Nos marches
Marches

Nous vous proposons de partager notre expérience.
Nos marches de 2010 à aujourd'hui
2026 - Marche dans les Vosges du Nord : thème l'Europe
2025 - Marche à Calais : thème découverte du Parc naturel des Caps et Marais, les Migrants
2024 - Marche en Ariège : thème la montagne
2023 - Marche dans le Livradois Forez : thème la Forêt
2022 - Marche dans le Vercors : thème la Résistance
2021- Marche Cannes -Nice précédée de la fête des 10 ans de Vivre Ensemble A Cannes
2020 - Pas de marche pour cause de Covid 19
2019 - Marche en Occitanie de Montauban à En Calcat.
2018 - Marche en Bretagne de Tréguier à Vieux Marché - Les 7 dormants d'Ephèse.
2017 - Marche de Macon - Cluny à la communauté des frères de Taizé, de la réconciliation à la guérison.
2016 - Marche en Palestine, sur le chemin d'Abraham et Jérusalem. Marche Orient Occident de Brigue à Sierre en Valais, sur le thème de l'intégrité
2015 - Marche et rencontres en Bosnie de Nezuk à Srebrenica.
2014 - Marche de Flüeli-Ranft à Berne pour porter un message de paix de saint Nicolas de Flüe, actualisé par le cheikh Bentounès - visite du Liban
2013 - Marche de Saint-Maurice à Sierres avec Reconstruire Ensemble avant la rencontre de Château Mercier - Marche de Riéti à Assise.
2012 - Marche en Valais - rassemblement à Cordoue : Marche de Ronda à Moulay Abdessalam.
2011 - Marche exploratoire vers Moulay Abdessalem.
2010 - De Compostelle et Mérida à Cordoue.
- Marches
Livret de la Marche 2022
du 6 au 13 août 2022
A LÉONCEL - Drôme
Le VERCORS - La Résistance
Sommaire :
Cercle de conversation final par le scribe
Retrouver ici les photos de cet évènement
Le Programme réalisé
La semaine de marche de Compostelle-Cordoue autour de Léoncel, dans le Vercors, sur le thème de « la Résistance » s’est déroulée du samedi 6 août au samedi 13 août 2022. Léoncel est une ancienne abbaye Cistercienne dans le sud-est du plateau du Vercors. On y trouve, à Léoncel même et dans le village voisin, La Vacherie, des capacités d’hébergement qui ont pu accueillir notre groupe dans des conditions matérielles parfaites et dans une grande convivialité ; Les possibilités de randonnée en moyenne montagne « facile » y sont illimitées, et les souvenirs du Maquis du Vercors (1942 – 1944), le plus grand de France, sont encore très présents.
Samedi 6 août 2022
Pour les Toulousains et assimilés
Totocar, parti vers 9h00 de Mangepommes, est arrivé vers 16h45 devant la gare de Valence-ville et a récupéré les voyageurs ferroviaires.
Arrivée à La Vacherie vers 18h.
Quatre sites d’hébergement :
Deux à Léoncel : le gîte communal et la Maison Saint-Hugues, attenants à l’abbatiale.
Deux à La Vacherie, à 3,1 km de Léoncel : le gîte de « la Colo du Chaffal » et, attenant, le terrain d’implantation des scouts.
18-18h45 : les scouts montent leurs tentes et les résidents de la « Colo du Chaffal » prennent leurs quartiers.
18h15 : arrivée de Totocar à Léoncel. Les résidents du gîte communal et de la Résidence St Hugues prennent leurs quartiers.
19h00 20h00 : présentations mutuelles à la salle communale de Léoncel.
20h00-21h30 : dîner à l’Auberge de Léoncel, exceptionnellement ouverte le soir pour nous.
Après le dîner, Totocar ramène tout un chacun à son nid et prend un repos bien mérité.
Dimanche 7 août 2022
8h00 : petit déjeuner 8h45 : départ de la Colo du Chaffal en Totocar
09h30-13h00 : marche à partir de Léoncel : Pas du Touët. On retrouve Totocar.
Déjeuner tiré du sac sous un arbre au Pas du Touët.
Trois groupes :
Retour en Totocar
Retour par le chemin de montée
Poursuite de la boucle par Pierre chauve.
16h00-17h30 : Concert a capella à l’abbaye, organisé par l’association des amis d Léoncel pour celles et ceux qui le souhaitaient.
17h30-19h00 : visite guidée de l’abbatiale et conférence sur son histoire par Yves Chauché, responsable de l’abbaye de Léoncel au Diocèse de Valence.
20h00 : dîner plateaux repas à l’auberge de l’Échaillon.
Lundi 8 août 2022
7h30 : petit déjeuner
8h15 : départ de la Colo du Chaffal en Totocar
09h00-16h00 : marche à partir du col de la Bataille (Crête d’Ambel, ferme d’Ambel, tête de la Dame). Déjeuner tiré du sac au refuge de Gardiol.
18h00-19h30 : rencontre à la salle communale avec Madame le Maire, Jacqueline Charve : présentations de la commune et de la vie des habitants. Une forme de résistance…
20h00 : dîner au Grand Échaillon
Mardi 9 août 2022
8h15 : petit déjeuner
9h15 : départ de la Colo du Chaffal en Totocar
9h30-15h00 : marche dans la forêt de Léoncel, guidée par Denis Hyenne, de l’association des amis de Léoncel. La forêt et sa gestion, les événements liés au Maquis à Léoncel et autour. Déjeuner tiré du sac. Retour à pied à Léoncel (en option).
17h30 : intervention et film de Nadia Braendle : Paolo d’al Oglio et le monastère de Dar Mar Mousa dans le désert syrien : un exemple de résistance suivi d’une discussion.
20h00 : dîner au Grand Échaillon
Mercredi 10 août 2022
8h15 : petit déjeuner
9h00 : départ de la Colo du Chaffal vers Vassieux en Vercors.
10h00 : arrivée au Mémorial de la Résistance : débarquement de la moitié du groupe
10h30 : arrivée au Musée de la résistance : débarquement de l’autre moitié du groupe
12h45 : récupération des visiteurs du Mémorial
13h00 : départ vers l’Échaillon
13h45 : déjeuner tiré du sac à l’Échaillon.
18h30 : Echanges sur la journée, pilotés par Alain Simonin.
20h00-21h30 : dîner avec les scouts au Grand Échaillon.
Jeudi 11 août 2022
7h30 : petit déjeuner
8h15-1630 : marche en boucle à partir de La Vacherie : la canyon du Gueulard. Déjeuner tiré du sac
17h00 : présentations à l’Échaillon
Par Geneviève Guilhaume d’une vidéo où son père raconte son expérience du maquis et de la déportation.
Par Marc Lebret de la vidéo d’une rencontre interconvictionnelle qu’il a organisée en Palestine pour la paix.
18h30 : conférence de Ahmed Bouyerdene à l’Échaillon : L’Emir Abdelkader, figure emblématique de la résistance (à partir d’une sélection de portraits : représentations iconographique).
20h00 : dîner au Grand Échaillon
Vendredi 12 août 2022
8h00 : petit déjeuner
09h00-10h00 : petite marche sur le GR à partir de Léoncel
10h00-11h30 : ateliers en sous-groupes « Et nous que faisons-nous aujourd’hui ? » Mise en commun des ateliers par leurs rapporteurs, animée par Alain Simonin.
11h30 : départ de Léoncel en Totocar
12h15 : déjeuner sur aire de supermarché.
14h15 : visite du monastère orthodoxe grec de Saint Antoine le grand avec le père abbé
16h30 : départ du monastère
17h30 : cercle final à la salle communale
19h30 : début de la soirée organisée par les scouts pour tout le monde
Couscous et animations sous la pleine lune.
24h00 : extinction des feux
Samedi 13 août 2022
7h45 : petit déjeuner
8h30 : embarquement Léoncel et embarquement La Colo
9h00 : départ Totocar vers Valence TGV (36 km)
10h00 : débarquement des « ferroviaires » à Valence TGV et départ Totocar vers Toulouse
10h43 : départ TGV Paris
13h04 : arrivée Paris Gare de Lyon
16h30 : arrivée Totocar à Toulouse
L’appel de Michel
- La résistance au service d’un monde meilleur pour les jeunes générations
L’association Compostelle-Cordoue a réalisé sa marche annuelle en août autour de Léoncel, dans le Vercors, marche agrémentée de rencontres et de visites sur le thème de « la résistance ». Léoncel est une ancienne abbaye cistercienne dans le sud- est du plateau du Vercors. On y trouve, à Léoncel même et dans le village voisin, La Vacherie, des capacités d’hébergement qui ont pu accueillir notre groupe dans des conditions matérielles parfaites et dans une grande convivialité. Les possibilités de randonnée en moyenne montagne « facile » y sont illimitées, et les souvenirs du maquis du Vercors (1942 – 1944), le plus grand de France, sont encore très présents.
L’édition 2022 faisait l’objet de plusieurs nouveautés importantes. D’abord, ce ne fut pas une marche itinérante mais des marches en étoile autour de Léoncel ; la marche itinérante 2021 dans les Alpes-Maritimes avec les navettes éprouvantes de bus avait laissé des traces dans les esprits. On aurait pu craindre cette année de perdre « l’idée de progression collective » et que notre devise « Marcher - Dialoguer - Comprendre » s’y retrouve moins. Il n’en fut rien, la « progression collective » se faisant plus sur le thème de la marche que sur les sentiers.
Il faut dire que le hameau de Léoncel est tout à fait charmant : à 920 m d’altitude (fraîcheur garantie), un calme bucolique, uneabbaye romane toujours ouverte, des hébergements de qualité, un bar restaurant, une salle de réunion, une laiterie… et unepoignée d’habitants faisant vivre ce lieu dansune harmonie étonnante. Le deuxième « port d’attache », La Vacherie, où logeaientune partie du groupe et les scouts, est tout aussi champêtre, avec une route toute droite de 4 km entre les deux villages sans circulation.
Et puis, tout autour, des superbes ballades dans les prairies et bosquets surplombés par de belles falaises calcaires… sans oublier « le canyon des Gueulards » que le groupe parcourut sans coup férir..
- S’appuyer sur des valeurs profondes pour un monde meilleur
La deuxième grande innovation fut le thème général de la marche : la résistance. Évidemment, on ne pouvait pas faire moins dans le Vercors. Mais comment passer de l’évocation douloureuse du maquis du Vercors (1942-1944) réprimé dans le sang aux questions qui secouent notre monde actuel. La guerre en Ukraine bien sûr, en Palestine et ailleurs, mais aussi les forces négatives qui conduisent nos sociétés dans le mur : l’individualisme, la surconsommation, le non-respect de la nature et du climat… Nous avons su passer, plus facilement que prévu, du traumatisme du maquis de Vercors à la course incontrôlée de nos sociétés actuelles.
Nous le devons d’abord à Jacqueline Charve, la maire de Léoncel, qui nous a décrit comment vivaient actuellement les habitants de Léoncel : de la solidarité, d’un mode de vie sobre et en harmonie avec la nature. Elle a répondu simplement et concrètement à toutes les questions des jeunes et des moins jeunes ; nous avons ainsi pu passer de la notion de « résistance » à celle d’« actions pour un monde meilleur », plus fraternels, plus écologiques, qui s’appuient sur des valeurs profondes. Un travail par petits groupes a permis de concrétiser des propositions.
Enfin, il y a eu la joie, autant et peut-être plus que les années précédentes. Un groupe de chanteurs et musiciens se retrouvent désormais avec ferveur, et notre groupe s’élargit à de nombreuses têtes nouvelles, facteur favorable pour la pérennité de notre association, tandis que les relations avec les scouts sont toujours aussi rafraîchissantes.
- « La marche partagée comme un remède contre la gangrène des corps et des esprits »
Oui, 2022 fut un grand cru. Et tournons-nous désormais vers 2023 où de nouvelles belles et fraternelles aventures nous attendent.
Michel
Michel qui nous a quitté le 21 novembre 2022 après avoir lutté contra la maladie.
Retrouver l'article sur Saphirnews
Impressions des marcheurs
Marcher avec soi et avec les autres, l’association Compostelle-Cordoue qui vibre depuis 2012, de la marche, du dialogue et de la compréhension de l’autre, a prouvé récemment que l’Humanité est Une.
Du 6 au 13 août 2022, durant une semaine de randonnées, d’échanges, de visites culturelles et spirituelles, de chants scouts, de chansons de Brassens et de fous rires, l’association a créé un éden humain dans le Vercors, malgré un soleil bouillonnant, accueillant les participant.e.s comme ils sont, avec leurs défauts et leurs qualités, leurs spiritualité et leur agnosticisme, leur athéisme ou leur fidélité aux offices religieux.
Chacun.e a été conscient de faire partie d’un microcosme vivant, éveillant sa conscience aux autres, jeunes ou plus âgés, écoutant le déroulé d’une parcelle de vie racontée et offerte comme un cadeau, parce que l’écoute était bienveillante. Chacun.e a accepté de faire partie d’une même famille, non pas génétique, mais spirituelle, celle d’un cœur ouvert aux autres et conscient qu’il ne peut être vivant sans l’autre. Assurément, chaque personne s’exprimait par son intériorité, sachant remettre en cause a priori et préjugés, pour laisser la place à la simple bonté, notamment des jeunes qui se sont étonnés de pouvoir parler à des plus âgés sans devoir écouter des leçons. Des pans entiers d’égoïsme et d’individualisme se sont effilochés durant cette semaine.
La nature du massif du Vercors y a aidé : majestueux, sauvage, creusé de canyons, isolé car peu peuplé, le lieu a accueilli le groupe dans des gîtes et des campings dont les responsables se sont étonnés du courant de vie qui passait de l’un.e à l’autre, des liens qui se sont tissés malgré – ou plutôt grâce à – la diversité des engagements et des prises de position. L’histoire du Vercors a donné le ton à la réflexion durant les ateliers : comment et à quoi résister dans le monde d’aujourd’hui ? Et chacun.e a opté pour une résistance active, créatrice, empathique. Les excès du monde matériel d’aujourd’hui seront, chacun.e en est sûr.e, limités par une prise de conscience individuelle quotidienne, en ayant en esprit l’unicité du vivant et la nécessité de le préserver. S’est ancrée alors la certitude que cette préservation du vivant ne sera effective qu’en ayant conscience que chacun.e n’est vivant qu’à travers les yeux des autres et que chaque vie, qu’elle soit humaine, animale ou végétale, a le droit d’avoir sa place sur terre. Compostelle-Cordoue n’espère pas changer le monde, seulement quelques consciences, au fur et à mesure de ses pérégrinations. Dans la nuit du 11 au 12 août, avec les Perséides, la pleine lune radieuse, d’un flamboiement de nacre, reflétant le soleil dans sa totalité circulaire, a confirmé que la rencontre était sous de bons auspices.
Fouzia.
