousain habitant Genève et intéressé par le rôle des religions dans la promotion de la paix) et Bernard de Senarclens, (président de l’Association suisse des amis du chemin de Saint-Jacques). En plus de ces 6 pionniers il y a ce jour-là deux ou trois autres personnes qui ont quitté le bateau en cours de route.
7. Ce cliché a été pris pour immortaliser la journée du 18 avril 2009. C’est la date de la création à Genève de l’Association Compostelle-Cordoue (CC), laquelle a pour objectif « d’œuvrer à la promotion d’actions de nature à favoriser le dialogue interculturel, notamment islamo-chrétien ». Cette assemblée constitutive a lieu au lendemain d’une journée de réflexion sur le thème : « Le pèlerinage, un chemin vers la réconciliation ». Elle a pu avoir lieu grâce notamment à deux personnes qui ne figurent pas sur la photo mais que je veux évoquer ici : Jacques Moreillon, un ami à moi, ancien Secrétaire général de l’Organisation mondiale du mouvement scout et par ailleurs membre du Conseil de la Fondation Ousseimi, laquelle a rendu financièrement possible notre journée de réflexion sur les pèlerinages; et Jean-Nicolas Bitter, dont je viens de vous parler et qui occupe un poste de cadre au Département fédéral des affaires étrangères. C’est grâce à lui que CC a pu bénéficier ultérieurement du soutien du gouvernement suisse. La photo en question montre le premier comité de la nouvelle association : les deux co-présidents Abbas Aroua (qui est à l’origine du nom de CC) et GN, le secrétaire Gabriel Baechler (travailleur social valaisan, pèlerin de la Mecque et membre de l’Association internationale soufie Alawiyya - AISA), le trésorier Bertrand Loze, André Weill, ainsi que Tanya Ortega et Mahdi Jahandar. Ces deux personnes, des amis de Bertrand Loze, l’une agnostique, l’autre shiite, quitteront le comité au bout de peu de temps.
8. La photo que vous voyez maintenant a été prise en novembre 2010. En arrière-plan, le fleuve Guadalquivir et la Mezquita, la mosquée-cathédrale de Cordoue. Au premier plan un important groupe de marcheurs avec leur bâton et leur sac à dos. Ils rejoignent à pied la cité andalouse qui va être le cadre du grand projet auquel le comité de CC travaille depuis une année et demie : un colloque qui réunira des experts Juifs, chrétiens et musulmans, venus de différents horizons géographiques. Durant trois jours, ils évoqueront à travers le personnage du Matamore et le mythe d’Al Andalus les relations complexes existant entre ces traditions. Le colloque a été mis sur pied en partenariat avec la Fondation Paradigma Cordoba, dont Jacques Moreillon – toujours lui – est membre du conseil de patronage. C’est une généreuse contribution de la Confédération et différents parrainages qui ont permis la mise sur pied du projet, cautionné moralement par un comité de soutien dont font partie des personnalités telles que Michel Roccard, Stéphane Hessel et Frédéric Lenoir. A la tête du groupe de marcheurs qu’on voit sur la photo, il y a André Weill et Jean-François Duchosal qui ont marché depuis Saint-Jacques-de-Compostelle. Parmi ceux qui les suivent et qui se sont contentés de partir de Mérida, à quelque 220 km de là, on reconnaît Louis Mollaret et aussi Alain Simonin, Michel et Christiane Rouffet, Dominique Chappot, Matthieu de Lamarzelle.
9. L’image suivante, je ne peux la regarder sans que mes yeux s’embuent. On y voit, à la tribune du Palais des Congrès de Cordoue, un homme d’une soixantaine d’années de grande taille et d’une stature imposante. Il s’adresse au public du colloque organisé par CC, en particulier aux scouts musulmans, chrétiens et juifs qui se sont joints à nous pour la dernière journée de marche. Il leur dit son souhait que saint Jacques ne soit dorénavant plus appelé Matamoros mais Amamoros. Et son rêve de voir des jeunes de toutes les traditions marcher ensemble vers le même horizon. Cet homme, un jésuite qui a fondé le monastère de Mar Moussa en Syrie, s’appelle – s’appelait ? Dieu seul le sait – Paolo D’all Oglio.
10. Sur cette photo il y a beaucoup de monde, cinq ou six groupes d’une douzaine de personnes assises autour de tables rondes. Elles sont en train de déjeuner dans le restaurant de l’hôtel Conquistador à Cordoue, à deux pas de la Mezquita. En zoomant sur un de ces groupes, on voit un monsieur d’un âge certain en costume cravate entouré de deux scouts qui semblent n’avoir qu’une vingtaine d’années. La jeune fille porte la chemise verte des scouts musulmans, le garçon la beige des scouts juifs. A la droite de la jeune scoute il y a le cheikh Khaled Bentounes, leader spirituel de AISA, à qui l’on doit une des interventions de la matinée. A la gauche de celui-ci, on reconnaît Michel Rouffet qui a accepté la tâche difficile de coordonner le déroulement de ce repas qui vient clôturer le colloque. Un repas à moitié improvisé, car les responsables de CC ne pensaient y inviter, pour des raisons financières, que ceux et celles qui s’étaient investis comme orateurs. Le hic, c’est que les jeunes présents dans la salle, de même que la plupart des marcheurs de Compostelle ou Mérida à Cordoue, n’entendaient pas les choses de cette oreille. Déjà qu’on ne leur avait quasiment pas laissé la possibilité de s’exprimer durant la partie officielle, on n’allait pas maintenant les exclure du seul moment convivial du colloque.
Ils ont donc fait du forcing à la porte du restaurant. Et la co-présidente ainsi que le trésorier de CC, se souvenant opportunément d’une histoire de multiplication des pains, n’ont pu que s’incliner. A la condition toutefois que l’on ne se contente pas de manger mais aussi que l’on réfléchisse à la suite éventuelle à donner à l’aventure vécue ensemble.
Le temps du repas a été fécond. Intellos experts et marcheurs pragmatiques, jeunes et vieux, juifs, musulmans, chrétiens ou agnostiques, ils ont découvert que tous partageaient un idéal commun, contribuer à la rencontre des hommes et des femmes de toutes les traditions culturelles. Et qu’il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin.
11. Juillet 2012, Moulay Abdessalam. Cette photo illustre la première concrétisation du souhait formulé à Cordoue. C’est une longue file de marcheurs tout de blanc vêtus. Parmi eux, plusieurs membres de CC. Partis à pied de Ronda, à proximité de Cordoue, ces derniers ont franchi le détroit de Gibraltar – comme les migrants, dont ils se sentent solidaires, mais en sens inverse – pour rejoindre Tanger où ils ont rencontré notamment Sofia Bentounes. La fille du cheikh a remis à chacun un t-shirt blanc portant l’inscription en vert : Marcheur de la paix. Avec les très nombreux pèlerins musulmans venus du Maroc, de Turquie, de France, de Suisse et d’ailleurs, ils gravissent la colline aride au sommet de laquelle se trouve le sanctuaire soufi de Moulay Abdessalam. Tout au long du parcours ils sont encouragés par des scouts qui leur distribuent de l’eau. Ils se mêleront ensuite à la foule qui se recueillie au pied du mausolée pendant que les officiants psalmodient des dikr. Certains marcheurs de C-C laisseront leur regard errer du côté de l’ouest. Là où le soleil, que la légère brume de cette fin de journée a rendu rouge, est en train de descendre doucement vers l’océan.
12. Les photos qui remplissent les pages suivantes de l’album, le temps me manque pour vous les montrer. Vous y verriez de splendides paysages : un bisse du Valais entre St-Maurice et Sierre, les collines de l’Ombrie entre Rietti et Assise, les cèdres du Liban et la vallée de la Qadisha, les sentiers pleins de poésie mais bordés de champs de mines de la région de Srebrenica en Bosnie, le désert du Néguev et la Mer morte, la roche de Solutré et le site de Taizé, la Côte de Granit rose et la chapelle bretonne des Sept dormants.
Et à chaque fois, au premier plan, des marcheurs pas tout à fait pas comme les autres. Des marcheurs qui, s’inspirant des mots du poète Antonio Machado, tracent à chaque pas leur chemin les uns vers les autres – al andar se hace el camino,.
Plusieurs de ces marcheurs ont à l’esprit la devise rituelle des pèlerins de Compostelle : Ultreïa ! Toujours plus loin ! Mais leurs amis leur ont appris à ajouter Inch’Allah !
Gabrielle Nanchen
- Et le verbe s’est fait frère de Maurice Nanchen
Chères sœurs et chers frères de notre belle marche d’une semaine dans la France profonde ! Nous n’avions pas invité la canicule mais elle s’est invitée et ensemble nous l‘avons apprivoisée. Elle nous a rappelé, bien à propos, que nous ne devons pas oublier notre Terre en péril. Christian de Chergé a écrit « Et le verbe s’est fait frère ». C’était le thème de notre rencontre. Nous en avons peu parlé mais nous l’avons vécu. Ô combien ! Cette fois-ci, en plus de la diversité habituelle de nos appartenances de pensée et de cœur, nous avons vécu la diversité des générations. Merci à ceux qui ont rendu cela possible ! La proximité quotidienne de ces jeunes, leur spontanéité, leur vivacité de pensée, leurs excès, leur gentillesse m’ont enchanté. Et encore, une considération plus personnelle. Le dernier jour, lors de notre rencontre finale à l’Abbaye d’En Calcat, j’ai eu l’heureuse occasion, d’évoquer mes références humanistes laïques. Bien sûr : liberté, égalité, fraternité ! Dans le bus de retour, mon ami parisien Ahmed m’a gentiment glissé à l’oreille : « J’y aurais ajouté l’humilité ! ». J’y réfléchis encore, car il y a du vrai dans sa remarque. Mais pourquoi cet élan émerveillé à l’évocation des valeurs républicaines, chez moi, chez les humanistes laïques et chez beaucoup d’autres ? Ma réponse provisoire est celle-ci : il est difficile, après des milliards d’années de silence cosmique, de résister à la grandeur de l’émergence sur notre modeste planète bleue de mots si chargés de sens, dont le plus beau d’entre eux : « Toi mon frère ! »
Maurice Nanchen
- Texte de Roger Attali lu par Michel
Vous avez eu une excellente idée, en me proposant d’écrire un texte que vous lirez à En Calcat le Jeudi 25 Juillet devant tous nos amis réunis, marcheurs ou pas, de tous les horizons religieux et spirituels, et je vous en remercie sincèrement. Je me fais donc un plaisir de vous transmettre ces quelques réflexions sur les modalités du vivre ensemble, provenant d’un membre de la Communauté Juive de Toulouse, engagé depuis longtemps dans le dialogue inter religieux et responsable en particulier de tout ce qui a trait à la Mémoire.
Bien qu’il figure au fronton de toutes nos institutions, la fraternité est un concept complexe et original, travesti jusqu’à la caricature, et pourtant si généreux et porteur de sens qui s’inscrit dans le cadre plus large et accueillant de la laïcité républicaine, ce qui n’exclut pas, loin s’en faut, une démarche spirituelle.
Quand il s’est rendu à Oslo pour recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1952, le Docteur Albert SCHWEITZER a mis en demeure le Monde d’oser regarder la situation en face. « Plus sa puissance grandit, plus l’Homme s’appauvrit. Nos consciences doivent s’éveiller au fait que plus nous devenons des surhommes en maîtrisant toutes les techniques et en asservissant sauvagement la Nature, plus nous devenons, en réalité, inhumains, en aspirant à devenir un loup pour l’Homme». C’est effectivement ce que l’on peut aussi appeler une fuite en avant, une course abîme. Une course à l’abîme dans la création matérielle, un stakhanovisme consumériste, une accumulation inégalitaire, un obscurantisme fanatique meurtrier, une exploitation égoïste de nos ressources naturelles. Ce déséquilibre funambulesque porte en germe toutes les détresses des hommes que la société aveugle et sourde marginalise, disqualifie, met à l’écart en les broyant définitivement et en les humiliant, parce qu’elle s’est volontairement désacralisée. C’est à une crise du sens que nous sommes confrontés. L’engrenage infernal du chômage, de la solitude, de la misère, de la maladie, de l’intolérance et de la violence sont des défis terribles que seuls la solidarité agissante, la spiritualité, la générosité, le sens de la Justice, la fraternité peuvent nous aider à gagner.