On peut retrouver ici Fouzia accompagnée de Mirka interviewées par Marie
Résistance ou Résilience ? En 1973, j’avais 29 ans. Avec un groupe de 22 soldats et officiers, soutenus par nos femmes et compagnes, nous avions objecté à poursuivre le prolongement de notre formation militaire en Suisse (à l’époque, quatre mois initiaux, puis trois semaines chaque année jusqu’à l’âge de 34 ans). Nous militions pour l’instauration d’un Service civil en Suisse. Déposant nos effets militaire sur la place de Berne, nos compagnes déchirant nos livrets militaires, nous étions des « résistants » déterminés, documentés et engagés (chacun effectuera de 3 à 8 mois de prison pour ce délit, après un jugement par un tribunal militaire). Dix huit ans plus tard, le peuple suisse acceptait d’entériner le libre choix dans la Constitution. Aujourd’hui, 28 % des jeunes conscrits choisissent le service civil (6 mois dans les domaines de l’insertion, la santé, ou l’environnement)
Aujourd’hui, 50 ans plus tard, à quoi objecterais-je ? Quelle serait ma résistance ? « Nos résistances », puisque nous avons partagé ces questions durant toute cette semaine de marche dans le Vercors, avec 40 marcheurs, des jeunes scouts chrétiens et musulmans et des membres de Compostelle-Cordoue, engagés dans cette aventure.L ors de ce parcours traversant ces hauts-lieux de la Résistance, la visite du Musée de Vassieux nous a mis face de ce drame collectif : en juillet 1944, en un jour, 10’000 soldats de la Wehrmacht ont anéanti les 4000 résistants du Vercors, véritable forteresse naturelle sensée favoriser le regroupement des forces vives de la France occupée. Des photos, des textes, des objets, nous ont montré la bravoure, le courage de ces combattants peu préparés à ce défi, mais aussi le solidarité manifestée par les habitants. Au final : Huit cents morts, dont deux cents civils, des exactions macabres, des fermes incendiées, des habitants déportés. Mais le musée évoque surtout cette « élévation mémorielle », qui a fait de tous ces morts et déportés, des héros légendaires. « Sur ce vaste plateau, des Français de toutes origines et de toutes opinions ont su se grouper et s'unir avec la seule ambition d'échapper à la servitude... Tant de sang versé a fait de ces montagnes une terre sacrée, une terre qui doit être maintenant respectée comme un sanctuaire où le flambeau de notre liberté a été rallumé, comme l'un des berceaux de la Renaissance française. »(Commandant Pierre TANANT).
Une « terre sacrée »… ! Inscrite dans la mémoire des hommes et des femmes d’hier et dans la nôtre, aujourd’hui, confrontés que nous sommes à une nouvelle guerre à nos portes : l’Ukraine, pays envahi à son tour par une puissance totalitaire. Et cette « élévation des âmes » devrait, une nouvelle fois, fonctionner comme un appel quasi mondial: préparons-nous à défendre nos libertés, armons-nous, fabriquons un ennemi dans nos cœurs. Ainsi l’Allemagne se réarme-t-elle, la Finlande et la Suède adhèrent à l’OTAN, les budgets de beaucoup de pays explosent. La guerre, possiblement nucléaire, se profile une nouvelle fois comme une réaction primaire aux provocations des grandes puissances. Et tous les gouvernements occidentaux semblent embarquer dans cette nouvelle injonction.
C’est à cela que je voudrais objecter aujourd’hui , 50 ans après mon refus de jeunesse qui ne voulait pas cautionner la mort en service commandé ! Objecter comme une forme de résistance collective, partagée avec celles et ceux qui, refusant cette contamination à la violence qu’on nous propose, veulent développer une alternative : à tous les niveaux sociétaux, familles, voisins, quartiers, régions, pays, monde, favoriser tout ce qui peut contribuer au Vivre ensemble, dans la diversité des origines, des valeurs, des convictions, des inquiétudes, des blessures et des espérances. Comme une antidote au principe légendaire du « oeil pour œil, dent pour dent », qui nous a tant démontré son inefficacité pour résoudre les conflits de pouvoir dans le long terme.
Le 3 juillet 1944, les maquisards ont instauré la « République libre du Vercors », qui prolongeait l’embryon d'État dirigé par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Pendant une semaine, nous autres, les 40 marcheurs de Compostelle-Cordoue, avons instauré, presque à notre insu, une « République de bien vivre ensemble ».
Émerveillés par tant de beauté autour de nous, de silence et d’harmonie, nous avons parcouru les vastes prairies, les forêts de hêtres et de sapins, les canyons asséchés, les petits villages du Vercors, nous rassemblant à midi pour pique-niquer sous un arbre et dîner en soirée dans une auberge de montagne. Marcher sur l’humus des sentiers, pour sentir la puissance régénératrice de la terre. Dialoguer en marchant côte à côte avec son voisin (dialogos, la parole qui traverse). Comprendre (rendre proche) ce qui est en jeu dans la rencontre, pour nous ouvrir à la compréhension de tous sur cette terre. Ainsi avons-nous, comme les alchimistes d’un nouveau monde, mélangeant écoutes, rires, chants, cercle de paroles, jeux, confidences de chambrée, prières, partages des repas, silences, méditations… vécu une utopie, à notre étonnement devenue soudain proche et palpable. « Quand on trouve le ressort, tout devient possible » a dit un ancien, « je me souviendrai toute ma vie de cette marche, jusqu’à ma mort », à dit un jeune. « Résistance » peut-être… mais sans commandement, sans armes, sans destruction, sans incendie, sans meurtre à l’aveugle. « Résilience » plutôt !
Notre séjour nous a fait prendre conscience que nous devons faire face à toutes ces forces qui veulent nous contraindre à nous fondre dans un monde qui ne nous donne ni horizon, ni goût de vivre par nous même et partager nos talents, ni élan de gratitude pour cette nature qui nous nourrit. Un monde qui ne nous incite pas à honorer ce qui est plus grand que nous, mais à glorifier l’homme tout puissant. Ainsi nous nous sommes promis, les uns aux autres, de mettre en œuvre cette douce mais ferme résistance-résilience dans notre quotidienneté. Avec l’inventivité et la ferveur requise pour cette tâche nouvelle qui devrait dessiner un autre monde.
Tant de joies ainsi retrouvées et partagées sur les monts du Vercors, cette semaine là, n’avaient-elles pas fait de ce lieu, pour nous … une terre sacrée ?
Alain, marcheur parmi d’autres, Genève, août 2022.
Moi Monette si heureuse de vous retrouver après une longue parenthèse.
Joie partagée, contagieuse, si intense.
Bien sûr en regret de celles et ceux qui ne nous ont pas rejoints, en enthousiasme auprès des nouvelles et des nouveaux arrivants .
Un bain de découvertes et de jouvence : jeunesse de nos petits et grands Scouts, jeunesse des grands adultes que nous sommes et qui avons gardé la jeunesse du cœur !
Ce fut une belle réussite, la bouture va prendre et grandir tant elle a reçu d’attention, de soin et d’amour.
Petits et grands , merci pour vos présences si authentiques, merci à toutes celles et ceux qui ont fait de ce séjour un VOYAGE inoubliable!
A vous revoir, notre maison vous est ouverte.
Simone.
Grandes retrouvailles de Totocar avec un nouveau chauffeur, bon conducteur et attentionné (merci Philippe !), au côté de l’ancien toujours tellement apprécié (Merci Dominique !) Trajets vivants et dynamiques avec un certain rire éclatant, certaines blagues bien envoyées : on sait à qui je pense ! Belles marches, pays ages magnifiques surtout sur les plateaux, d’où l’on observe, depuis les champs jauneset secs les falaises, les crêtes s’étalant à l’infini, se couvrant d’une couleur bleue vers le soir, les à-pic dans le vide… Belles visites et moments de partage bien organisés (merci Jean-René Morice, Michel, Roger, Leïla, Stéphane, pour l’énorme travail préparatoire et les actions sur place).
Jolies rencontres avec les nouvelles et nouveaux, avec les anciens que je ne connaissais pas bien ou mal. Petites tranches de vie de l’autre en partage, en promenade, à l’apéro ou le soir au coucher. Réflexions et tissage de la trame du passé au présent au musée de la résistance pour les uns, au mémorial pour les autres : très beau film sur la résistance au mémorial ; rappel du massacre de Vassieux-en-Vercors. Mémoire émouvante aussi des actes de résistance familiaux, des figures sublimes de résistance (Merci Ahmed pour le bel exposé sur l’émir Abd El Kader).
Quel serait aujourd’hui notre courage pour résister ? Nous ne sommes pas des héros dans notre génération si favorisée à certains égards, juste des personnes, qui essayent de tenir debout dans ce grand monde qui nous dépasse et nous menace comme le répète à l’infini les collapsologues, qui mettent en drame le discours des scientifiques. C’est à travers le quotidien inter-générationnel (merci les scouts !), dans l’échange fructueux de nos convictions, dans la prière partagée (notamment un soir de pleine lune), vécus pendant ces quelques jours sympathiques et éclairants que nous continuons à penser notre résistance actuelle : ne pas s’effondrer déjà dans cette ère de l’anthropocène qui nous promet l’effondrement , penser prier et œuvrer tous les jours pour la paix, dans notre monde de guerre (Ukraine – Palestine- Yémen), lutter par nos petites actions bien modestes tous les jours contre l’injustice, contre les discriminations, contre les inégalités. Refuser de se servir de Dieu dans la guerre (ce n’est jamais gagné).
Seuls, nous ne pouvons y arriver ; Dieu l’unique, le Très Haut, l’humanisme partagé, selon les cas, nous y aide. Résister : dans nos cœurs pour une vie en amour…
Geneviève.
Cher Jean-René, chères amies et chers amis de Compostelle-Cordoue, C’est à moi de te remercier Jean-René et de remercier toute l’équipe de C-C. Merci surtout d’avoir insisté auprès de l’ermite qui git en moi et qui sort rarement de sa tanière !
Il y a dans votre projet une des réponses possibles aux crises que traversent nos sociétés. Le sens de la diversité - des convictions, des religions, des attentes, des actions - qui nourrit l’espoir d’un mieux-vivre et d’un mieux-faire ensemble en paix. La marche partagée, comme un remède contre la gangrène des corps et des esprits. Les cercles d’échanges, à deux, en groupe et en plénière, qui parfois nous caressent, dans le bon ou le mauvais sens du poil !, et parfois nous traversent jusqu’à pénétrer le cœur.
Ma conviction profonde est que notre monde souffre d’un déficit criant de spiritualité, y compris chez les religieux, c’est-à-dire de ce souffle premier qui féconde tout ce qui accepte d’être touché par lui. Nos sociétés pour l’avoir oublié s’effondrent sur elle-même… pour renaître inch’allah. Et c’est à cette renaissance qu’il faut dès à présent travailler et c’est le défi que Compostelle-Cordoue a accepté, à sa manière et à son niveau, de relever.
Alors pour tout cela un grand merci et le meilleur pour la suite… latcho drom (« bonne route ») comme disent les gens du voyage !
Fraternellement,
Ahmed.
Merci d'avoir accueilli 4 nouveaux à Léoncel durant 7 jours : c'était un risque à prendre pour vous et pour nous ! Merci à Morice d'avoir testé à distance - et fait confiance- pour savoir si cela pouvait se faire…
Ce qui m'a le plus marqué, c'était la bienveillance de chacun et le thème dont on parle peu : la résistance, dans le quotidien, aux petites choses presque imperceptibles mais qui empoisonnent la vie : inutile de dresser une liste !
Merci à Michel d'avoir prolongé la réflexion en nous informant de la rediffusion du film :Gandhi. Inspirant . Il a résisté à la colonisation anglaise avec des moyens rudimentaires ( le rouet, la marche du sel entre autres) aboutissant à l'indépendance de l'Inde. "Sois le changement que tu voudrais voir"... Également la Résistance de Rosa Park et Rose Valland -trop peu connue- très inspirantes aussi : petits moyens, grands effets. ! Au plaisir de vous revoir tous en 2023 ?
Amitiés
Denise.
Chers amis, je partage avec vous, ce qui m’a marquée lors de notre marche du Vercors.
Sachez que j’ai été touchée :
Par notre diversité intergénérationnelle, spirituelle, lumineuse, gaie, chantée.
Par nos regards, notre amitié fraternelle dans la confiance et la bienveillance.
Par Benjamin et Tarek, chefs scouts, des pionniers intégrés et acteurs …sans oublier nos anciens scouts Kamel, Ahmed, Michel, Stéphane, Daniel et sa guitare.
Par la sagesse constante de Jean René, organisateur placide et efficace.
Par Michel notre Président, Alain, Roger, Dominique et Philippe.
Par vous les nouveaux, dont certains que nous connaissions déjà, comme Mirka qui nous avez rejoints…Merciii de votre confiance.
Par nos marches, nous étions 42 dans ces paysages sublimes du massif du Vercors, un retour intériorisé car de là…s’est élevé :
“Le chant des partisans” lancé à la ferme d’Ambel vers la plaine … hommage à la Résistance, appel de non-violence, de plus de guerre mais de Paix qui a fait jaillir de mes yeux des larmes d’émotion profonde.
Résonance personnelle vécue, de Ia douleur de ceux qui en ont souffert, d’avant d‘ hier et encore aujourd’hui, des traumatismes et des conséquences, à vie.
Comme le temps semble si long pour guérir….
Alors votre espérance m‘a emportée légère dans votre tourbillon, vos sourires ressentis.
Par nos témoignages individuels, exemples de résistance comme ceux du père Paolo de Nadia, du Père de Geneviève, du Forum sur la Paix de Marc, de l’Emir Abdelkader d’Ahmed.
Par nos cercles de réflexion et de fin de marche, animés par Alain et Leïla,
Par NOS SACS À DOS, porteurs DE NOTRE ENGAGEMENT.
L’alchimie de la marche et de nos rencontres a opéré ça a été réussite !!!
Quoi de plus doux que de se retrouver confiants du matin au soir tous, ensemble avec nos hôtes respectifs et intervenants nourris intérieurement.
N’est pas ça qu’on appellerait le …. Fraternellement
MERCI et BRAVO !!!!
Amitiés et à très bientôt pour de nouvelles aventures.
Morice.
Cher(e)s toutes et tous, A l’heure où j’écris ce témoignage, j’observe devant moi les cimes du Vercors sous un ciel immaculé d’un bleu azur ; ils font face à cet éclatant soleil de septembre, à la chaleur un peu plus douce et plus indulgente que les deux mois précédents, et se laissant illuminés dans toutes leurs formes. Depuis notre marche, je les regarde avec une autre intensité, avec le souvenir, presque nostalgique, du moment passé ensemble. Ce moment, qui rassure notre être en lui signifiant que dans ce monde actuel où certains entretiennent l’idée de nous mener au conflit sans en mesurer les conséquences et malgré ce que l’histoire a pu nous faire découvrir sur les destructions souvent irréparables des effets de la guerre, d’autres on fait le choix de résister au déviances de leurs bas-instincts, le choix de la paix, le choix de vivre ensemble en paix, de marcher ensemble en paix, de vivre des moments d’échange, de partage, d’intercompréhension, dans l’humilité et la sincérité afin de prouver au monde que cela est possible et l’as toujours été. Les femmes et hommes qui agissent par leur humanité ne peuvent que s’entendre et bout du chemin qu’ils entreprennent ensemble, mener de belles actions pour le bien de nous tous. C’est ce que tente de faire Compostelle Cordoue, c’est le défi qu’elle s’est lancé et qu’on remercie de tout cœur et à qui l’on souhaite encore de bonnes aventures et ce, pour l’éternité.
Kamel, qui vous garde en mémoire et vous remercie sincèrement.
J’ai vraiment beaucoup apprécié ces belles randonnées communes, dans ces beaux paysages empreints d'histoire, avec leurs topos, visites guidées, ces discussions et rencontres, la dimension intergénérationnelle.
Et aussi l’accueil par Michel et le fait qu’il m’ait demandé d’intervenir sur un sujet délicat, occasionnant souvent des polémiques : le conflit israélo-palestiien. Michel a osé, sur un sujet qui me tient à cœur puisqu’il m'a occupé 2 années de volontariat. Et la soirée s’est très bien passée. Michel sait mettre du liant, avec tellement d’humanité.