L’initiative originale de l’association Compostelle /Cordoue à qui il convient de rendre un hommage chaleureux pour son engagement en quelque sorte visionnaire nous a permis de dépasser ces clivages fallacieux que sont les différences de religions, de spiritualités et d’ouvrir les portes d’un dialogue honnête et spontané fondé sur la loyauté, la confiance, une curiosité. Intellectuelle du meilleur aloi et une circoncision du cœur. Nous sommes très engagés dans diverses initiatives inter-convictionnelles :
- les Semaines de la Fraternité, sous l’égide de la Préfecture.
-participation à l’instance municipale Toulouse Fraternité
-intervention pédagogique au sein du Diplôme Universitaire « Droit et Religions ».
-participation à la Journée internationale pour le Vivre Ensemble dans la Paix (reconnue par l’ONU).
- participation aux activités de l’Amitié judéo-chrétienne et à Judaïsme et Protestantisme.
-intervention au sein des établissements scolaires pour expliquer le judaïsme avec visite de synagogue, un prêtre pour le christianisme et visite d’église et un imam pour l’Islam et visite de mosquée.
-Marche inter-convictionnelle sur un parcours symbolique.
Très sincèrement, il y a mille autres participations à des initiatives prônant le dialogue et l’action engagée pour un mieux vivre ensemble.
Car nous nous trouvons tous, toutes religions et spiritualités confondues, embarquées dans l’Arche de l’Harmonie qui doit affronter avec courage et détermination les nouveaux Déluges
(les préjugés, l’intolérance, les peurs irrationnelles et le rejet parfois violent de l’Autre). Nous savons le Mal que l’Homme est capable d’infliger à l’Homme. Nous marcherons avec vous en pensée car la pensée hébraïque est voyageuse. Comme le dit le poète Edmond JABES «N’oublie jamais que tu es un voyageur en transit». En chemin, nous sommes plus près du lieu recherché que lorsque nous nous persuadons d’être arrivés à destination et de n’avoir plus qu’à nous établir. Bien sûr, nous sommes lucides mais notre cœur est rempli d’une grande espérance que nous abordons cette grande aventure humaine qui est celle de construire une société de tolérance, de respect, de bien vivre ensemble. Grâce à nos engagements sincères, nous savons que nous pouvons constituer une Communauté humaine, généreuse et désintéressée mais l’expérience de ces rencontres fraternelles riches et denses, nous a permis de constater que notre rêve, peut être un peu naïf au départ, pouvait devenir une belle réalité tangible. Toutes les religions et spiritualités ne conçoivent l’Homme que débout et dans le Livre de la Genèse, tout comme dans les Psaumes, l’homme est souvent comparé à un arbre planté le long des fleuves vivants qui irriguent toutes les discussions de la Création. Dans la tradition juive, Dieu s’est arrêté dans le processus de création le septième jour, non pas pour se reposer, (ll n’en a nul besoin), mais pour permettre à l’homme d’être le véritable assistant de Dieu pour parfaire le Monde en développant les vertus de justice et d’amour et de justice pour le prochain. L’homme devient le partenaire éclairé de Dieu. Le vivre ensemble ne doit pas être un slogan confortable et vain, vide de sens, mais un impératif catégorique, une nécessité vitale impérieuse, celle que décrit le philosophe Emmanuel LEVINAS: « Le regard de l’Autre m’éveille à la conscience d’être humain responsable et me permet de me réapproprier ma propre identité en me rapprochant avec amour de celle de mon prochain dans la fraternité retrouvée »
Roger Attali
Relevé du Grand Cercle Final d'échanges
Le cercle animé par Alain
Alain : Tarek m'apprend qu'il travaille à une thèse sur la conception de la justice dans le Coran à l'époque de Cordoue: quelle étonnante coïncidence au départ de cette marche anniversaire de notre association Compostelle-Cordoue ? Je l’invite à me rejoindre dans le cercle
Tarek : je fais une thèse sur Cordoue. A la synagogue, j’ai ressenti que nous ne sommes pas si différents. Rencontres rafraîchissantes
Agathe : les jeunes sont ils différents ? j’ai ressenti l’importance du partage et la joie de la différence
Michel : L'apparence de chacun est différente, mais, grâce à un certain regard, nous pouvons percevoir un fonds commun; ainsi avec le lama Guesché Loden, j'ai ressenti plus qu'une ressemblance, une fraternité.
Adam : partage et découverte avec nos différences
Waïl : échange et partage, On est moins ignorants quand on partage nos culture.
Augustin : découvrir et découvertes : l’autre, l’ailleurs ; partage de tous les ressentis
Mireille : belle rencontre avec Tarek et Agathe
Rania : SGDF, SMF même famille, respect
Simone : réceptivité des jeunes, former une équipe, vigilance, profondeur, générosité, souvenir de la promesse qui m’a fait penser à celle de ma sœur
Patrick : SMF et SGDF ne font plus qu’un
Une scoute : Rania m’a donné des conseils
Rania : joie et service des ados, transmission d’expérience
Sylvie : respect du frère Charles pour celui qui lui posait une question
Stéphane : j’ai manqué parfois d’énergie mais vous m’en avez donné, découverte de la marche et du parlé à deux
Astrid : joie et service et simplicité des relations quelque soit l’age et la tradition, apporte la paix
Morice : rapport de Charles avec son questionneur
James : la promesse d’entrée en karavan, ouvrir le cercle pour la promesse, souvenir : donner-recevoir
Jean Luc : je ne suis pas bon marcheur et causeur mais la rencontre nourrit
Thomas : je ne pensais pas faire autant de km en si peu de jours, rencontre et culture
Nanou : rencontres simples et fluides
Gabrielle : je me sentais trop âgée pour marcher mais j’en ai fait plus que prévu, et j’ai pensé à Thomas
Deborah : échanges pendant la marche , le temps passe plus vite en marchant
Hamed : liberté, égalité , fraternité et humilité...j’ai appris énormément en marchant
Lucie : dépassement de Thomas ; rencontres : intellectuelles mais fluides
noté par Roger
Impressions de marcheurs C-C Occitanie
Je suis revenu comblé de cette semaine à Toulouse, un pays que je découvrais, des paysages somptueux, la chaleur supportée, mais surtout des rencontres multiples et des paroles qui vous vont droit au cœur.