On pense bien à toi, Michel.
Amicalement
Marc.
J’ai réalisé une vidéo poétique en mémoire des résistances du Vercors à partir du témoignage de France PINHAS, infirmière au maquis, qui m'avait tant touché lors de la visite du mémorial de la résistance.
Je vous la livre sur Youtube ici
Stéphane.
En ce moment où je trouve le temps de rédiger mes impressions sur notre marche au Vercors cet été, je me pose la question : vais je retrouver l'élan qui m'habitait concernant ce mot, résister que nous avions choisi comme thème de notre marche?
Dans ce beau pays du Vercors, qui semble encore préservé des effets climatiques, qui montre un développement remarquable de ses infrastructures d'accueil, de ses ressources agro-alimentaires et de son patrimoine culturel, parler de résistance me paraissait facile. A mon avis les gens de ce pays réussissent à faire mémoire de leur passé douloureux sans le montrer de façon ostentatoire, mais à la manière des histoires de vie. J'ai eu l'impression que ce terme de résister avait presque pris dans ce pays un goût de terroir. En effet, j'ai admiré avec quelle simplicité et sincérité les habitants nous racontaient leur passé à l'aide des traces qui leur sont restées : photos, objets, habitats et lieux dit, les paysage eux-même devenant mémoire et témoins non pas seulement pour leur beauté mais pour ce qu'ils comportent de souvenirs douloureux. Ils appliquaient l'idée que le bonheur et le malheur sont deux notions étroitement liées, voire indissociables. Comme le dit le proverbe : A tout malheur bonheur est bon. Autrement dit, dans tout événement pénible, il y a quelque chose de bon à prendre.
De ce fait, entraînée par la vitalité des marcheurs de notre Association Compostelle-Cordoue enrichie par de nouveaux venus et encadrée par des gens du pays à l'hospitalité chaleureuse, ainsi qu'avec des intervenants engagés et de haute qualité, parler de résistance pour moi fut un moyen d'apprivoiser ce terme avec de l'espoir à la clé : plus jamais ça.
Qu'en est-il aujourd'hui de retour chez moi? Comment aborder ce terme de résister alors que face à de nouveaux graves conflits qui se rapprochent, l'on se retrouve face à notre incapacité à faire valoir les moyens non violents qui existent pour les résoudre. Les sciences sociales et humaines qui ont développé ces dernières décennies tout un riche réseau de théories sur la résolution des conflits auraient la capacité de nous mener à "plus jamais ça". Mais aujourd'hui, elles montrent leurs faiblesses, balayées par des forces aveugles et avides de pouvoir et de violence. Personne ne semble écouter ou profiter des erreurs du passé pour trouver d'autres moyens que la guerre et la violence pour résoudre les conflits. La valeur de l'expérience des anciens est bafouée et le "plus jamais ça" sonne douloureusement à mes oreilles.
J'avoue donc qu'après le Vercors et la reprise des soucis quotidiens, j'ai été passablement découragée et résister me paraissait hors de portée.
Pourtant l'autre jour, j'ai entendu la prédication d'un pasteur protestant que j'affectionne beaucoup et dont les propos m'ont interpellée. J'ai été sensible à l'analyse qu'il a fait concernant l'utilisation de la violence qui s'installe très souvent lors d'un conflit. Si la violence prend souvent le dessus, c'est parce que être violent concerne tout le monde.
Et il explique : En chacun de nous se trouve un petit César qui nous pousse à répondre à notre propre besoin de confort, de sécurité, de richesse et de possession afin d'être reconnu et dominer. Désirs certes très naturels mais qui, utilisés seulement à son profit, font fi des règles de la communauté indispensables pour la vie sur notre planète. La conjoncture actuelle pousse à cela : course à la performance, culte de la singularité. Une dépense énorme d'énergie qui va à l'encontre de la vraie communication qui mène à vivre ensemble.
Ah, si l'on pouvait utiliser cette énergie du désir, utile au fonctionnement de l'être humain pour la mettre cette fois au service de l'ensemble de la population! Pour ce faire, ne devrait on pas alors domestiquer notre petit César pour que cette énergie créatrice profite à tous et pas seulement à soi.
C'est aussi cela, résister. Faire bouger à son niveau la conjoncture actuelle du laisser faire et du repli sur soi qui laisse le champ libre aux tendances néolibérales de dérèglement, de libre échange, de privatisation du secteur public au profit d'un système capitaliste mondial dont le rendement ne profite plus à ceux qui le produisent.
Résister ainsi serait donc de redonner aux jeunes un monde du travail qui valorise l'engagement, la prise de responsabilités et un bénéfice pour tous.
Résister ainsi serait d'offrir une alternative à ceux parmi les jeunes qui n'ont plus que la violence pour s'exprimer, contre autrui, ou contre eux en s'autodétruisant, parce qu'ils ne trouvent plus de raison d'être.
Résister ainsi serait de faire cause commune avec les jeunes plutôt que de s'irriter parce que leur façon de résister bouscule notre train-train quotidien. Tout le monde devrait s'alarmer comme eux de ce monde qui épuise sa terre nourricière et ne réussit plus à nourrir l'humanité et qui les mène à ne plus vouloir procréer.
Résister ainsi implique de changer nos habitudes et de prendre le risque de la décroissance pour plus de liberté.
Résister ainsi, c'est dénoncer le fait que notre inertie et notre frilosité à agir mène à être complice de l'avènement des nouveaux César, dictateurs de droite ou de gauche, ceux-ci profitant des nouveaux révoltés et laissés pour compte pour installer leur régime totalitaire. Le procédé n'est pas nouveau, mais il se développe maintenant à l'échelle mondiale et il n'y a plus d'échappatoire, même spirituellement puisque à l'intérieur même des systèmes religieux en perte de crédibilité, la gangrène de la domination des César de tous ordres, sévit également. Il est donc urgent de faire admettre aux générations traumatisées par les dérives religieuses d'arrêter de rejeter les valeurs spirituelles et de priver leur descendance de leurs propres racines chrétiennes qui pourraient les soutenir. Ils se trompent de cible, ce sont les César religieux qu'il faut dénoncer et non pas le message religieux qui est fait d'exhortation à la paix, à la non violence et au vivre ensemble. Ce sont les valeurs de nos démocraties et il faut les sauver. Sommes nous entrain d'oublier que les valeurs fondamentales de nos sociétés démocratiques "Liberté, égalité et fraternité" se réfèrent à la Bible et son message? Pourtant tout le monde a encore en tête l'Assermentation de Barack Obama et de Joe Biden la main sur une Bible! A ce propos je vous recommande le livre de Nathalie Loiseau, "La guerre qu'on ne voit pas venir". Elle y développe avec habileté les risques que courent nos démocraties européennes et donne des clés pour y parer.
Il serait donc utile de rappeler à ceux qui se dévouent corps et âmes dans des ONG mais ne veulent plus rien entendre d'une quelconque spiritualité, que leur action dans ces organismes humanitaires correspond au message du Christ : aimer son prochain, le respecter et lui venir en aide. Mais le Christ a aussi dit "Je suis avec toi contre cette violence qu'il ne s'agit pas de porter seul. Faire des alliances pour résister ensemble.
Si je résume mes précédents propos, il serait souhaitable que chacun, domestique le petit César caché en lui, prenne sa part à son niveau dans la défence de la planète, transmette l'importance de l'engagement et de la solidarité : on résiste mieux à plusieurs. Résister ainsi me convient et me redonne l'élan qui m'habitait pendant la marche au Vercors : miser pour un monde meilleur est possible.
Les débats auxquels j'ai assistés aux récentes Rencontres Orient-Occident à Sierre en octobre dernier, dont les thèmes touchaient le politique, la finance, l'écologie et le "vivre ensemble" m'ont aussi confortée dans l'idée que le changement est possible. A mon avis, plus que jamais cette cuvée 2022 des ROO s'est préoccupée de nous donner des étapes pour comment passer de la théorie à la pratique en nous présentant, entre-autres, un grand nombre d'exemples de résistances sur le terrain qui ont fonctionné. J'ai aussi mesuré combien les participants se sont engagés par des échanges d'idées et par la richesse des questions qu'ils posaient à la fin des débats. Toutes les conférences et débats ayant été enregistrés et mis sur le site des Rencontres ROO, j'invite les marcheurs du Vercors à les visionner, en particuliers le film projeté le samedi 8 octobre "Composer les mondes" sur les ZAD de Philippe Descola et Elisa Lévy, le film "Irréductible", des témoignages remarquables de Olivier Dubuquoy projeté le 9 octobre à 10h et la Table Ronde du dimanche 9 octobre à 17h30. Ils y trouveront souvent le même questionnement débattu pendant notre séjour au Vercors, mais aussi d'autres outils et moyens pour continuer ensemble à mieux résister.
Voir les conférences et débats de l'édition 2022 le site des ROO
Dans notre groupe de marcheurs se trouvaient une dizaines de jeunes scouts et je pensais à eu lorsque j'ai, dans mes propos précédents, évoqué notre jeunesse actuelle et leurs problèmes. En faisant leur connaissance et en les écoutant, j'ai pu faire le constat que beaucoup d'entre-eux faisaient déjà preuve d'une belle maturité d'esprit qui les poussaient à engager leur future vie professionnelle dans des voies constructives. Ils étaient donc de ceux parmi la jeunesse qui se prennent en main et cherchent à résister. Ils étaient notre rayon de soleil de par leur attitude joyeuse mais aussi disciplinée. J'ai été stupéfaites par le fait qu'ils étaient toujours à l'heure au départ des marches. Je les vois encore, non seulement dévaler avec joie le sentier tortueux et étroit du "Canyon des Gueulards" et s'investir dans des courses-poursuites, mais aussi s'arrêter à tout moment pour aider ceux qui peinaient à franchir les parties escarpées et vertigineuses. J'ai été aussi très touchée d'observer leur sensibilité aux paysages sublimes qu'offraient ses gorges baignées d'une lumière si douce. Avec la complicité de plusieurs d'entre-eux, nous jouions à celui qui trouvaient les meilleurs endroits pour réussir nos photos.
Enfin ces scouts avait programmé dans leur planning de nous inviter un soir dans leur camp pour le repas du soir. Une performance que de cuisiner pour 40 sur une cuisine de campagne....Non seulement ce fut excellent mais original car, la cuisson du repas ayant duré plus que prévu, c'est à la lampe de poche et sous un magnifique clair de lune que nous avons fini de manger et participer ensuite à leurs jeux subtils et récréatifs. Une soirée originale et mémorable pleine de rires et de joie d'être ensemble. Ce souvenir me permet de finir en beauté l'évocation de mes réflexions et impressions de voyage.
Pour conclure, je dois avouer que, parce que le projet de la marche aux Vercors me paraissait mal ficelé, je trouvais les déplacements compliqués et trop astreignants, j'avais remis en cause le projet et ma participation à la marche. Mais, après avoir pu discuter avec les organisateurs, négociés certains points et surtout parce que j'avais eu vent des contraintes incontournables qu'ils avaient rencontrés, spécialement pour les hébergements, j'ai envoyé mon inscription et bien m'en a pris car cette marche fut pour tous les marcheurs une réussite. Je tiens donc à féliciter les organisateurs qui ont su, non seulement diriger notre groupe de plus de 40 personnes avec doigté et bonhomie, mais aussi pu appréhender les inévitables conflits intergroupes.
Cette heureuse conclusion, n'est-elle pas la preuve qu'avec du fair-play et une bonne concertation, il est possible de surmonter les conflits?
Mireille.
Cercle de conversation final dirigé par Alain Simonin
Une randonnée de Compostelle-Cordoue sans cercle final, impensable ! C’est un grand moment de retrouvailles avant la dispersion, le retour chez soi. Nous avons marché, dialogué, essayé de comprendre, de nous comprendre, en binômes ou petits groupes. Ce cercle final est ré-unificateur. Nous entendons tous ce que chacun dit ! ...
Un grand moment de suspens quand se fait le silence : tous nous attendons « l’incipit » ! Quel sera le premier mot, la première idée de l’animateur ? Le sait-il lui-même ? Qui sera son premier interlocuteur, « l’invité d’honneur ». Les suivants, en rejoignant le centre du cercle, se révèlent à nous encore davantage, au gré de ce qui a résonné en eux ! Les autres, ceux qui restent immobiles, ne rentrent pas dans le centre du cercle, silencieux, à l’écoute…timidité, pudeur, ou juste « pas envie de parler » … ?
Vient ensuite ce temps surprenant où l’on entend la synthèse orale « immédiate » de ce que « le scribe » a entendu et qui lui a paru essentiel. Surprenant de découvrir l’originalité et la richesse de ce qui nous est rapporté dont on n’avait pas forcément conscience quand on était en pleine discussion. « Waou, on a dit tout ça ? ... »
Une synthèse écrite par le « scribe » est la dernière étape. Je vous la présente aujourd’hui.
Marcher dans ce Vercors illustre par son héroïque et tragique histoire nous a permis d’aborder la question de la Résistance dans notre vie d’aujourd’hui.
C’est notre benjamin qui sera « l’invité d’honneur ». D’entrée de jeu le ton est donné : « Résister » est une Attitude. Attitude joyeuse, elle nécessite du courage : courage de résister à sa timidité et la vaincre, courage de prendre la parole, de donner son opinion…
Cette marche restera à jamais gravée dans la mémoire de nos « juniors ». « Je m’en souviendrai jusqu’à ma mort » …C’était comme s’ils étaient en famille. Une famille bienveillante où a régné un esprit d’entraide dans la sobriété et le partage. L’écoute attentive de l’autre y a été prépondérante et a suscité des amitiés sincères.
Il a régné dans ce temps passé ensemble une cohésion, sans heurt apparent majeur, une « osmose » du groupe, un « Esprit ». « Quelque chose de la spiritualité rôdait entre nous ».
Marcher et parler en rencontrant d’autres personnes : la marche laisse du temps pour mieux formuler sa pensée. Elle « donne du temps au temps », temps de partage très puissant, très profond. Presque à notre insu, on se met à parler sans tabou de sujets intimes, avec une rare liberté de paroles. Liberté de paroles, liberté tout court. Chacun se sent devenir davantage lui-même dans une réciprocité de relation. Cette intimité facilite l’accès à quelque chose d’universel. Il s’établit « une intimité universelle ».
Dans cette démarche d’altruisme véritable et sincère, l’autre se laisse découvrir. Et d’étranger, il devient reconnu. Il pourra alors être intégré dans notre propre univers où il peut retrouver toute sa dignité.
Marcher et parler.
Marcher et avoir peur de partager, peur de ce Groupe, cet Etranger, qui pourrait happer ma liberté…puis laisser du temps au temps, faire confiance et se laisser aller, délivré de la peur d’être jugé, la peur d’être rejeté, de n’être pas aimé, ni apprécié…
Marcher en silence aussi…retour vers soi. « La marche est une démarche », une quête vers quelque chose dont on n’a aucune connaissance, « le but est le chemin ».
Et là, ô comme c’est bizarre ! Le silence se met à NOUS parler. Tantôt avec fureur, tantôt avec douceur, il nous parle… Il se sent autorisé à livrer en toute confiance des secrets, révélations du plus profond de nous-mêmes, de ces choses qu’on s’acharnait à taire, à ignorer, à dénier.
Ce dialogue intérieur peut aussi nous confirmer dans ce que nous croyions déjà….
Le silence aiguise nos sens. Cette perception plus discriminante, plus subtile, détecte cette part immatérielle et mystérieuse des choses et des relations humaines et peut changer notre vie…
« Croire c’est voir avec le cœur »,
Attentifs à ce que nous voyions et entendions autour de nous et en nous, le silence du Vercors, nous a offert sa grâce…. Elle perdure avec douceur. C’est une bénédiction qui nous a été accordée, baraka de TOUS les RÉSISTANTS, ceux auprès de qui nous nous sommes recueillis et les autres aussi, d’ailleurs dans le monde, qui ont lutté au prix de leur vie pour que d’autres se tiennent debout la tête haute, libres.
Bel hommage que cette marche inspirée où chacun portait dans son cœur son Résistant et sa résistance propre. Gardons-nous d’oublier ce que nous leur devons !
11/10/2022
Le scribe
- Marches
Quel Bilan après la marche dans le Vercors (6 au 13 août 2022) ?
Notre association a donc tenu sa marche annuelle autour de Léoncel, dans le Vercors, marche agrémentée de rencontres et de visites (voir le «programme réalisé » établi par Jean-René).
L’édition 2022 faisait l’objet de plusieurs nouveautés importantes et d’abord ce ne fut pas une marche itinérante mais des marches en étoile autour de Léoncel ; la marche itinérante 2021 dans les Alpes maritimes avec les navettes éprouvantes de bus avait laissé des traces dans les esprits. Mais on aurait pu craindre de perdre « l’idée de progression collective » et que notre devise « marcher dialoguer comprendre » s’y retrouve moins.
Il n’en fut rien, la « progression collective » se faisant plus sur le thème de la marche (cf ci-après) que sur les sentiers.
Il faut dire que le hameau de Léoncel est tout-à-fait charmant : à 920 m d’altitude (fraicheur garantie), un calme bucolique, une abbaye romane toujours ouverte, des hébergements de qualité, un bar restaurant, une salle de réunion, une laiterie… et une poignée d’habitants faisant vivre ce lieu dans une harmonie étonnante ; le deuxième « port d’attache « La vacherie » où logeaient une partie du groupe et les scouts, tout aussi champêtre, avec une route toute droite de 4kms entre les deux sans circulation (un jeu d’enfants pour Totocar).
Et puis, tout autour, des superbes ballades dans les prairies et bosquets surplombés par de belles falaises calcaires… sans oublier « le canyon des Gueulards » que le groupe parcourut sans coup férir.
La deuxième grande innovation fut le thème général de la marche : « La résistance ». Evidemment on ne pouvait pas faire moins dans le Vercors. Mais comment passer de l’évocation douloureuse du maquis du Vercors (1942-1944) réprimé dans le sang, aux questions qui secouent notre monde actuel : bien sûr la guerre en Ukraine (et en Palestine), mais aussi les forces négatives qui conduisent nos sociétés dans le mur : l’individualisme, la sur consommation, le non-respect de la nature et du climat…
Eh bien, nous avons su passer, plus facilement que prévu, du traumatisme du maquis de Vercors à la course incontrôlée de nos sociétés actuelles.
Nous le devons d’abord à Jacqueline, la maire de Léoncel, qui nous a décrit comment vivaient actuellement les habitants de Léoncel : de la solidarité, un mode de vie sobre et en harmonie avec la nature ; elle a répondu simplement et concrètement à toutes les questions des jeunes et des moins jeunes ; nous avons pu passer ainsi de la notion de « résistance » à celle d’ « actions pour un monde meilleur », plus fraternel, plus écolo, s’appuyant sur des valeurs profondes ; Un travail par petits groupes a permis de concrétiser des propositions.
Enfin, il y a eu LA JOIE, autant et peut-être plus que les années précédentes : un groupe de chanteurs+ musiciens se retrouve désormais avec ferveur ; notre groupe s’élargit à de nombreuses têtes nouvelles, facteur favorable pour la pérennité de notre association ; les relations avec les scouts toujours aussi rafraichissantes (« Je me souviendrai de ce séjour jusqu’à ma mort ! »).
Les réunions toujours aussi bien animées par maitre Alain.
Oui 2022 fut un grand cru ; un merci particulier aux organisateurs (particulièrement Jean-René, Morice, Roger).
Vous trouverez bientôt sur notre site les impressions des uns et des autres.
Et tournons-nous désormais vers 2023 où de nouvelles belles et fraternelles aventures nous attendent,
Votre président,
Michel Rouffet
- Rencontres et visites durant notre marche avec les intervenants de Léoncel
Madame la Maire Jacqueline Charve, Yves Chauché et Denis Hyenne
L'église orthodoxe Saint Antoine Le Grand
Le mémorial de la résistance Vassieux en Vercors
Le musée départemental de la Résistance du Vercors
- Nos hébergements
Gite d'étape La colo de Chaffal
- Restaurants de Leoncel
- Marches
Notre marche annuelle en 2022 est prévue à Léoncel dans la Drome
Le Vercors, la Résistance
Du 6 au 13 août 2022
Présentation faite par jean-René Brunetière, secrétaire général de l'association, à radio Notre dame
Marie Leila Coussa, journaliste à Radio Notre Dame, a interviewé Jean René Brunetière pour l’émission "L’Âme des lieux" : "la marche de la résistance dans le Vercors » (20 mn).
Cette émission diffusée le 28 juillet est à re-écouter ici
Lire aussi l'article que Saphirnews consacre à cet évènement
Le point fixe : Léoncel et son ancienne abbaye cistercienne, au sud-est du Vercors. Les branches de l’étoile : un champ inépuisable de randonnées en montagne à vaches, dans les paysages magnifiques du Vercors
Un thème s’impose en ces lieux : la Résistance. Souvenirs encore vivaces du maquis dans ces temps où la guerre réapparait en Europe, mais aussi plus largement, appel à chacun de savoir résister aux séductions perverses de notre société pour protéger et développer sa liberté. Dans le Vercors, des habitants résistent pour préserver leur pays, sa beauté, sa personnalité, son authenticité, et nous les rencontrerons.
Résistance
Propos en désordre… bien ordonnés
Compostelle Cordoue développe depuis longtemps le thème de la bienveillance, voire de la « bienveillance inconditionnelle »… mais la bienveillance n’est pas la complaisance, ni la lâcheté ! Il faut parfois combattre.
Le thème choisi pour notre marche 2022 dans le Vercors autour de Léoncel est « La Résistance ».
En ces lieux, le thème s’imposait : le souvenir du maquis est toujours vivant.
« Sur ce vaste plateau, des Français de toutes origines et de toutes opinions ont su se grouper et s'unir avec la seule ambition d'échapper à la servitude (...) Tant de sang versé a fait de ces montagnes une terre sacrée, une terre qui doit être maintenant respectée comme un sanctuaire où le flambeau de notre liberté a été rallumé, comme l'un des berceaux de la Renaissance française. » (Commandant Pierre Tanant).
De 1942 à 1944 s’est constitué sur le plateau du Vercors, véritable « forteresse naturelle » un important foyer de résistance, rassemblant jusqu’à 4000 maquisards en 1944. Le 21 juillet 1944, 9 000 soldats allemands et 500 français donnent l’assaut et ratissent le plateau, tuant 639 combattants et 201 civils. Le maquis est dispersé dans le sang et les larmes.
Nous marcherons sur les traces des maquisards et nous interrogerons leur souvenir au moment où l’Ukraine est engagée dans une résistance semblable et où, dans notre pays fracturé, l’inacceptable semble s’insinuer progressivement dans la normalité. Et dans ce glissement continu, c’est à chacun de décider sur chaque enjeu où commence l’intolérable, le moment où il devra dire non. Ce moment n’est pas donné de l’extérieur… chacun en est responsable pour lui-même devant sa conscience.
Savoir dire non, savoir quand dire non, savoir comment dire non.
Savoir repérer les formes sournoises de servitude qui appellent notre révolte, comprendre que dans le glissement progressif du normal à l’inhumain, c’est à chacun de nous qu’il incombe de choisir le moment de dire non, d’entrer en résistance…
En temps de paix, la résistance s’exprime par le comportement quotidien, la préservation de ce à quoi on tient, la nature, nos richesses culturelles, notre cohésion sociale face aux agressions ordinaires. Nous rencontrerons des personnes qui, sur le plateau du Vercors, résistent au long des jours aux tentations perverses de notre société, veulent rester indemnes de toute addiction. Il ne s’agit pas de refuser le progrès mais d’en rester maître, de rester libre en face de ce que le monde nous propose, en face des tentations marchandes.
Chacun d’entre nous aura l’occasion de revisiter ses sujets de résistance, sa capacité de résistance, ses territoires de liberté, au fond.
Choisir ses terrains de résistance est un acte politique. Le choix n’est pas toujours si clair que celui qui se présentait au temps des maquis. Ces choix sont sujets de controverse : les éoliennes, le nucléaire, le mariage, pour tous, le droit de mourir dans la dignité, une agriculture pour nourrir la planète sans la polluer ou la vaccination génèrent des résistances… Quels critères de légitimité ?
Certainement, au sein même de notre groupe, les positions divergent sur ces sujets. Sommes-nous condamnés à des résistances antagonistes ?
Compostelle Cordoue a engagé un chemin en 2021 vers trois défis majeurs : le changement climatique, l’accueil des exilés, la violence sous couvert de religion. La gravité et l’urgence de ces défis font consensus entre nous. Nous nous proposerons d’approfondir ces thèmes : les deux premiers au moins appellent notre résistance.
Quand le climat est en danger, quand la solidarité est bafouée, quand l’égoïsme est élevé au rang de vertu s’il fait vendre, où trouverons nous les ressources pour résister, individuellement et collectivement ? pour civiliser les nouveautés technologiques, pour humaniser nos rapports sociaux, pour domestiquer la cupidité triomphante ?
Où ? où sinon à l’intérieur de nous-mêmes, au prix d’un travail exigeant, qui réveille nos générosités enfouies, qui délivre notre part d’altruisme ? Peut-il y avoir résistance sans démarche spirituelle ?
A Cannes, c’était le message de Lama Tréhor, et le prieur de Leyrins, Don Wladimir, développait le thème de la « conversion » … son monastère était en « conversion écologique », et chacun était appelé à une « conversion » personnelle toujours à renouveler. Au prix de quels sacrifices ?
La résistance ne va pas sans sacrifice. Que sommes-nous prêts à sacrifier de notre confort pour atténuer le changement climatique, de notre entre soi pour accueillir les exilés, de notre domination pour sauver la nature, de notre superflu pour retrouver la fraternité ? Quelle sorte de bonheur nous attendra au bout du chemin ?
Le sacrifice, prix de la libération ? ce même mois de juillet 1944 qui voit périr le maquis du Vercors, la Normandie retrouve la liberté.
Sacrifice et libération, pour les croyants, sans doute est-ce le sens du jeûne, du Ramadan, du Carême, une forme d’entraînement à la résistance ? Mais l’exercice spirituel n’est sans doute pas le monopole des croyants…
Résister ensemble. Résister en solitaire demande de l’héroïsme, résister en groupe, mimétisme aidant, allège le fardeau, crée du lien, peut générer de la joie partagée. Les grands mouvements collectifs, politiques, syndicaux, religieux, sont en crise. Les collectifs de résistance prennent d’autres formes, plus dispersées, plus instinctives peut-être… Comment, sous quelle forme, selon quelles alliances, nous réunir pour tenir bon ?
Après avoir marché et dialogué sur le plateau du Vercors, aurons-nous mieux compris ce que « résistance » signifie pour nous ?
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
(…)
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer Liberté.
Paul Eluard (Poésie et Vérité, 1942, poème parachuté dans les maquis)
Infos pratiques
Nous serons 25 « seniors » et 9 scouts: SDF et SMF.
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Les dates :
Du samedi 6 août dans la journée au samedi 13 août dans la journée.
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L’hébergement :
Deux lieux, à 3,5 km l’un de l’autre :
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Les gîtes au village de Léoncel (gite communal et « maison Saint-Hugues ») 15 séniors. Couvertures fournies, possibilités de draps (5 €)
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Le gite de « la Colo du Chaffal », à La Vacherie : 15 séniors + 20 scouts sur un terrain attenant. Draps et couvertures non fournis (apporter sac de couchage ou équivalent)
Les hébergements disposent de chambres à 1, 2 ou 3 lits, de sanitaires, de salles de séjour, de kitchenettes…
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La nourriture :
Petit déjeuner : à préparer et à prendre sur place dans les gites.
Déjeuner : pique-nique tiré du sac au cours des balades. L’organisation fournit les victuailles (pas d’appro sur place hors laiterie - excellente - et « produits monastiques »)
Dîner : 5 soirs à l’auberge du Grand Echaillon (à 4 km de Léoncel, en Totocar) pour les seniors, au camp pour les scouts. 1 soir tous au camp. 1 soir tous à l’auberge.
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Les transports :
Les gares les plus proches sont Valence TGV (36 km) et Valence-ville (39 km)
Totocar amènera les Toulousains le samedi 6 (470 km) et ramassera au passage à Valence TGV les arrivants par le train. Idem dans l’autre sens au départ.
Une voiture individuelle (celle de Michel) sera disponible pour les petites courses.
Chaque jour, Totocar se chargera des trajets de proximité.
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Les marches :
On prévoit 5 jours de marche, départ de Léoncel ou à côté, et retour à Léoncel.
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Coûts et réservations :
Le coût du séjour sera de
500 € tout compris pour les seniors (70 €/j)
250 € pour les seniors ½ tarif (35 €/j)
125 € pour les scouts (18 €/j)
N’oubliez pas la cotisation 2022 (40 euros, tarif réduit : 20 euros) pour celles ou ceux qui ne l’auraient pas encore réglée.
Inscription avec versement d’au moins 30 % d’arrhes avant le 29 mai par virement ou chèque bancaire
Titulaire : MONSIEUR ROGER BERLAN COMP-CORD
IBAN : FR22 3000 2040 5900 0000 7756 L83
BIC : CRLYFRPP
Adresse du titulaire : Roger Berlan 30 chemin Panegan 31170 Tournefeuille
Pour toute question :
Organisation : Jean-René Brunetière 06 86 58 00 05 ,
Finances et inscriptions: Roger Berlan 06 74 53 70 76
A bientôt dans le Vercors
Caminando !
- Marches
Livret d’impressions
et
Témoignages des marcheurs
Marche Cannes-Nice
24-31 Octobre 2021
Sommaire
1- Programme réalisé
2- Journal sensible de la marche par Olivier
3- Témoignages de marcheurs
4- Symphonie du Nouveau Monde
5- Le Scribe du Cercle de Conversation
6- Ce que nous avons appris par Alain
1-Programme réalisé
Samedi 23 octobre
– 18h Arrivée du bus de Toulouse.