Les rencontres: d’abord l’accueil chaleureux à Toulouse, merci à Michel, Christiane, Edith… Merci à toi Roger, à Dominique, et à tous les autres qui ont assuré le « soutien". Innombrables conversations sur le chemin, avec confidences, échanges de soucis, « confessions » réciproques, débouchant sur l’apaisement et le retour du désir vivre... mais aussi émotions très fortes, devant la beauté du monde et la richesse cachée dans le cœur de toutes et tous. Rencontres de personnes lumineuses, indissociables du lieu plus ou moins sacré qu’elles animent : l’imam de la mosquée de Montauban,son humilité, la symbolique du verre d’eau, la douce prière. Le rabbin de la synagogue et sa parole que je n’oublierai jamais : « quand on dit à un enfant : tu es intelligent, ou à un adulte : tu as de la valeur pour moi, la vie de l’autre est définitivement changée ». Je rumine cette pensée depuis mon retour, en pensant certes à tout ce que j’ai manqué dans ma vie (sans fausse culpabilité), mais surtout l’espoir puissant qu’elle produit. Si nous l’appliquons tous et toutes, le monde ira mieux. La personne charismatique responsable du Centre bouddhique, son accueil si simple, son sourire. Le moine-lama breton assis, durant cette inoubliable soirée sur la prairie, son visage souffrant et la douceur de la parole, détruisant en moi tous les préjugés contre le bouddhisme (que je connais très mal) : notre ennemi à tous, jamais vaincu totalement, c’est notre moi.Le combattre est la condition de l’amour.L’unité entre les religions, pas seulement monothéistes, se situe à ce niveau. Entendre parler ainsi de l’Amour universel, par quelqu’un qui médite et combat dans la difficulté, en intégrant, sans faire référence précise au Christ de l’Evangile, les mystiques de toute origine, sa manière patiente de répondre aux nombreuses questions qui ont fusé tard dans la nuit, m'a bouleversé. Le pasteur barbu de Puylaurens, si authentique et convaincant, nos applaudissements une seconde interrompus lorsqu’il a parlé de son mariage. Les moines d’En Calcat, la simplicité chaleureuse de leur accueil. Les larmes de Gabrielle Nanchen qui ont ponctué son si remarquable récit de vie. Et j’en passe, en oubliant sans le vouloir beaucoup d’autres personnes. Ce que je n’oublie pas, par contre, c’est l’immense présence des scouts. Comme une transfusion sanguine, l’esprit conquérant de leur jeunesse a fait en quelque sorte renaître la vie de notre mouvement (qui n’était pas mort !, mais qui, comme tous les mouvements risquait de s’assoupir) Leur disponibilité, leur joie, leurs cérémonies, leur capacité d’animer l’ensemble, l’autorité bienveillante de leurs chef et cheftaine, l’effacement dès le premier jour de leur différence religieuse. Qui aurait pu prévoir cela ? J’ai pleuré en entendant le chant de la promesse, le même que j’ai chanté il y a plus de 60 ans.
Jacques Petite
Le petit homme en rouge, drapé dans son habit de moine tibétain, est assis en tailleur devant trois rangées de marcheurs et visiteurs du centre bouddhiste de Vajra Yogini situé à Marsen près de Lavaur.
Les rangées forment un grand quadrilatère, qui laisse augurer d’une imposante cérémonie. Tous sont assis sur des tapis et des coussins installés sur une vaste prairie et attendent en bavardant. Une certaine douceur règne en cette fin de journée, bien réconfortante après ce temps éprouvant de canicule. Le petit homme se prénomme « Charles », c’est le moine le plus écouté du centre, m’a-t-on dit. « Nous sommes chacun, chacune, une petite goutte d’eau qui veut rejoindre le vaste Océan pour y goûter une quiétude sans fin ». Le ton est donné, nous allons entrer dans les arcanes d’un monde intérieur, celui qui habite chacun d’entre nous, au plus profond. L’infiniment proche va rejoindre l’infiniment loin. Le petit homme parle lentement, d’une voix profonde, il courbe de temps à autre son corps vers le sol, comme s’il voulait s’incliner devant plus grand que lui. « Oh, ne vous trompez pas, moi qui vous parle de sagesse, je n’ai pas encore rejoint l’infini de l’Océan, tant s’en faut ». Comme tous les personnes attentivement présentes, j’écoute le petit homme en rouge et me laisse progressivement gagné par son discours, qui nous invite à la pleine modestie. Une sorte de marche intérieure, à pas d’ange, pour ouvrir nos coeurs à cet espace secret où l’égo, qui façonne nos illusoires personnalités, fait place au rien de l’ultime sagesse. Nous, marcheurs et marcheuses de Compostelle-Cordoue, qui avions déjà rencontré tout au long de notre petit périple en terre occitane, plusieurs sages de l’islam, du monde judaïque, d’une communauté protestante (et qui allions demain côtoyer les moines bénédictins d’En Calcat), nous étions cette fois-ci en présence d’un témoin exceptionnel de cet « abandon » que tous nous cherchons désespérément pour moins souffrir. Mais j’avais, quant à moi, quelques chose dans mon cœur qui précisément me faisait souffrir. Chaque matin de notre marche, je recevais sur mon portable des nouvelles dramatiques d’un très cher ami syrien, réfugié à Genève depuis cinq ans. Il m’annonçait les bombardements de l’armée de Bachar el Assad et de ses alliés russes sur la région d’Idlib dans le nord de la Syrie, dernier refuge des centaine de milliers de syriens fuyant les bombardements commencés au sud depuis la révolution. Un grande partie de sa famille habite les villages de cette région et il voyait chaque jours se détruire ce qu’il avait contribué à édifier lorsqu’il vivait à Idleb avec les siens. Nous sommes un petit groupe d’amis à Genève à le soutenir depuis déjà plusieurs années. Mais une infinie tristesse m’accompagnait quotidiennement depuis l’annonce de ces bombardements, que je n’arrivais pas, ce soir là, à l’écoute du