Installation des scouts au camping Les Cigales à Mandelieu-la-Napoule et adultes à la Villa Saint-Camille à Théoule-sur-Mer
Rassemblement des marcheurs
Présentations mutuelles
Dimanche 24 octobre
Marche vers Cannes (4,5 km le long de la plage) jusqu’à la MJC Picaud,
Accueil par VEAC (Vivre Ensemble à Cannes)
Pique-nique à la MJC
Marche pour la paix, Promenade de la Pantiero
Forum : 3 Ateliers simultanés
Retour et Dîner à Saint-Camille
Rassemblement des marcheurs : Présentation de la semaine, des cercles de dialogue et consignes pour la marche
Lundi 25 octobre
Marche de La Roquette-sur-Sagne à Mouans-Sartoux (pique nique parking collège)
Marche Mouans-Sartoux La Charlotte
En Bus de La Charlotte à Roquefort-les-Pins
Installation au Foyer de Charité Maria Mater
Bus avec scouts vers camping La Paoute-Valbonne et retour
Visite des lieux à Maria Mater
Messe de la communauté pour celles et ceux qui le souhaitent
Après dîner à Maria Mater Rencontre avec les membres du Foyer de Charité
Retour des scouts au camping La Paoute
Mardi 26 octobre
Bus du camping La Paoute à Maria Mater
Cercle de départ et Marche à partir de Maria Mater
Pique-nique à l’entrée de La Colle sur Loup
Visite du village avec Sophia et retour en bus
Rencontre avec le Cheikh Bentounès à Maria Mater
Dîner à Maria Mater avec le Cheikh Bentounès
Bus retour des scouts au camping La Paoute
Mercredi 27 octobre
En bus, départ des scouts du camping vers Maria Mater pour Cannes embarcadère,
Traversée en bateau vers Iles de Lérins (St-Honorat)
Accueil par le père Vladimir et visite puis Messe à St Honorat, monastère,
Rencontre avec les pères
Traversée retour en bateau et bus à Maria Mater puis transport scouts au camping pour une soirée-veillée
Rencontre avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA, Isabelle CHAMAGNE, future présidente et Marc Ugolini, vice-président : thème : « comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté? »
Dîner à Maria Mater
Jeudi 28 octobre
Scouts en bus vers Maria Mater et visite chapelle de Vence
Marche Vence La-Gaude
Pique-nique à La-Gaude (au « Parcours sportif »)
Groupe A : Marche La-Gaude —Gattières
Groupe B : Scouts au camping et récupération du Groupe A vers Maria Mater
Dîner à Maria Mater
Vendredi 29 octobre
Départ en bus (avec bagages) vers le camping des scouts
Du camping à St Laurent du Var
Prière du vendredi par les scouts et les autres musulmans du groupe; les autres membres du groupe sont conviés à y assister; il s'en suit un échange sur le contenu et le vécu de cette célébration, suivi du repas froid.
Installation Auberge de jeunesse Les Camélias Nice
A pied de l’AJ à la Basilique
Participation à la cérémonie de commémoration de l’attentat à la basilique.
Concert et Messe à la Basilique
Dîner aux Camélias
Samedi 30 octobre
Rencontre organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’Egidio) sur le thème de la violence avec :
- Le chanoine Philippe ASSO, délégué diocésain pour les relations interreligieuses
- L’imam SADOUNI de la salle de prière de Nice centre
- M. Avner SOUDY président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice
- P. Franklin PARMENTIER curé de la Basilique Notre -Dame
Pique-nique à l’AJ
Rencontre organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration
avec des responsables de :
- La Pastorale des migrants,
- Roya-citoyens,
- Welcome,
- SOS Méditerranée
Dîner au restaurant
Puis Cercle final
Dimanche 31 octobre
Départ en train pour les uns et en bus des Camélias pour Toulouse
2- Journal sensible de la marche, par Olivier
Chers amis et marcheurs de Compostelle Cordoue,
Par la voix de Michel notre président à Vajra Yogini, j’ai décidé de vivre cette marche de Cannes à Nice…
Un chemin d’imprévus, de beaucoup de Rencontres riches et variées à travers la marche, la parole, les temps de repas où j’ai pu me joindre aux scouts avec joie. Bien sûr le Chant a nourri ce corps et cette ambiance de louange et nous a apporté de la Joie et de la fraternité. Sans oublier la flûte magique de Michel ni le Bus, entité vivante manœuvrée par le célèbre tandem Dominique /Roger qui ont donné beaucoup de leurs personnes pour la réussite de ce périple.
La marche pour la paix à Cannes, c’était fort de café avec toute cette richesse humaine, les policiers restent encore étonnés des acclamations des jeunes et quel enthousiasme de la mamie américaine, n’est -ce pas Safa ? J’étais aussi ému de voir les visages des différents représentants religieux…
Pour la fête des 10 ans de vivre ensemble j’ai écrit quelques phrases. Notre sœur Nanou dit : «D’abord ça se passe à l’intérieur de Nous ». Lama Théor : « ce qui apparaît dans le monde ça se construit dans notre esprit. Avant l’écologie intérieure, il y a la tolérance d’avis différents, cependant les notions communes d’amour, bienveillance, compassion, l’éthique au sens de discipline sont là»
Tout ça ne constituerait-il pas du Respect, peut- être la forme la plus haute d’amour ?
Frère Vladimir que nous retrouverons sur l’île de Lérins parle de convertir tous les matins son regard sur la création en passant de l’exploitation agricole à un don, une communion. Ça nécessite de modifier ses pratiques de viticulture et de culture de l’Olivier en prenant Soin, en laissant le temps au temps. Créer un monastère vert, tous les matins vivre une contemplation avec la création ça dit où vous en êtes.
J’ai noté l’intervention douce et vigoureuse de Nanou qui dit : "Cherchons les grains de sable (la conscience individuelle liée au cœur) pour enrayer le bulldozer car si on ne pense pas collectif, on va Crever !!!" Aussi se remonter les manches et passer à l’action, Nanou parle du cercle, pas de chef, c’est la sociocratie.
Ah que j’ai aimé et que j’aime ces temps de cercle entre Nous, cela me rappelle les indiens d’Amérique qui respectaient Notre mère la terre et étaient en lien avec le grand Esprit … souvent plus proche que l’homme blanc qui a conquis ses terres là au prix d’un génocide …certes les autres races humaines ont aussi décimés leurs frères en leur temps, l’histoire le montre …
Gardons l’espérance malgré tout, que l’amour, la fraternité et la lucidité aient le dernier mot…
Quel plaisir, quelle joie d’entendre et de voir le Cheikh Bentounès (un grand et beau Merci Sophie de m’avoir présenté ton papa) en présence de nos scouts d’Empalot qui vivaient une Rencontre importante. En tout cas le lien, le respect et l’écoute étaient au rendez- vous. C’est dur d’écouter, toute une pratique de l’attention et de l’ouverture du cœur…. Le Cheikh racontait l’origine des Scouts Musulmans de France le 18 janvier 1991 où il y avait un risque réel de 3éme guerre mondiale, un moment de doute, friction, d’incompréhension. Après des années de dialogue, persévérance, le 8 décembre 2017, 193 pays à travers l’Unesco une branche de l’ONU votent oui pour créer une Journée Internationale du Vivre en Paix, la JIVEP, pour vivre ensemble en unité, tout un travail d’investigation symbolique. Les SMF sont un modèle pour les autres pays, on travaille sur un projet éducatif… Je remercie Aïda et Stéphane pour leur action et présence au sein des SMF et pour leurs partages sincères pendant cette marche de Cannes à Nice.
Je suis touché par la parole du Cheikh Khaled Bentounes qui dit « le protocole de Médine, le premier acte le prophète Mohammed, où est né la notion de la Oumma ? La communauté réunit trois tribus juives et des musulmans… La Mère c’est celle qui accueille tous ses enfants. »
La fête de Noël était partagée au Caire par des musulmans et des chrétiens, l’Emir frappait une monnaie. Merci Mr Khaled Bentounès d’avoir pu marcher à vos côtés au centre Marthe Robin avec ses beaux arbres, animaux, une pierre imposante près de la chapelle … Quel bel endroit de paix et de simplicité où j’ai ressenti une paix du Cœur. Nous, les anciens nous avons passé quatre nuits là bas…
Auparavant nous avons logé deux nuits à Théoule sur mer, maison Sainte Camille, un lieu de mixité sociale extra- ordinaire qui accueille des handicapés, une maison de retraite et des gens de passage. Tout ceci à un prix abordable pour la région avec vue sur la mer. Et OUI, Mesdames et Messieurs…
Pas forcément dans l’ordre chronologique, nada te turbe, nada te espante …solo Dios basta … Un des chants sacro- saint de Compostelle Cordoue, n’est-ce pas Alain ? Je suis éternité lorsque je cesse de m’identifier au temps (Angélus Silisius).
La Marche guidée par nôtre ami Bernard m’a ravi le cœur et l’âme, une impression d’elfes, d’anges dans la nature était saisissante. Comment ne pas vous faire partager cette parole découverte dans un livre emprunté à notre ami Daniel qui s’intitule le vol du Loriot : « les chemins sont des rivières immobiles dès que je marche elles se remettent à courir ».
Merci Daniel, pour ton chant, ta joie de vivre et le partage du bon vin, ton amour et vécu du scoutisme incarné et ton action au sein de « Démocratie et Spiritualité ».
Un des thèmes proposés pour notre marche étant la violence : j’en profite pour vous avouer que le vin aidant et la passion un peu exacerbée, mon écoute se trouva affaiblie et je manquai de discernement à l’égard d’un de nos amis, par discrétion je tairais son prénom. Je luis présentais mes excuses.
Une autre phrase du vol du loriot attira mon attention : il suffit de parler calmement pour qu’à nouveau les oiseaux viennent se poser entre les mots, où et à quel moment suis-je violent ? Serait- ce la peur qui rend violent ? Le manque d’écoute ? etc…. Le fait d’être égo centré à ce moment là, s’identifiant à une expérience malheureuse …. Au lieu de vivre une expérience Théo centrée avec plus de recul, de discernement, car nous ne sommes plus tout seul, consciemment…
Quand notre ami Stéphane a parlé de l’expérience de vie de Magda Hollander-Laffont, j’ai eu l’impression qu’elle était parmi nous cette survivante de la Shoa.
Ce témoignage m’a frappé …Qu’attends tu Olivier pour acheter le livre demain au creux de nos mains, chez Bayard ? J’attends qu’il neige ou Noël … ça tombe bien ça arrive à grands pas.
L’excursion sur l’ile aux moines de Lérins fût riche, les SMF ont découvert une célébration chrétienne et ont pu se baigner. Les seniors un peu révolutionnaires au goût de frère Vladimir sont rentrés dans le vif du sujet concernant les questions d’évolution de l’église. Un dialogue vrai et constructif à mon goût avec de l’humour réciproque à la clef ce qui n’est pas sans déplaire à la parole de Claude Nougaro, le célèbre chanteur Toulousain « Saint Pierre donnez -moi la clef »
A ce sujet, j’ai pu vous rencontrer de manière personnelle ou à deux, à travers le chant, que ceux soient les plus jeunes Loubna et Safa, Sofiane et Anis puis les anciens avec un échange particulier avec Alain le chef de Chœur… et bien sûr lors de nos chants collectifs…je suis persuadé qu’à travers le chant, le corps et le cœur s’ouvrent et nous touchons des dimensions angéliques et fraternelles. Je remercie tous mes frères et sœurs d’avoir joué le jeu, pardon la partition. Le chant des baleines qu’est- ce que c’est beau, vous connaissez ? Le chant peut être un moyen de réconciliation : quand Saint François apprend que l’évêque et le maire d’Assise sont fâchés, il est affligé et déjà bien malade il ne peut se déplacer. Saint François rajoute un couplet à leur intention. Il envoie ses frères chanter et la réconciliation a lieu. Il faut dire aussi que le Maire et l’évêque aimaient beaucoup Saint François d’Assise.
En cet Instant du vendredi 30 Octobre nous allons vivre un grand moment de prière célébrée par nos Amis musulmans. C’est une découverte pour moi, cela se passe vers 12h dans la Nature. Nous avons un peu marché avant pour évacuer nos émotions liées à un trajet difficile dans le Bus. Merci Leila pour nous avoir proposé cela et merci pour ta douceur incarnée. Notre ami Hadji mène la prière, j’ai ressenti un beau moment de ferveur, de connexion à la Terre, d’humilité et là le groupe de prière change le climat.
Cela a un goût d’éternité et de relation à plus grand que soi, un mystère…. En plus voir des personnes avec qui nous avons marché, dialogué, essayé de comprendre sans saisie est d’autant plus saisissant. A l’écoute réciproque. Les témoignages de Sofiane, Hadji et Safa m’ont particulièrement touchés. Peut -être l’écoute est elle plus favorable ou différente dans la nature ou un Beau jardin ?
Merci Infiniment pour ce partage de la tradition musulmane Fraternelle.
Nous arrivons au samedi et oui déjà, à Nice ou Nous allons enfin loger sur le même lieu… Avouons que ça simplifie les choses. je suis émerveillé de rentrer pour la première fois dans une auberge de jeunesse moi le vieux de 54 ans … Les Camélias fleurissent mon petit cœur d’enfant !!! j’aime le cœur de Nice et là je vis les moments les plus intenses et surtout les plus denses du voyage.
L’hommage à la cathédrale ND de Nice le 29 octobre 2021 est profond avec trois temps, les témoignages des politiques, l’hommage musical de toute Beauté et la célébration liturgique…
Le discours de Darmanin reste ouvert et il nomme la communauté musulmane. Je suis sensible à la messe, au fait de faire mémoire aux 3 victimes d’un acte insensé. Le timing reste serré car le restaurant nous attend: j’ai passé un beau et bon repas avec les jeunes en face de Sofiane que j’ai trouvé attentif, nous avons pu mieux nous connaître. Je suis heureux de partager ce repas à leurs cotés.
Plus tard Nous arrivons à l’échange sur les actes de terrorisme. Comment les uns et les autres vous avez vécu ces 2 tragédies terribles. 2016 l’attaque civile et républicaine et l’an dernier la communauté de Nice. L’Iman Abdelkader dit qu’on ne s’y attend pas, le terrorisme n’a aucune distinction, il est aveugle dans sa violence, une horreur qu’on ne peut même pas s’imaginer, émotion passée face à cette évidence, qu’est ce qui a motivé cet acte? Le terrorisme Islamiste : on est pris par la torpeur, avant ça on pense aux victimes, à leurs familles. L’Essentiel si ce terrorisme nous divise il aura gagné. Après 2015 au bataclan avec Philippe Asso, la force des croyants c’est d’UNIR les Cœurs, Unir les Âmes. Après l’attentat Philippe Asso m’interpelle en disant mon Bien Aimé en arabe. Je vois et j’entends que l’imam est particulièrement touché par cette parole de Fraternité. Restons fixés sur l’essentiel, message de paix, de fraternité et d’altruisme. En occident on est passé d’une société très communautaire à une société très individualiste. Le chacun pour soi a ses limites!!!
Avant on était défini par le groupe, maintenant je choisi sur Facebook !
Pourquoi a-t-il fait cet acte là ? Comment quelqu’un peut il décapiter avec un couteau ?
Voir le danger à l’extérieur de soi, l’autre n’est pas mon ennemi. La réponse : la justice, pouvoir vivre ensemble avec des règles communes. Éduquer, faire sortir du chemin j’ai toujours raison, il n’y a que moi qui compte. L’Alliance n’est pas fusionner, différences et divergences. J’ajouterai la fusion c’est la confusion, unis et différenciés, un Olivier ne donne pas des prunes et la vigne du cacao !
L’Amitié et le Respect au quotidien, revivre au quotidien le bien commun. Et oui Mr Abdelkader Nous sommes de passage sur cette terre, des locataires. Donner la mort sur internet c’est très violent, j’ajouterai que les mêmes circuits neuronaux ne sont stimulés que si on passe à l’acte : on devient ce que l’on pratique. Le pardon c’est vouloir créer des liens, continuer à trouver des lieux pour se donner, avoir le désir du bien commun, il y a le besoin de se réécouter. On marche ensemble, j’ai intégré quelque chose de l’autre.
Philippe Janssen historien dit : vivre ensemble chez les politiques c’est rechercher un consensus, accepter les désaccords. J’ajoute que les désaccords sont une richesse tant qu’il y a le respect, je n’ai pas à me sentir en danger.
Philippe Asso : pourrions Nous ne pas penser avoir des solutions ? Peut- on s’interroger par rapport à ce qui se passe ? Le constat est que là où il y a de l’humanité il y a de la violence, en moi il y a de la violence. A Nice on n’a pas voulu voir la question du terrorisme islamiste, il y a une non culture de réaction à la violence. Les jeunes confrontés à la violence sont à poil.
Le terrorisme djihadiste, islamiste n’est pas bête, Hitler c’est grandiose. Il développe une rhétorique judéos croisés. Pourquoi Nous sommes faibles parce que nous ne sommes plus confrontés à la violence. L’autre constat fondamental c’est créer, vivre des relations, la religion de l’amour, comprenons, analysons, soyons pragmatique. Je note que la différence nous enrichit.
Avner Soudry est né dans une famille juive. Que dois-je faire dans ce monde ? j’ai vu d’autres voies avec les musulmans et les chrétiens. Le coran et la bible sont des voies civilisatrices des religions. La religion chrétienne c’est la révolution de l’Esprit. La religion a fait beaucoup de dégâts et de guerres.
Genèse 17 verset 1 je Suis Dieu El Shaddaï , marche en ma présence et Sois intègre .La fonction et le droit dans ce monde c’est continuer la création de Dieu. Je me méfie du dialogue cultuel, je préfère le dialogue culturel. Au quartier Ariane il y a un niveau de vie inférieur avec une majorité de musulmans, il y a eu un enrôlement en Syrie.
Philippe Asso ; en France on a abandonné l’éducation c’est le néolibéralisme, renoncé à tous les rites sociaux éducatifs. On rentre dans la société à travers le rite. J’ajoute que c’est fondamental pour passer de l’adolescence à l’âge adulte. Le contre- exemple c’est le scoutisme, un lien dans la dynamique du faire.
Notre Ami Daniel pose la question du potentiel de violence que suscite les religions ?
Comment on peut réfléchir sur ce potentiel de violence ?
Suis-je le Gardien de mon frère ? Dieu parle à quelqu’ un…
La fraternité c’est la plus grande faiblesse de l’humanité, l’action menée pour changer les choses peut être l’action du colibri. Saluons ici la mémoire de Pierre Rabhi un amoureux de la terre en fraternité Salaam Pierre, Shalom, Shanti, pax etc… Merci à toi Pierre pour ta contribution et ta transmission à un monde plus fraternel.
Le témoignage d’Abdelkader est saisissant, la rencontre à Saint Honorat nous a fait gagner 10 ans de je ne sais plus. Rencontrer ses frères quoi de plus riche Olivier ? Celui qui aime demeure en Dieu et Dieu demeure en lui (saint Jean) Voir Dieu ou plus grand que soi pour ceux à qui le mot Dieu donne de l’urticaire dans l’homme et vice versa l’Homme uni au transcendant. La lumière on ne la voit pas c’est elle qui Nous donne à voir. Le clair-obscur et les ténèbres supra lumineuses, la recherche sur la physique quantique et les mystiques non allumés, néanmoins bien éclairés l’expriment…
Le 30 Octobre Nous vivons une rencontre au sujet des migrants, je suis crevé et le thème difficile humainement m’incite peut- être à plus de torpeur. Voici quelques mots que j’ai pu écrire :
L’importance de Redonner à la personne humaine sa dignité humaine, c’est une Rencontre d’homme à homme, de cœur à cœur.
Comment dans ce que tu vis puis je t’apporter quelque chose ?
Les causes de la migration sont à 70 % liées à la politique interne de dictature, les questions religieuses et l’islamisation intégriste. L’homme reste un loup pour l’homme et les guerres arrangent malheureusement certains économiquement. Les migrants humainement parlants sont porteurs d’espérance. Entre 2016 et 2018, les équipes SOS méditerranée ont secouru 29523 personnes !!! ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez fait …et 6 nouveaux nés ont vus le jour : le Christ ne naît il pas humblement dans une crèche ou plutôt une grotte, il n’y a plus de place à l’Hôtellerie, est ce un hasard tout cela ???
Je reviens à nos frères migrants, les demandeurs d’asile dans la pratique ne peuvent pas travailler, leur dignité, on ne peut pas la leur enlever et c’est fondamental de la reconnaître. Se tourner vers un A Venir, un possible martial : chaque demandeur d’asile a un accompagnateur.
L’exemple du marathon: les familles se relaient, coordination, travail en réseau, il y a une action de plaidoyer (Genève) les députés, le gouvernement a son rôle à jouer. Quarante antennes en France, adhérer à l’association permet d’appuyer le plaidoyer…
Tout ça est écrit pèle mêle : été 2015 à Vintimille : pour que cette dignité soit reconnue des kits en sac de propreté sont proposés et ça crée du lien humain… La migration c’est quelque chose qui est tout le temps en mouvement.
Notre monde souffre d’un isolement aussi trouver des moyens de rencontrer des Personnes: ex de la marche fraternelle proposée dans le département Paca, il peut y avoir un thème comme la famille ou le deuil.
Une stèle pour signifier que celui qui sauve une vie sauve le monde entier, Jérusalem, la Shoah. Cette phrase bouleversante est dans le film la liste de Schindler de Spielberg qui était le film phare de sa vie, c’est lui qui le dit.
Notre Ami Michel nous dit qu’on sous-estime le potentiel de don de l’humanité. Le réseau jésuite, l’équipe à Paris est formidable, en mouvement. Elle attire notre attention sur la santé, la bienveillance Le pôle développer: action de sensibilisation en milieu scolaire, atelier avec des jeux. A Madagascar, un village d’agriculteur voir « laudato si » du pape François qui est jésuite de formation et franciscain dans le cœur …Nous sollicitons des personnes qui permettent aux migrants de rester chez eux un temps.
En résumé il était temps n’est-ce pas ? ou peut-être pas ? Peu importe en fait, J’ai vécu cette semaine de Cannes à Nice comme une initiation, la marche a décuplé mon énergie, notre chant a ouvert nos corps et nos cœurs à l’Unisson. La Joie était là, palpable, présente….
J’ai découvert la richesse humaine, le Lien des Femmes avec les jeunes, leur Attention parfois maternante mais que voulez-vous c’est Bien la Femme qui met au monde, qui incarne la Vie humaine. La vierge Marie n’a-t-elle pas mise au monde Yeshoua le sauveur de nos âmes…
Réjouis toi pleine de Grâce, Déo Gracias
J’ai découvert la force du cercle, les liens indestructibles, construits au fil de différentes marches …
Cela m’a apporté de la Joie, du baume au cœur et l’Atterrissage à Toulouse ne fût pas si facile. J’ai vu l’humilité de tous les intervenants que nous avons rencontré. Cela m’a réjoui le cœur, l’humilité c’est la vérité, reconnaître que nous sommes poussière et que malgré Tout un grain de Lumière incréée nous habite.
Mes Ami(e)s ne le répétez pas, je vous avoue que la symphonie du nouveau monde de notre chef de COEUR Alain m’a bouleversée.
Mes Amis de Compostelle Cordoue, il me faudra toute une vie pour apprendre à aimer gratuitement et oser le demander, étudier et vivre, la Bonne nouvelle est pour ceux qui l’incarnent.
J’aimerai avoir ne serait-ce qu’un mot et surtout une photo de chacun de vous afin d’illustrer ce modeste récit moi qui suis un piètre débutant.
Saint François apprends-moi la Joie et apprend Nous pour ceux qui le veulent…
Olivier
3- Témoignages de marcheurs
23 adultes et une troupe de Scouts Musulmans de France ont parcouru la route. Ils témoignent.
Bonjour à tous,
le temps est venu pour moi de vous faire un retour concernant la belle semaine que j'ai passée à cheminer avec vous.
Comme je le disais en confiante sincérité lors de notre réunion du premier soir à Théoule, la marche pour moi n'est pas une passion, ni non plus une activité recherchée.
Mais ayant terminé mon propos ce soir là en disant que l'important pour moi n'était pas la marche mais plutôt avec qui je marchais, je vous affirme aujourd'hui que mon opinion n'a pas changé si ce n'est qu'elle s'est renforcée.
En effet mes douleurs récurrentes au genou ne m'ont apporté aucun plaisir à l'exercice de la marche mais votre compagnie fut un réconfort dans l'effort et une joyeuse, amicale et fraternelle présence partagée.
Je vous en remercie et je témoigne de nouveau du plaisir que j'ai eu à cheminer avec chacun d'entre vous.
Nous avons dialogué (quel bel objectif !!), philosophé, disserté, poétisé, prié et/ou spiritualisé et bien sur beaucoup chanté, peut-être trop. J'espère n'avoir pas trop imposé à vos oreilles ces moments de chants alors que certains, ce que je comprend, sont plus enclins à la méditation et à l'accueil du silence. Si tel était le cas, j'en suis désolé et vous prie de m'excuser de ces excès intempestifs de vocalises.
Le programme de cette semaine était riche, divers et très intéressant. Enrichissant souvent, émouvant parfois, je suis heureux d'avoir vécu ces moments avec vous et j'en garderai un souvenir inaltérable.
Au delà de nos horizons géographiques différents, de nos convictions ou origines différentes, de nos vécus différents, nous avons ensemble dans cette semaine interconvictionnelle et intergénérationnelle vécu de vrais moments de fraternité ..... Bien sûr le programme fut dense et les horaires serrés parfois durs à tenir avec la problématique des multiples rotations de bus. Bien sûr tout ne coula pas de source, tout ne fut pas lisse mais trouvant le "prévisible irréfuté" d'un mortel ennui, je pense que les accrocs sont des aspérités qui donnent tout son sens à la valeur du dialogue et de l'accueil de l'autre. Oui car en marchant sur un chemin réel, qu'on retrouve sur les cartes, nous avons surtout marché sur le chemin de la fraternité, Le GR (Génial Rassemblement) 2021 de Compostelle-Cordoue !!
Concernant la création de supports vidéos, clips, petits films (avec vidéos et photos), je suis prêt à apporter mes quelques compétences au sein d'un groupe de travail que piloterait éventuellement notre formidable responsable de communication, la toujours joyeuse Morice.
En souvenir de nos chants, j'ai décidé le 11 Novembre, jour de commémoration en France de la fin de la première guerre mondiale, d'écrire sur l'air de "La Chasse aux papillons" de Georges Brassens (que nous avons beaucoup chanté) une petite chanson que je partage avec vous ici sur Youtube.
Il me tarde de vous retrouver.
Je vous embrasse Fraternellement
Stéphane
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Merci frère Stéphane pour ton très amical (et fraternel) message,
Je n'ai pas trouvé le temps d'écrire ce que m'a apporté cette marche, mais je me retrouve profonfément dans nombre de tes propos. Je me suis contenté d'un compte-rendu, trop plat à mon gout, pour la lettre de D&S :
D&S dont Compostelle Cordoue est un partenaire, et lettre dont vous devez normalement être désormais être destinataires (je mets notre secrétaire Marie-Charlotte en copie à cet effet) ; compte-rendu que j'ai publié en attendant sur mon blog : voir la publication.
En lisant ton message, je me dis que j'aurais dû insister davantage sur la dimension fraternelle de cette déambulation. J'aurais aimé dire mieux l'importance pour moi de la présence des scouts musulmans : tu m'as fait au passage renouer avec mes engagements scouts. Bravo pour ton engagement dans la branche musulmane du mouvement que j'ai croisé dans ma vie professionnelle antérieure : son dynamisme m'a "réchauffé le cœur" comme aurait dit Brassens. J'ai aussi pris beaucoup de plaisir à chanter avec toi (et avec Olivier) : la prochaine fois je prends ma guitare ! J'ai bien aimé ton détournement de la chasse aux papillons pour le 11 novembre, que le même Brassens n'aurait pas renié. On aurait dû prolonger la marche jusqu'à Sète ....
Merci aussi à Compostelle Cordoue de m'avoir donné l'occasion de rencontrer le Cheikh Bentounès et sa fille Sophie, que je mets aussi en copie pour les remercier (et les intégrer aussi dans notre fichier s'ils n'y sont pas déjà)
Fraternellement
Daniel
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Bonjour
Merci pour cette vidéo et pour toutes les photos.
A mon tour, de vous faire le retour, jamais je n’aurais imaginé emmener cette patrouille au bout de cette marche et surtout qu'ils y adhérent.!!!
Merci à vous tous et toutes pour vos gestes, votre bienveillance, votre compassion pour ces jeunes qui sont si adorables et talentueux et qui débordent d énergie, parfois trop. Certains ont su profiter et grandir de cette expérience, d'autres ont besoin de plus de temps, mais tous et toutes ont apprécié leur séjour, aimé vous rencontrer, discuter avec vous, échanger avec vous...
"Magique, drôle, douloureux, pénible, exaltant, apaisant, sensible, honnête, festif, joyeux, ensemble, magnifique, froid." voilà les mots qui sont ressortis chez les jeunes lors de leur retour. Et tous sont prêt à repartir !
Quant à moi, j ai apprécié d'être parmi vous, avec vous tous et toutes, j'ai adorée les rencontres et j'ai été très émue de pouvoir rencontrer, discuter, et échanger avec le Cheikh Khaled Bentounès ainsi que Sophie, quelle rencontre !!! Majestueuse, j'en ai encore les étoiles aux yeux.
Mais j'ai encore plus hâte de vous revoir tous et toutes, vous acteurs de paix, semeurs de joie et de sourires.
Merci à vous, Dominique et Roger pour nous avoir supporté, mention spéciale.
A très bientôt à vous tous et toutes,
Affectueusement,
Aida.
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Merci Aida pour ce témoignage qui nous touche !
Bravo pour avoir accompagné de main de maître et jusqu'au bout ta "patrouille"! Votre présence avec nous les presque "vieux" était une petite cure de jouvence énergisante et joyeuse ! C'est avec plaisir qu'on partagera une prochaine marche.!
Bien amicalement
Morice, Jean René et Leila
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Merci pour cette journée passée avec vous tous. Marcher, pour moi, me ressource physiquement et intérieurement. Cette marche m'a permis de vous retrouver avec joie et, cerise sur le gâteau, j'ai eu droit à de belles nouvelles rencontres. Dommage de n'avoir pas pu faire toute la semaine avec vous tous. Au plaisir de vous retrouver sur le chemin du partage fraternel et universel.
Salam, Shalom, Paix à toutes et tous.
Rania
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Avec un peu de retard je viens me joindre aux messages pour vous dire combien j'ai apprécié ces moments passés ensemble qui m'ont apporté une chaleur de cœur dont j'avais particulièrement besoin en cet instant.
Merci à tous pour vos échanges et un énorme bravo aux jeunes pour leur bel engagement et leur esprit de fraternité.
Et chapeau pour la classe des organisateurs !
Amitiés à tous
Jacques
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Cher·es compagnes et compagnons.
Au retour de cette marche mémorable, comme d’autres de Compostelle-Cordoue, je mesure le privilège que j’ai partagé avec vous. Je redoutais la fatigue mais grâce aux encouragements de Michel et de Roger j’ai fait le bon choix. Partager cette marche avec les jeunes scouts était à la fois une chance de découvrir et les cerises sur le gâteau.
Jusqu’alors la côte d’Azur m’évoquait de splendides rivages, des plages bondées et une région consacrée au tourisme. Les tables rondes à Cannes puis à Maria Mater et Nice m’ont fait découvrir une réalité bien différente. Quel bonheur de marcher avec vous amies et amis joyeux partageant des valeurs et un engagement pour la paix et le dialogue quelques soient nos appartenances et nos convictions philosophiques. C’est très rare !
Cher Stéphane, non, il n’y a pas eu trop de vocalises mais pas assez de sopranos.