petit homme en rouge, à concilier avec son propos édifiant. Je pris mon courage à deux mains et tentais de lui faire part de ce que je vivais comme un déchirement. Long silence, « Charles » semble ramasser en lui toutes ces myriade de gouttes d’eau qui forment son humble sagesse. « Alain, le fait que tu correspondes quotidiennement avec ton ami syrien via ton téléphone, c’est très important … c’est très important », répéta-t-il. « Car, grâce à toi et tes amis, il n’est pas tout seul pour porter ce qui l’accable et qui constitue une véritable tragédie. Tu dois considérer cela et ne pas te laisser envahir par une forme de désespoir». Son propos si inattendu me toucha immédiatement et je ne pus retenir mes larmes. « Et puis, tu sais Alain, rien, mais rien, ne doit t’empêcher, le matin à ton réveil, de porter un sourire bienveillant vers celles et ceux qui t’entourent dans cette marche. Ton sourire sera cette goutte d’eau qui va ravir tes proches et quelques part, au loin, ravir aussi tous ces syriens victimes tragiques de la barbarie de quelques-uns. Car tu sais, contre ces bombardement, nous ne pouvons rien faire. Mais ravir nos proches et nos amis au loin, connus ou inconnus, nous pouvons toujours le faire et nous devons le faire « . A nouveau un silence. « Est-ce que j’ai bien répondu, Alain, à ta question ?». Mon coeur s’est dilaté quelques minutes …. pour rejoindre l’Océan . « Charles » répondit ainsi à plusieurs autres questions posées par l’une ou l’un des nôtres, avec cette même humilité consentie, qui va chercher son interlocuteur au plus profond de lui-même. Un moment béni de notre extraordinaire marche en pays occitan.
Alain Simonin
De retour de la marche, la générosité sous toutes ses formes m’a émerveillée dans la préparation et le déroulement de cette marche.
Je ne le énumérerai pas, j’en oublierai certainement ; chacun a ressenti….. Je surlignerai la présence ( pourtant absente de la marche à pied) de Dominique qui a roulé …pour que tout marche comme sur des « roulettes » ! Un bus coopératif, un chauffeur Dominique ami et coopératif ! Que de chances nous avons eu !!
Ce bus que je voyais souriant, a trimbalé les tentes des scouts et les gamelles/ vaisselles de tous, nos valises..l’ intendance du midi pour tous. Deux complices Dominique et Roger …..à qui ce bus obéissait avec joie pour nous. …...de vrais Toulousains ( je suis chauvine...je me soigne mais ne suis pas guérie!). Merci à Dominique sans qui cette marche aurait été bien différente sous le soleil également très généreux.
Nanou Lebrun
Très grande richesse de cette expérience, des portes d’accès ouvertes sur des trésors spirituels fascinants, maintes rencontres individuelles en sincérité, une osmose mystérieuse entre les confessions, entre les générations, la beauté de la nature, l’effort individuel dans la chaleur, la solidarité naturelle.
Une très belle expérience, esquisse incomplète et modeste, mais réalisée, de ce que pourrait être une communion du genre humain dans sa diversité…La participation des scouts, l’honneur confiant qu’ils nous ont fait en nous accueillant autour de leur promesse, leur amitié naturelle entre Musulmans et Chrétiens, étaient un vrai bonheur.
Une sorte de tour de force, où en un temps limité, nous avons pénétré cinq confessions (sans parler de leurs nuances), croisé deux générations, parcouru un chemin déterminé sans oublier de manger, de boire de nous doucher et de dormir !
M’hamed Benarroum, Jean-René Brunetière, Leïla Hamidou, Morice de Lamarzelle, Rania Talbi, Rafiaa Talbi Jean Luc Devillers
Pour cette marche , j’étais en situation d’organisateur et mes principales émotions fortes sont liées à cette responsabilité
-Dans la préparation , il y a eu des moments d’enthousiasme : quand Stéphane, Alexandre puis Lucie ont donné leur accord de participation au nom des scouts (comment c’est possible qu’ils y ont cru ?), quand nous avons choisi avec Stéphane, les étapes « spirituelles » et l’itinéraire général, quand nous avons obtenu les accords rapides de Frère Daniel (monastère d’En Calcat), François Lecointre (centre Bouddhiste de Lavaur) de Philippe , Paulette et Nicolas à Puylaurens…
Mais aussi des périodes d’angoisse : quand on n’était plus certains de la présence des scouts musulmans compte tenu des dates, quand on n’arrivait pas à établir le contact avec la mosquée et la synagogue de Montauban, quand on avait du mal à trouver les bons itinéraires de marche, quand on s’est aperçus qu’on avait trop de lits doubles et pas assez de lits simples, quand on a appris que le bus avait été refusé au contrôle technique, quand on a su qu’il ferait 38 degrés à l’ombre tous les après-midi… On a réussi, grâce à la persévérance de chacun, à surmonter tous ces obstacles…
Dans la réalisation, au jour le jour se sont succédées des émotions fortes :
-Le 22 au matin quand le bus-en état de marche !- s’est rempli progressivement des seniors, puis des scouts musulmans à la station de métro de Ramonville (et oui, ils y étaient !), puis des scouts de France à la gare SNCF de Montauban (avec tout leur bardât, et leur guitare , et leurs chants) ; quand on a aperçu que la mosquée de Montauban était bien ouverte ainsi que la synagogue, bien que la porte extérieure fut poussée (ouf !)
-notre premier moment de « cagnard » au départ de la marche à Villemoutier, providentiellement abrités et arrosés sous le beau lavoir du XIXè ; premier pique-nique les pieds dans l’eau et déjà les chants fusent
-l’émotion devant l’accueil des scouts musulmans qui nous accueillent avec chants et instruments de musique à Villemur (ça m’a rappelé les marches avec Sophia au Maroc !) Puis la promesse de 2 scouts devant tout le groupe, de nombreux anciens (dont moi) refaisant le salut scout !
-Le premier cercle de départ à côté de l’auberge du Flambadou avec la distribution des rubans de couleur qui se nouent entre eux ; notre hôtelière qui nous dit : « Est-ce-que je peux partir avec vous ? »
- l’installation sous le vénérable cèdre des jardins de la cathédrale de Lavaur où nous attendent déjà des moines bouddhistes et mes amis chanteurs ; la banderole Compostelle-Cordoue se déplie et le premier chœur démarre (« Laudate omnes gentes ! ») suivis par d’autres dans la cathédrale.
- le soir, le cadre magnifique du partage avec le lama Charles dans le parc du centre Vajra Yogini ; que d’humanité ! Sagesse universelle confirmée par le dikhr de nos amis soufis, et prolongée au petit matin par une méditation demandée par les scouts ! Qui a pensé que cela ne les intéresserait pas ?
- la fête improvisée sous le cèdre (encore un !) du château Magrin après une rude matinée de marche qui n’a pas empêché certains de danser : comment la fatigue a-t-elle été dissipée ?
-Mais aussi des moments de tension : l’échange à la synagogue sur les rites alimentaires, l’erreur du chorizo dans la paella au poisson à Puylaurens (quel c.. ce traiteur !) qui m’a traumatisé, le mariage homo assumé par notre hôte protestant, les remarques de certains musulmans qui ne comprennent pas que des moines s’inclinent devant des statues…Mais n’est-on pas là devant un nécessaire travail de clarification ? Quelle est la place des rites dans nos religions ? Ne doivent-ils pas être réinterprétés selon les périodes et les cultures ? Où se situe le « fond » de la croyance et de la spiritualité ? La « vérité » n’est-elle pas partagée ?
-Enfin le cercle final : ne serons-nous pas tous fatigués par les marches, les palabres , la canicule ? Et bien non ! le scénario bien expliqué par Alain fonctionne mieux que jamais et les premiers à y participer sont nos jeunes scouts ! Qui n’a pas été ému quand le grand Thomas, qu’on avait vu peiner en queue de marche les jours précédents, est venu déclarer qu’il avait été très heureux de dépasser ses limites !
Merci à tous et à toutes, je dirai comme Thomas : ça n’a pas été toujours facile pour moi, mais j’ai vécu avec vous d’intenses moments et sans doute même qu’entre nous, le Souffle de la Vie nous rafraîchissait !
Michel Rouffet
Les jeunes ont été ravis de cette expérience de marche avec vous. Tous nous ont dit que du bien. Ils ont apprécié les moments d'échange avec les membres de Compostelle Cordoue et les SMF. Les journées ont bien été aménagées en fonction de la météo. Le rythme de la journée était bon ( pas trop court et pas trop long). Les jeunes ont pu se dépasser et cela est très positif. Les jeunes et Compostelle Cordoue se sont de manière fluide mélanger pendant les marches. Peut-être aurions nous dû mélanger aussi les temps de repas ? Cela aurait pu permettre des temps d'échange avec des personnes qui n'ont pas le même rythme de marche que soi. Les jeunes ont beaucoup apprécié la rencontre avec le moine Charles et avec Nicolas, le représentant des protestants. De manière général, les jeunes ont bien apprécié de se dépasser que ce soit dans la marche mais également dans la rencontre avec la découverte de l'autre ( les membres des différentes communautés religieuses, les membres de Compostelle-Cordoue, les SMF). Un gros bilan positif de cette marche avec vous.
Lucie pour les SGDF
Une impression marquante de cette marche inte-rconvictionnelle et inter-générationnelle que nous avons vécue avec l’association Compostelle-Cordoue cet été c’est celle d’un véritable respect bienveillant.
Non pas un respect d’étiquette, de convenances, mais un véritable respect de l’autre dans sa différence, que l’on accueille et écoute tel qu’il est et avec lequel une compréhension est possible parce que les mots, comme les silences, sont vrais. La soirée que nous avons vécue en extérieur au monastère bouddhiste a été une belle illustration du dialogue possible qui peut s’instaurer entre des personnes très différentes quand chacun, à son niveau, est attentif et bienveillant envers l’autre. Plus que le contenu des échanges, ce qui était frappant c’était le soin apporté profondément à chacun. Tous ceux qui le voulaient pouvaient participer à cette soirée, sans conditions particulières. Le moine bouddhiste qui intervenait parlait avec simplicité de ce qu’il vivait en tant que moine et dans l’échange qui a suivi avec les jeunes ou seniors qui posaient des questions il n’éludait aucun sujet, même quand ce qui s’exprimait lui semblait en décalage par rapport à ce qu’il vit, il essayait à chaque instant de trouver les mots justes pour répondre de façon à faire grandir la compréhension de son interlocuteur. Nous étions très loin des conférences où des orateurs viennent briller face au public, nous avons reçu là cependant un message lumineux : le respect et la bienveillance sont à la base du développement de chacun. La nuit venue les participants ont eu du mal à se séparer… bon signe pour leur chemin de vie à venir…
Sylvie Vincienne
Tout d'abord, je tiens à remercier personnellement Michel Rouffet pour avoir eu cette excellente idée d'inviter des scouts à un projet Compostelle-Cordoue et pour m'avoir en toute confiance associer à la construction de celui-ci.
Malgré dix derniers mois d'activité professionnelle et d'engagements associatifs achevés fin juin sur les rotules, épuisé, comme anesthésié, j'ai vécu un moment qui m'a paradoxalement "Réveillé".
Réveillé à des sensations que j'avais presque oublié: Celles du terrain, en responsabilité, avec des jeunes, sur plusieurs jours..... Comme au temps lointain où jeune chef je partageais avec nos voyageurs, éclaireurs, pionniers et compagnons l'expérience bénie des camps scouts. Les responsabilités prises au fil des ans au sein des Scouts Musulmans de France m'avaient permis de créer du partenariat, de monter des évènements comme les tentes d'Abraham, d'agir à faire connaître ce mouvement auquel je crois tant et qui me semble si utile au développement citoyen d'une jeunesse musulmane trop souvent montré du doigt. Mais cela m'avait aussi éloigné du terrain où se vit la vraie relation humaine, les échanges et la transmission. Dans ma fatigue doublé d'une certaine forme de lassitude j'ai bel et bien été réveillé et cela malgré ma difficulté à surmonter les grosses chaleurs qui ont accompagné notre marche.