Cette édition 2021 marquée par la densité des rencontres, tables rondes, exposés sur les sujets divers d’actualité en des lieux différents m’a, je dois avouer, un peu saturé la tête et au retour j’avais de la peine à synthétiser tout ça. Ça doit être un effet de l’âge…
Cette aventure multigénérationnelle et interconfessionnelle avec tous les aller-retour aux campings, les parcages difficiles, les demi-tours sur les giratoires provocants des embouteillages et avec au bout du chemin une vitre brisée n’auraient pas été possible sans notre «dream team» Dominique et Roger. Chapeau bas compagneros, vous nous avez conduits à bon port avec calme et une abnégation jusqu’à dormir dans la soute à bagages. Merci !!
J’avais eu des échos de la marche en Occitanie et des rencontres avec le soufisme. Je serai franc, je pensais, «c’est heureux mais c’est un peu facile, élitiste. Avec l’immigration due à la guerre au Moyen-Orient, c’est beaucoup plus compliqué, ils sont éloignés de nos valeurs et brutalisés par ce qu’ils ont vécu ou subi». J’ai vu et j’ai compris. L’engagement originel de Cheikh Bentounès et à sa suite de Stéphane et Aïda et d’autres offre une chance unique, précieuse à ces jeunes filles et garçons scouts, sortis d’ Empalot ou d’ailleurs. Sur le moment, accaparés par leur mobile, ils n’ont peut-être pas tous mesuré leur privilège mais des graines de paix et de respect ont été semées et elles lèveront, ils seront citoyennes et citoyens français. Leurs chants me trottent encore dans la tête, oui ce furent de beaux moments ensemble et en ce sens comme le disait lors du cercle de présentation, l’un des plus jeunes, «je suis venu pour aider les personnes âgées» mission accomplie ! Votre énergie et votre
spontanéité nous ont fait du bien.
J'ai vécu la prière du Vendredi comme un moment de grâce, avec émotion et gratitude, c’est probablement le vent de prophètes, celui que nous nommons l’Esprit qui a soufflé ce matin là.
A 81 ans j’ai fait ma première expérience des maisons de jeunesse, un hébergement fait pour nous. La maison Ste Catherine dans son splendide panorama , sa triple clientèle, touristes, aînés et cabossés de la vie est un partenariat social remarquable.
Maria Mater, découverte pour moi, l’engagement d’hommes et de femmes vouées à l’accueil et la spiritualité dans un climat apaisant nous a très bien reçus.
Enfin, le chemin, portion de la via Aurélia, GR et chemin de Compostelle n’était pas le plus beau des itinéraires, la prolifération de constructions dans ce massif dégrade un peu trop les forêts mais grâce à notre car, nous en avons tiré la meilleure part.
Je me réjouis encore des rencontres, d’avoir découvert de nouveaux amies et des échanges avec chacun. Dans les moments de faiblesse, il y a eu canne providentielle, pommade miraculeuse et auscultation avisée . Merci à toutes et tous, je repartirai volontiers avec vous. Bonne route.
Jean-Pierre
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« C’est l’espérance folle . » !! Guy Béart
Notre autobus est rentré à Toulouse. Il se repose, médite et peut être chante dans son moteur cette chanson de Guy Béart : « c’est l’espérance folle qui nous console de tomber du nid et qui demain prépare pour nos guitares d’autres harmonies !!! viens c’est la fête , viens... ». Ils sont venus.
Notre autobus, dans son garage, a froid au cœur. Il se console des actualités, des horizons qui nous rejoignent tous depuis le retour de notre aventure : « la Cop 26 à Glasgow, les migrants ..perdus partout, les tensions extrêmes » .
Il se console en pensant à son voyage avec nous Cannes_Nice. C’est l’espérance folle !
Mais oui se dit il : « c’est bien pour parler des Migrants, des attentats et du climat que je les ai conduits avec leur chauffeur préféré et son co pilote ». Cette chanson c’était bien eux.
Des vieux et des jeunes ils étaient …..avec moi et tous ensemble courageux et forts d’être ensemble.
L’esprit de Compostelle était là : prendre le minimum pour la route et croire au maximum. Tout est là. J’ai roulé avec eux, l’impossible nous avons fait ensemble pour marcher- dialoguer – comprendre.
Nous avons été heureux de ces rencontres, celle autour d une table ronde à Nice en présence des responsables de communauté religieuses qui frayent un chemin d’humanité ensemble .
Ils étaient présents, jeunes et vieux pour la commémoration des violences dans la Basilique Notre Dame à Nice. Le calendrier s’était mis à l’heure de leur rendez vous et ils étaient là.
C’était leur place, ensemble avec ces jeunes scouts musulmans de Toulouse et leur drapeaux. Ils étaient là, peut être dépassés et innocents de ce drame. C’était tellement important qu’ils soient là pour la compassion et le partage avec cette ville. Plus important que les discours officiels. Tous naïfs peut être devant ces problèmes gigantesques et courageux grâce à cette force qu’ ils avaient en étant ensemble.
Et ils ont chanté, rencontré et compris. Je crois qu’ils ont aimé et consolé.
Merci du voyage et continuez à chanter.
Nanou
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Globalement, j’en garde le souvenir d’une expérience pas toujours facile mais très riche, au coeur de nos objectifs
(Dans l’ordre chronologique) :
- La beauté du paysage depuis la terrasse de Saint Camille
- La marche sur la plage vers Cannes, à contre-courant des marathoniens
- L’ambiance fraternelle et festive du festival VEAC
- Le magnifique sentier le long de la rivière le premier après-midi de marche
- Le regard lumineux de Florence à Maria Mater
- Le message et le sourire du Cheikh Bentounès
- L’ambiance sereine et la discussion franche avec les moines sur l’ile Saint Honorat
- La super acoustique pour nos chants dans la chapelle Matisse
- Rayan qui propose à madame Christiane de lui porter son sac
- La compassion collective quand la porte du bus s’est brisée
- La participation à la prière musulmane du vendredi et l’échange qui a suivi
- L’aura qui entourait notre groupe de scouts dans la cathédrale
- L’hommage à Dominique et Roger avec le chant et le super dessin du bus
- La qualité de parole et d’écoute lors de la réunion sur les attentats
- La participation naturelle de toutes et de tous lors du cercle final sous l’animation de Stéphane (pour un coup d’essai, un coup de maître)
Michel
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Je tenais à vous faire parvenir mes impressions de notre marche "Cannes et Nice" en
octobre 2021, car, je l'avais dit à certains, ce voyage fut pour moi la révélation que
j'avais retrouvé mon énergie d'avant ma maladie.
Ce fut un tournant pour moi d'avoir pris conscience que je pouvais à nouveau participer à une vie sociale de qualité.
Certes, pour moi, la guérison ne sera jamais complète, mais les séquelles qui me restent ne sont plus un obstacle majeur, mais un état que je dois apprendre à maîtriser. Car, j'étais partie avec quelques appréhensions. Vais-je supporter l'épreuve de la marche, la précarité de certains gîtes, la longueur des trajets ? Avec l'aide du groupe des marcheurs, j'avais pu confier mes craintes lors d'une discussion. J'ai senti par les petits mots d'encouragement de votre part que cela avait été pris en compte.
Pendant les marches certains scouts s'approchaient de moi : Madame ça va? Toutes ces petites attentions m'ont permis de me rassurer et de vivre pleinement cette semaine. Une étape dont je retire encore les bénéfices aujourd'hui.
Toutes les rencontres et tables rondes organisées dans le cadre de ce voyage m'ont enrichies, particulièrement celle à Nice organisée par Philippe JANSEN (communauté de Sant’ Egidio) sur le thème de la violence. L'un des participant, Avner SOUDY, président des amitiés judéo-chrétiennes de Nice, par la largesse de ses propos et son ouverture au dialogue a élargi ma vision du judaïsme. Nous sommes en recherche, nous a-t-il dit. J'ai senti avec force qu'un terrain d' entente entre juif et chrétien était possible.
Une autre rencontre m'a profondément touchée, celle à Nice organisée avec Philippe COLLET, sur le thème de l’immigration avec des responsables de - La Pastorale des migrants, - Roya-citoyens, - Welcome, - SOS Méditerranée . Il émanait de ces hommes au services des migrants une énergie communicative. Leurs vibrants témoignages nous ont plongé dans la rude réalité de ces migrants confrontés à la souffrance, à l'épuisement et à la bureaucratie. On sentait aussi la détermination de cette équipe soudée à vouloir bousculer les règles, voire la loi, en prenant des risques qu'ils semblaient tout à fait assumer.
J'ai aussi apprécié la rencontre au foyer de la Charité Maria Mater à Rochefort-les-Pins avec Alain Le Stir, président de l'association des amis des chemins de Saint-Jacques PACA : thème comment le chemin s'est-il construit, comment est-il fréquenté ? Et sa sauvegarde? Et cela m'amène à relater ma stupéfaction d'avoir retrouvé cet arrière pays de Cannes et Nice complètement défiguré par la civilisation galopante et par la promotion du tourisme à outrance, provoquant un bétonnage incontrôlé et donc j'avais envie de relever le courage de ces personnes engagées qui, à contre courant du bétonnage et des politiques, essayent de sauver et faire valoir le patrimoine des voies historiques, entre autres les chemins de St Jacques de Compostelle, qui faisaient autrefois la richesse de ce pays. Ces chemins sont pour beaucoup coupés par une voie routière express et inesthétique et le plus souvent on fait fit des revendications du voisinage. Les hérissons sont mieux lotis que les pèlerins. Pas de tunnel pour les marcheurs, mais de longs détours entre du bétonnage, ce que nous avons souvent vécus pendant cette marche.
Lors de notre participation à la cérémonie de commémoration de l'attentat à la Basilique à Nice, j'ai rencontré dans celle-ci une femme d'un certain âge qui m'a dit y venir à chaque fois car pour elle c'était remercier le Seigneur de l'avoir préservée. En effet le jour de l'attentat, contrairement à son habitude elle avait été en retard et donc était restée bloquée dehors car l'attentat venait de se faire. Si j'avais été à l'heure et à l'intérieur je serais peut-être morte. Cette plongée dans une réalité vécue m'a touchée. Une autre triste et inadmissible réalité, celle de certains membres de l'extrême droite qui ont refusé pendant cette messe de commémoration le geste de paix que les scouts musulmans leur adressaient. Un dur constat qu'on est bien obligé de prendre en compte et mettre en parallèle avec nos espérances de fraternité, de dialogues et de paix. Et donc, j'ai d'autant plus apprécié le moment où les scouts nous ont invité à prendre part à leur grande prière. Ils ont bien mérités ce moment, car l'autorisation de l'organiser était indispensable… Imaginer une prière musulmane dans un parc prestigieux de Nice. Il a fallu du temps et quelques sueurs froides pour obtenir l'autorisation, pour recevoir les instructions pour trouver l'entrée permettant à notre bus d'y pénétrer et puis à la dernière minute, alors qu'on était enfin arrivé, de trouver comment ouvrir le verrou de sécurité de la barrière. J'ai admiré le calme, peut être relatif, avec lequel nos organisateurs ont géré ce problème d'emplacement.
Une longue promenade dans ce beau parc nous a permis de nous détendre. Il faisait beau et nous sommes entrés en prière avec nos scouts musulmans avec une sérénité retrouvée. La discussion libre après la prière fut très riche. Surtout de la part des scouts dont on a senti le besoin de s'exprimer sur ce sujet de la prière. J'ai ressenti que nous nous sommes rejoints, toute confession confondue, dans ce besoin universel de prier, de crier notre peur, notre colère ou notre espérance et d'éprouver que quelqu'un nous écoute. Le moyen de mettre en scène l'au-delà, une transcendance qui nous uni et nous réconforte.
En conclusion je n'ai pas trouvé de quoi formuler d'autres critiques concernant ce voyage, sinon mon souhait si nous devions voyager à nouveau avec des scouts d'inviter aussi des scouts de France ou de Suisse. Cette mixité donnerait l'occasion pour eux de mieux se connaître et serait favorables aux échanges entres eux. On pourrait aussi regretter les retards et ses inconvénients dans les trajets mais ceux-ci ne peuvent en aucun cas être imputés aux deux chauffeurs du bus, mais bien comme déjà mentionné, au bétonnage à outrance de cet arrière pays qui modifie les itinéraires sans qu'ils soient déjà mentionnés dans les GPS et les cartes routières et qui provoquent des bouchons sur les routes pires qu'à Genève. Qui l'eut cru. Et je ne peux que féliciter Roger et son complice de chauffeur Dominique. Ayant été souvent assise à l'avant du bus, j'ai pu les observer et entendre les multiples échanges au téléphone pour trouver leur chemin. A eux deux à mon avis, ils ont contourné les multiples imprévus avec brio et une habilité hors du commun, et avec de l'humour de surcroît. Merci à vous deux.
Par conséquent, pour moi, cette marche fut une réussite et elle restera dans ma mémoire comme un moment de vie et d'émotions pleinement partagés
Mireille
4- Une symphonie du Nouveau Monde
Marcher pour refaire société
Imaginer une colonne s’étirant au fil de 60 km de marche, composée de 20 adultes entre 40 et 78 ans, de diverses croyances, et 11 jeunes scouts musulmans. Ils rient, chantent à la joie d’être ensemble, rechignant parfois devant l’effort ou des cailloux sur lesquels ils s’encoublent. La colonne veut relier Cannes, la ville de la marche annuelle du Vivre ensemble, à Nice, la ville d’un récent martyre. Durant 6 jours, dormant sous tente ou dans des gîtes de rencontre.
Tous ces marcheurs se sont retrouvés pour marcher-dialoguer-comprendre. C’est la devise de l’association Compostelle-Cordoue qui, en partenariat avec Vivre Ensemble à Cannes, a mis sur pieds ce pèlerinage intergénérationnel et interconvictionnel.
Marcher, dialoguer, c’est le lot de beaucoup de gens. Mais comprendre ? Et d’abord comprendre quoi ? Trois thèmes majeurs ont alimenté nos échanges. La planète qui bascule inexorablement vers le réchauffement climatique. Les colonnes de réfugiés qui, aux quatre coins du monde, se heurtent aux barbelés ou à la mer de tous les dangers. La violence endogène qui pousse des humains à en tuer d’autres, emportés par leurs idées dominatrices. Trois thèmes d’une actualité criante, qui touchent autant les jeunes que les séniors et qu’il nous faut affronter avec discernement et espérance. Trois thèmes dont les villes de Cannes et de Nice sont, à divers titres, des emblèmes.
Alors, la magie de la marche opère et ouvre les esprits et les cœurs. Une certaine « bienveillance » s’est répandue dans le groupe tout entier, sans qu’on sache d’où elle est venue. Chacun est attentif à l’autre et l’entraide entre les séniors et les jeunes scouts fait merveille. Aux étapes, nos rencontres successives avec des acteurs locaux engagés dans l’un ou l’autre des trois thèmes, se sont révélées d’une extraordinaire richesse. Sans doute par l’étonnant pouvoir de questionnement que des « visiteurs » déclenchent chez leurs « hôtes ». Comme, loin dans le temps, trois anges visitant Abraham et sa famille ont ouvert le monde aux questions essentielles. Car les pèlerins, en marchant, s’interrogent eux-mêmes au plus profond. C’est cette altérité partagée dans l’intimité de la marche qui contribue à fonder un vivre ensemble aux dimensions plus larges, dans les quartiers, les villes, les régions, les pays, jusqu’aux dimensions de la planète. Et par leur esprit libéré du poids de corps, ces pèlerins d’un nouveau monde ont pu, lors des diverses tables rondes organisées en fin d’étape, inviter chacun à s’ouvrir au partage d’une réflexion cruciale pour demain.