J'ai été réveillé par cette jeunesse des scouts musulmans de France que j'ai trouvé bien plus mature que ce que la pensée du monde des adultes renvoie majoritairement. J'ai été réveillé par cette rencontre immédiate, forte, profonde et si naturelle entre des jeunes SGDF et des jeunes SMF, au point que très rapidement il n'y avait plus qu'un seul groupe de scouts, des jeunes aux mêmes aspirations, aux mêmes réves, aux même indignations, aux mêmes joies, à la même tristesse de la séparation......
J'ai été réveillé par cette histoire de Compostelle-Cordoue, si riche d'aventures, de rencontres et d'engagements.
J'ai été réveillé par ces belles âmes qui ont créé Compostelle-Cordoue et qui savent si bien en parler et le faire vivre.
J'ai été réveillé par la disparité des personnes qui composent ce mouvement, faisant de celui-ci le microcosme de notre monde disparate tout en apportant la preuve qu'on peut faire société tous ensemble avec une pincée de fraternité, une bonne dose de volonté et la conscience nécessaire de la complémentarité dans la diversité. Ce qu'on appelle chez les SMF, se rassembler sans se ressembler.
J'ai été réveillé par tout ce que j'ai pu picorer chez chacun d'entre vous: la bienveillance, des discutions passionnantes, la vraie gentillesse qui n'est pas de la faiblesse, des personnes qui se livrent, des moments d'attention et d'aide, des moments de chants, des regards, des sourires, des beaux silences partagés.....
J'ai été réveillé par nos étapes, comme des oasis dans la traversée d'un désert. Par ces accueils chaleureux fussent ils religieux, spirituels ou festifs, par ces promesses scoutes faites ou reçues, par les échanges des foulards des jeunes à l'heure de la séparation, par des moines aux couleurs de robes différentes qui se témoignent fraternité, par des scouts qui prolongent l'"au-revoir" le lendemain sur un quai de gare, par des mains qui se serrent et par des embrassades dont on ne sait si elles sont pour se remercier, se saluer à l'heure de se quitter où pour se donner la force de continuer le chemin chacun de notre côté. Peut-être est ce tout cela à la fois? J'aime à le penser.
Dans 3 mois je quitte mes fonctions au sein des scouts musulmans de France pour consacrer du temps à ma famille. Je fais une pause dans mes engagements associatifs mais cette pause n'est pas une mise en sommeil, car grâce à vous......... je suis réveillé. Bien fraternellement.
Stéphane Garros
Ce voyage à Toulouse a été une réussite ; puisque tous s'en sont fait l'écho y compris le comité de Compostelle Cordoue dans son compte rendu positif du comité du 3 septembre 2019.
Ce compte rendu est aussi un moyen de conciliation puisqu'il aborde les quelques tensions ressenties lors de la soirée du 23 au soir au Centre bouddhiste à Marsac et donne des orientations sur la manière d'éviter ce genre d'incident. J'avais en effet été très frustrée ce soir là, mais j'avais déjà pu m'en expliquer. Je me suis donc sentie écoutée, ce que justement le comité préconise puisqu'il dit "qu'il est important que chacun puisse s'exprimer et rester ouvert à l'imprévu". Trouver sa place mais aussi en laisser pour l'autre différent de soi afin de découvrir les points communs qui nous rassemblent, c'est, à mon avis la voie à suivre si l'on s'engage dans les relations interreligieuses. Je me réjouissais aussi de vivre la rencontre intergénérationnelle offerte par ce voyage avec la présence de groupes des Scouts de France. Pour moi ce fut une découverte. Ce sont eux qui nous ont proposé des jeux pour mieux nous intégrer et franchir le pas de l'écoute et du partage. Ils ont su avec discrétion mais aussi avec humour et leur joie de vivre nous parler d'eux, de leurs difficultés et de leur espérance. Moi même ayant été Scout dans ma jeunesse, j'ai été très émue d'assister à leur cérémonie de la promesse. C'était presque comme si je renouvelais la promesse que j'avais faite autrefois. A l'heure où les jeunes nous déroutent si souvent, où, toutes générations confondues, la tendance est à l'individualisme et au refus de s'engager, j'ai été confortée par cette force de vivre que j'ai senti chez ces jeunes Scouts. J'aimerais aussi souligner que ces Scouts ont été admirables face à cette vague de chaleur qui n'a pas facilité les marches prévues. La douche c'était le soir et souvent tard (l'obligation de monter les tentes passait avant le confort personnel). J'aurais tellement voulu pour compenser la suppression des marches l'après-midi à cause de la chaleur que ces Scouts puissent aller se baigner car les plages au bord du Tarn paraissaient très accueillantes. Hélas les règlements sont stricts. Du moment que les baignades n'avaient pas été prévues au programme avec l'encadrement adéquat (présences d'un maître nageur diplômé) il était impossible de les laisser se baigner sans surveillance. Moi je sais qu'à leur place j'aurais « rouspété » à maintes reprises..… Encore une fois J'ai pu me rendre compte combien marcher procure un bien-être autant physique que psychique. Oui, si marcher permet l'échange entre marcheurs au gré des rencontres et du rythme de chacun, marcher c'est aussi choisir parfois de cheminer seule et d'apprécier le paysage, l'absence de bruits quotidiens et découvrir les bruits de la campagne. C'est, à mon avis grâce à ces moments de ressourcement personnel, que l'on peut alors aborder l'autre et dialoguer. Cette marche m'a donc permis d'apprécier la beauté de la région que nous avons traversée qui reflète bien le soin que ses habitants mettent à l'entretenir, comme en témoignent les chemins de randonnées bien balisés et judicieusement choisis que nous avons suivis. Ma conclusion sera un renouvellement de mes remerciements aux organisateurs de ce voyage et à ceux qui nous ont reçus si chaleureusement.
Mireille Aubert
Comme nous nous réjouissons d’avoir pu participer à cette marche de Compostelle-Cordoue au plus fort de l’été !
C’est sans doute l’impression partagée de tous les marcheurs. Nous avons vécu ces 4 jours comme une bienfaisante parenthèse dans des vies remplies et parfois chahutées. Changement de lieux, changement de rythmes, mise à disposition et à l’écoute, temps de travail et de réflexion, magie du chemin qui se déroule, des paysages qui se succèdent, des compagnons avec qui l’on échange.
A souligner la conscience de jouir d’une grande liberté, résultat d’une minutieuse préparation qui nous épargne les soucis et les tâches liées à l’organisation, au gite et au couvert, à l’itinéraire, etc. Malgré le poids indiscutable de la contrainte climatique lourde et inattendue, il est surprenant de constater à quel point cette circonstance subie a été acceptée, voire intégrée au programme qui a su s’ajuster quand il le fallait. J’y ai vu un révélateur, non seulement de la qualité de l’organisation, mais aussi de la qualité du public des marcheurs comme de tous ceux qui nous ont accueillis sur le chemin. Souvent, à la sortie d’un spectacle ou d’une manifestation, chacun rentre chez soi riche de ses propres impressions, mais pauvre de l’ignorance de ce qu’ont ressenti les autres. Ce fut le contraire. Ainsi avons-nous vécu 2 moments magiques lors de la synthèse finale : l’un avec Gabrielle qui nous a invités à feuilleter par la pensée l’album-photo souvenir des 10 ans de l’association, l’autre avec Alain qui nous a appelés à l’étonnante passation de témoin des impressions vécues par chacun, une belle occasion de partager les émotions, découvertes ou avancées personnelles dont un grand nombre d’entre nous ont bien voulu faire état. Une illustration de la richesse de nos diversités : les écharpes colorées de chaque personne, une fois nouées ensemble, matérialisaient le cercle de nos appartenances communes. Signe de l’authenticité des contacts, non seulement nous avons été accueillis à bras ouverts dans les différents lieux significatifs du parcours, mais nos accueillants ont voulu nous accompagner dans notre marche, bien en amont ou en aval de leur propre lieu d’accueil. Réussite au niveau des scouts : Scouts Musulmans de France de Toulouse et Scouts et Guides de France (scouts marins) d’Ile de France. Réussite au niveau intergénérationnel. Pour la logistique, nous avions besoin d’un bus et de son chauffeur, sans lesquels nous n’aurions pas pu vivre ces 4 jours. Dans ces circonstances, tous les détails ont leur importance. Il ne s’agissait pas de l’importe quel bus et de n’importe quel chauffeur. Dominique et son véhicule faisaient partie intégrante du groupe, participant à tout, et il n’a pas voulu se faire rémunérer. Découverte que, si nous sommes les fragments d’un édifice, chacun avec ses valeurs, ses vertus, etc. l’ensemble ne tient débout que par le ciment qui nous unit les uns les autres.
Texte partagé avec tous au moment du départ de dernier jour :
Je ne sais pas où je vais, prière de Thomas Merton
1 Seigneur, mon Dieu, je ne sais pas où je vais, je ne vois pas la route devant moi,
Je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira.
2 Je ne me connais pas vraiment moi-même, et, si je crois suivre ta volonté,
Cela ne veut pas dire qu’en fait je m’y conforme.
3 Je crois cependant que mon désir de te plaire, te plait.
J’espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais,
Et ne jamais rien faire à l’avenir sans ce désir.
4 Je sais que tu me conduiras sur la bonne route, même si je ne la connais pas.
Je te ferai donc toujours confiance, même quand j’aurai l’impression d’être perdu et que je marche à l’ombre de la mort.
5 Je n’aurai aucune crainte car tu es toujours avec moi
Et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril.
La ténèbre n’est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière … (Taizé)
Patrick Vincienne
Cet été 2019, notre Association Compostelle-Cordoue a cheminé en Occitanie, et lors de notre halte au château-musée de Magrin, j’ai perçu intuitivement une analogie subtile entre nos chemins de vie personnels et cette production de colorant qui nécessite temps et savoir-faire, pour extraire des feuilles de cette plante à la lumineuse floraison jaune, ce fameux colorant de valeur, le pastel.
Vous souvenez-vous de ce qui nous fut conté : l’histoire des longues et astreignantes transformations pour que les feuilles de cette plante crucifère, Isatis tinctoria, après séchage broyage, pétrissage et mise en coques faciles à transporter, libèrent cette belle couleur pastel aux nuances somptueuses prisées par les tisserands et teinturiers, et qui fit la fortune des maîtres pastelliers de jadis et qui fit de notre Occitanie, un pays de cocagne, vous en souvenez-vous ? Pour chacun d’entre-nous aussi, l’histoire est longue, tout un chemin de vie est nécessaire pour révéler notre Lumière ! Oui, nous devons œuvrer laborieusement sur nous-mêmes et la main dans la main avec nos frères en humanité et dans le respect de tous les règnes, afin de faire éclore le meilleur de soi et le meilleur de tout un chacun, en écoutant, en observant avec attention, en dialoguant, en partageant fraternellement, en respectant la dignité de chacun et sa singularité, et ce pour construire dans l’Amour de cette Vie gracieusement offerte, un monde de Paix et de Joie. Oui, notre vie n’est que transformations successives pour sublimer notre être et libérer de nos coques, notre belle couleur pastel, notre Beauté intérieure ! Merci à mes compagnons de route qui cet été au pays de l’or bleu m’ont offert de partager ce chemin plein de sens, à la rencontre de ceux qui perpétuent leurs trésors, à la mosquée de Montauban, à la synagogue de cette même ville, au centre bouddhiste de Vajra Yogini près de Lavaur, au temple protestant de Puylaurens et à l’abbaye bénédictine d’En Calcat. Merci pour ce bain de jouvence offert par les scouts, merci pour leur enthousiasme.
Belle route à nos jeunes ! Qu’ils creusent leur sillon intérieur et le sillon du monde à venir que nous souhaitons plus Fraternel, plus Juste, plus Beau !
Jacqueline Sert
Les échos de la marche 2019 à lire/écouter/voir dans les médias
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