Ainsi, avons-nous eu l’impression, durant cette semaine où l’espace et le temps nous sont apparus sans limite, que nos pas avaient inscrit dans le sol, les notes de musique d’une nouvelle « symphonie du Nouveau Monde ». Un nouveau monde qui ne voudra pas contempler ses découvertes dans son propre miroir et réduire le travail de l’autre à la satisfaction de ses propres besoins. Mais un nouveau monde qui, main dans la main avec l’inconnu enfin reconnu comme son semblable, construira des villes, des quartiers, des familles, des forêts, des montagnes, où le respect, la bienveillance, la vitalité, le partage, l’amitié, seront les maîtres mots.
Alain Simonin et toute l’équipe des marcheurs de
Genève, Paris, Toulouse, Montpellier, Cannes, Nice - novembre 2021
5- Scribe du Cercle de conversation du 30 octobre 2021
Animateur : Stéphane Garros
Scribe : Sylvie Vincienne
A Compostelle Cordoue un "cercle de dialogue" (ou "cercle de conversation") est toujours organisé à la fin d'une marche. Les marcheur.es sont rassembles en un cercle, chacun·e assis sur sa chaise. L'animateur placé au centre du cercle demande à un·e marcheur·e de venir le rejoindre en prenant sa chaise. L'animateur évoque une séquence d'un échange durant la marche qui l'a particulièrement frappé. L'invité développe alors son vécu particulier. Les marcheurs à l'extérieur du cercle écoutent attentivement et si le propos d'un conversant fait, chez l'un d'entre eux, écho à sa propre expérience de marcheur·e, elle-il prend sa chaise et rejoint le cercle des conversant·es au centre. Ainsi se développe durant une heure, au travers des diverses interventions des participants ayant rejoint l'animateur, le récit singulier d'une expérience commune de marcheur·es. Un témoin resté à l'extérieure durant tout le récit (le scribe), tente de capter subjectivement les lignes de force du récit collectif et note sur un papier, des extraits anonymisés et des mots-clés (ou des thèmes), pour en faire, après 5 min de pause destinée à rassembler ses notes, la lecture à tout le groupe des marcheurs. La richesse de ce récit collectif rend ainsi hommage à la richesse des vécus de chaque marcheur·e.
Une précision paraît nécessaire, ce qui suit n’est pas le compte rendu de toute la marche et des rencontres vécues mais un compte-rendu du cercle de dialogue tenu la veille du retour.
Le cercle a lieu le samedi soir après une semaine vécue ensemble, nous sommes 23 séniors et 11 scouts. Nous sommes reçus par le père Philippe Jansen qui est invité à rester dans le cercle. Ce cercle va durer une heure.
Alain Simonin présente le cercle et ses règles, qu’il invite à consulter.
Stéphane Garros ouvre le cercle qui résonne très rapidement aux cœurs des participants qui se présentent en un flux assez continu, abordant une gamme variée de sujets vécus de façon très positive.
En tant que scribe je suis frappée par la répétition tout au long du cercle de certains mots employés pour traduire les expériences vécues :
Le temps :
- Pour parler de l’évolution des personnes constatée dans le temps
- de la continuité qui nécessite de l’énergie à déployer
- de la répétition de l’inattendu au long du parcours
- du chemin dont on découvre qu’il est le but une fois qu’il est
parcouru
- du moment qui permet de renouer avec l’engagement scout
- Pour décrire des moments forts, chargés en émotion, « en dehors du temps »
- Pour insister sur le temps de surprise, sur la persévérance nécessaire dans le
temps,
- sur le fait que le temps ne s’arrête pas
Le regard :
- Le regard lumineux de la personne qui nous accueille à Maria Mater et qui est en lui-même
un plaisir
- Les « yeux qui parlent » et qui avec l’attitude en disent déjà long sans un mot.
- La réceptivité à partir du regard
- Le constat que nous avons appris à nous regarder, nous reconnaître.
Le physique :
- Le sentiment de rajeunir
- La rencontre « en présence », le fait « d’être là » qui renforce le lien
- Le manque de la présence des scouts de France qui devient un cadeau quand il est ressenti comme manque
- La présence des uns aux autres dans l’épisode de la manœuvre du bus
- L’aide apportée par un scout pour porter un sac au bon moment
- Le massage qui détend les muscles mis à mal
- « On a voulu m’aider et j’ai retrouvé ma forme »
Le Chant :
- Il a été omniprésent pendant le séjour.
- Fédérateur
- Imprévu comme tel
- Entraînant
- Vécu avec un effet chorale, chacun rejoignant comme il pouvait, avec la mélodie quand les paroles n’étaient pas comprises, avec plusieurs voix quand cela était possible…
- Il a contribué à nous faire vivre des moments forts dans la joie de se retrouver autour d’un café et de chanter Brassens, dans la reprise ensemble de chants scouts qui nous mettaient en communion comme « un corps à 64 pattes », dans le respect attentif à l’écoute de la prière chantée.
En reprenant les interventions des uns et des autres nous pouvons dire que nous avons vécu une marche qui nous a fait vivre des émotions fortes parce que nous avons déjà accepté d’être physiquement là, ensemble. Nous nous sommes regardés,
tels que nous sommes. Nous n’étions pas dans le paraître et nous avons rencontré la lumière dans le regard de l’autre, accueilli la surprise dans les yeux qui parlent à nos cœurs. Les chants partagés nous ont porté, ils ont traversé ce que l’on a vécu.
Plusieurs d’entre nous ont exprimé que cette marche avait été une étape dans la découverte de soi : « Je suis fière de moi » ; « je suis devenue légère » ; « je suis devenu une autre personne du fait de la charge reçue ». Découverte a été faite aussi de notre propre réceptivité à partir du regard, de « rien » pour obtenir « le meilleur », nous avons appris à nous reconnaître.
L’écoute, enfin, se parler en résonance agit sur notre qualité d’écoute : « ce que vous avez dit, cela m’a fait réagir ». Oser dire et la voix détend.
Nous avons monté bien des côtes et descendu bien des pentes et nous avons senti un crescendo au fil de la semaine, avec une intensification vécue après le temps de prière et le moment spirituel qui a suivi.
Nous disons « marcher-dialoguer-comprendre » et nous comprenons à quel point « ce n’est pas seul que l’on témoigne ».
Sylvie Vincienne
6- Marcher et dialoguer pour comprendre un monde à venir
Dialoguer avec son voisin en marchant d’une ville à l’autre, dans des sous-bois ou sur des chemins de traverse, ouvre le cœur et l’esprit. Cette mise en condition nous a permis d’aborder sous les meilleurs auspices, des thèmes d’échange et de réflexion aussi cruciaux pour notre monde à venir, que le climat, la violence et la migration. « Il n’y a pas de mouvement intellectuel valable que là où la langue dit ce qu’on a dans le cœur et où le cœur tient parole », nous dit Louis Massignon, dont nous avions célébré l’ouverture d’esprit lors de notre marche du pèlerinage islamo-chrétien des Sept dormants, en Bretagne à l’ automne 2018.
Agir pour le climat
A Cannes, après avoir marché sur la Croisette pour célébrer les 10 ans du Vivre ensemble, avec tous les représentants des communautés de croyances et de convictions qui en sont membres, nous avons, dans divers ateliers, aborder la question du climat. Notamment avec le père Vladimir, Père abbé de l’Abbaye de Lerins, qui nous a surpris par des propos qu’on aurait plutôt mis dans la bouche d’un chef d’entreprise : les prieurs s’efforcent en effet de cultiver leurs 8 hectares de vignoble, de manière la plus respectueuse possible de l’environnement et dans un esprit de fraternité. Leur emblème : « une île, des frères, un grand vin ». Des propos revigorants !
Affronter la violence
A Nice, ville martyre depuis les événements de 2016 et 2020, nous nous sommes confrontés tout un matin, à l’extrême violence que des humains sont capables de s’infliger les uns aux autres, pour célébrer, prétendent-ils, l’image d’un Dieu exclusif et vengeur. Plusieurs intervenants nous ont tenus en haleine, pourrait-on dire, en nous faisant pénétrer au cœur de cette tragédie : Comment ont-ils pu vivre « l’après » ? Comment retrouver notre humanité après des gestes d’une telle folie meurtrière ? Et pourtant, oui, cela a eu lieu dans cette ville, comme dans d’autres dans le monde. Nous devons, nous ont dit nos invités, dépasser l’émotionnel pour tenter de comprendre. Mais comprendre quoi ? San doute ce cruel paradoxe que là où il y a de l’humanité, il y a de la violence ! Mais aussi tenir coûte que coûte à nos valeurs de fraternité et d’amour, retrouver notre désir d’alliance, vivre ensemble ce qui est bon pour l’Homme. Notre association, par sa capacité de convier la parole de chacun à l’hospitalité pour tous, a pu ce matin là offrir à cinq leaders communautaires juifs, chrétiens et musulmans de grandes qualité humaines et spirituelles, un espace de dialogue qui nous a profondément enrichis, jeunes et moins jeunes réunis ce matin là.
Philippe Janssen de la communauté de Sant’Egidio, le chanoine Philippe Asso, l’imam Sadouni, Avner Soudy, président des amitiés judéo-chrétiennes, et le curé Franklin Parnentier de la basilique Notre Dame, ont ainsi été « des nôtres » et ont vivifié notre espoir et notre engagement. « Nous devons entrer en résistance et non en résilience » ! La présence de nos 14 marcheurs scouts musulmans dans la basilique de Nice au soir de la cérémonie du souvenir de l’assassinat de trois paroissiens par
terroriste tunisien fut un témoignage poignant de notre volonté de solidarité partagée.
Se mobiliser pour les migrants
L’après-midi nous a mis en présence de militants fortement engagés dans l’accueil des migrants. La vallée de la Roya, près de Nice étant un lieu de passage des migrants fuyant la pauvreté et l’insécurité de leur pays : Soudan, Libye, Guinée, Tunisie,
Afghanistan. Les habitants de cette vallée, pourtant si durement touchés par les pluies torrentielles d’octobre 2020, se sont mobilisés dès 2016 pour accueillir les migrants toujours plus nombreux à rentrer en France par cette vallée qui jouxte l’Italie. L’association Roya Citoyenne organise les secours de première urgence, l’accueil et la prise en charge matériel des migrants, le soutien juridique, le soutien aux associations d’hébergement. Elle dénonce aussi des politiques trop répressives et formule des propositions pour une politique plus humaine. Philippe Collet de la Pastorale des migrants, anime notre rencontre avec des responsables de l’association Roya-Citoyenne, de SOS Méditerranée et de l’association Welcome, créée par des jésuites. Ils nous ont montré que même si la migration est un problème très complexe dont les multiples facettes nous déroutent et nous placent souvent dans l’impuissance, la pratique de l’accueil et le soutien aux migrants de tous pays sont un enrichissement mutuel. Se laisser toucher et interpeller par un humain en situation de précarité et de souffrance. Il a aussi été question de droit international et « dignité partagée ». Plus concrètement d’outils, par exemple pour aider un migrant à se présenter à un poste de travail (kit de présentation). Nous avons été touché par tous ces témoignage qui montrent la fantastique mobilisation des acteurs locaux, notamment dans les paroisses. « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité » !
Vivre ensemble dans la diversité
Les gîtes où nous avons séjourné furent aussi des occasions de rencontres d’une grande richesse.
A la Villa Sainte Camille tout près de Cannes, on croise au petit déjeuner, des vacanciers, des personnes âgées et des personnes dans la précarité : chacun se salue, des contacts se nouent. Une manière de lutter contre la violence de l’exclusion,
remplacée ici par une bienveillance partagée. Une brochure raconte cette épopée née en 1946. Son titre dit tout : « Guide de l’entrepreneur social innovant ». Notre marche était d’emblée sur de bons rails.
Deux jours plus tard, nous résidions pour deux nuits au Foyer de la Charité Maria Mater à Roquefort-les-pins, dans un cadre enchanteur, au cœur d’une forêt de pins à mi-chemin entre Cannes et Nice. Florence, la directrice de ce Foyer nous a touché par
son accueil, son infinie simplicité, nourrie par une foi bien vivante. Fondés en 1936 sous l’impulsion de Marthe Robin et de l’abbé Finet, il existe aujourd’hui 74 de ces Foyers sur 4 continents. Dans chaque Foyer de Charité vit une communauté d’hommes et de femmes, réunis avec un prêtre « Père du Foyer ». Célibataires ou mariés, les membres des Foyers partagent une vie simple et fraternelle. Ils mettent en commun leurs biens et leurs compétences pour faire du Foyer un lieu propice au ressourcement spirituel de leurs contemporains. Un soir, le cheikh Bentounes, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya, nous a brièvement retracé la création sous son impulsion, il y 30 ans en pleine guerre du Golf, des Scouts musulmans de France.
« Dans le contexte de large ignorance et de consommation de masse que nous vivons, ne faut-il pas mettre l’accent sur l’éducation des jeunes, pour que la paix soit au cœur de la cité », a-t-il lancé ? « Le terrorisme est né d’une mauvaise connaissance des premiers temps de l’Islam ».
Notre halte de trois nuits au Foyer Maria Mater nous a touché par l’accueil bienveillant de ses hôtes et la douceur du lieu, propice au recueillement et à la restauration de la personne : pendant notre séjour, un groupe de femmes violées s’étaient rassemblées pour se remettre sur le chemin de la vie. Nous avons respecté avec émotion leur silence.
Enfin, nos deux nuits à l’Auberge de jeunesse de Nice, nous ont mis en contact avec des jeunes de tous les pays et aussi avec des personnes de la marge qui sont toujours des rencontres d’exception.
A l’interne, notre groupe de marcheurs intergénérationnel, lors des pique-niques de la mi-journée ou des repas du soir, nous a permis de vivre au cœur de la diversité prônée par Compostelle-Cordoue. Quel joie et étonnement partagés lors de discussion parfois animée où l’on apprivoise la différence et l’on s’étonne de s’être compris : sourires sur les visages, alors ! Émotion aussi, lorsque nous avons, dans un parc de Nice, participé à la grande prière à laquelle les jeunes musulmans nous avaient invités, tout leur corps incliné vers la nature, parce qu’elle n’a pas de visage et vient, elle aussi, de notre Dieu commun. Convergence dans la diversité …
Au dernier jour de notre marche, les larmes coulaient sur les visages mais l’amitié s’est installée dans nos cœurs … pour longtemps, c’est sûr !
Alain
- Marches
L’association Compostelle-Cordoue a fêté cette année ses 10 ans d’existence ; dix ans à « marcher, dialoguer, comprendre » (telle est notredevise) entre personnes de convictions différentes, sur divers territoires de notre planète : Maroc, Palestine-Israël, Liban, Bosnie, Italie, Espagne, France, Suisse…
Cette année, notre marche s’est déroulée en Occitanie, terre d’accueil de catholiques, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes (sans oublier l’épisode cathare)… Nous avons rendu visite à ces communautés dans notre marche qui nous a conduit de Montauban à Dourgne du 22 au 25 juillet. C’est au monastère d’En Calcat, le dernier jour de marche que nous avons fêté, dans la joie et la reconnaissance, nos 10 ans d’existence.
Pour la première fois notre groupe de marcheurs sera était intergénérationnel: 25 seniors (dont un tiers de musulmans) membres de « Compostelle-Cordoue » et 25 guides et scouts (la moitié musulmans), membres de « Scouts et Guides de France » et de « Scouts musulmans de France ».
Nous intégrons ainsi la réalité d’un monde que nous souhaitons partager avec des jeunes.
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